Sans doute Vaucouleurs, Meuse, mais Monibrunf
igS GIRART DE ROUSSILLON
Girart se rendit en hâte de ce côté, emmenant autant de monde qu'il put.
408. Fouque ouïl les nouvelles. Il monta aussitôt à cheval, avec lui mille chevaliers de mesnie. Il avait à coeur d'aider le comte Girart et de faire payer au roi sa douleur, son dépit et sa honte.
409. Girart est profondément affligé de perdre ainsi sa terre. 11 pensait venger sa perte, mais il ne fit que l'accrottre. Il combattit avant l'arrivée de Fouque, mais il n'était pas assez fort pour se maintenir sur le champ de bataille. Le comte fut vaincu : son enseigné fut muette '. Il dit qu'il ne se sait plus de terre pour laquelle il puisse la tenir ', puisque Dieu l'a abandonné. Charles campe sur le champ de bataille, ne daignant pas se mouvoir ^; il y fait tendre ses Irefs et allumer des feux. Mat lui prit de cette bravade '. Avantqu'il ait puceindre l'épée, il aura du dépit. Ne croyez pas que Fouque se calme avant qu'il ait fait passer sur eux sa douleur et son dépit.
410. Le comte Fouque chevauche plein de colère; Gui de Ravenne le fait savoir à Girart; à cette nouvelle, celui-ci tira les rênes. Lorsqu'il vit Fouque venir par la plaine, la joie lui'fit oublier sa douleur. Cette nuit, personne ne prit de nourriture, ni cheval, si précieux fût-tl, un grain d'àvoine. Ils sont accoutumés à endurer la peine, Quand le comte vit paraître l'aube du jour, il leur ^ montra comment, la nuit, il avait recouvré le souffle.
411. En mai, les jours sont longs, courtes les nuits. Les hommes de Charles étaient fatigués de porter leurs armes :