‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 310 sur 406 · Pour poursuivre Girart · texte numérisé non relu

Pour poursuivre Girart

4. La bravade consiste à avoir dressa les lentes, au lieu de restçr sous les armes.

à. A rarmée roya'o-

GIRART DE ROUSSILLON igg

qui était fatigué et affaibli dormit de bon coeur, n y en eut mille qui gisaient par les prés, non pas sur une hauteur.

412. Fouquese jette sur eux â la pointe du jour. Il en trouve mille, étendus, désarmés par les prés, qui, surpris à l'improviste, n'ont pas le temps de s'armer. Boson et Gilbert les tuent tous. Le roi n'avait que quatre cents hommes armés. A leur tête, il charge avec fureur, quand il reconnaît Fouque avec sa nombreuse troupe et voit briller sous les enseignes tant de heaumes. Il se sentit pris d'épouvante. II n'y a aucun des siens qui ne tienne son cheval pour lent ; le roi lui-même voudrait le sien plus rapide. Il n'arrêta pas jusqu'à tant qu'il fût dans le château '. Une fois là, les murs le protègent. Cependant, Girart est dehors qui ramasse le butin.

413. Le comte Girart s'en retourne avec ses neveun. Comme il revenait de la poursuite, il rencontra cent [des > royaux] qui se tenaient à upe croix, et qui, tous d'une voix, criaient merci. Le comte et son neveu Boson les tuèrent tous. Il n'était pas possible que Dieu n'entrât pas en courroux contre lui ; et dès lors la guerre tourna au désavanuge de Girart '.

414. 11 y avait un moutier dans la plaine, sous Vaucouleurs, avec un abbé, des prieurs et des moines. Mille chevaliers s'y réfugièrent. Girart les y brûla sous les yeux de Charles l'empereur, faisant grand tort envers Dieu et envers son seigneur. Fouque ne put s'empêcher d'en pleurer : « Que deviendrons-nous, » dît-il, « pécheurs que nous n sommes? Qui ne porte foi au Rédempteur ne peut vivre » longtemps sans déshonneur.»

415. Girart a pris du butin tant qu'il a voulu. Il se rend ft fïoussillon, son séjour habituel. Il est plein de joie tandis

). Vaucouleurs ; cela résulte du J 414.

3. Cet épisode a été mentionné, sans indicalion de source et comme historique, par M. Ch. de Beaurepaire.dans son b'ssai sur l'asile )■?/(■• gieux, dans la Bitl. de TEc. des Cit.. S, V, iO.f-5,

que le roi est dans la douleur, il ne laisse [vivant] bon che-. valier jusqu'à Baiol ', ni trésor en moutier ni sous voûte, ni châsse ni encensier, ni croix ni vase sacré ; tout ce qu'il enlève, il le donne à ses chevaliers. Il fait une guerre si cruelle qu'il ne met pas la main sur un homme qu'il ne le tue, le pende ou le mutile.

416. Pendant cinq ans ils ont ainsi tenu la campagne sans jamais se rencontrer en champ de bataille. Souvent le roi se met à sa poursuite avec de grandes forces, et ne lui laisse ni bourg, ni village, ni cimetiâre. Mais Girart a encore tant d'amis que le roi n'arrivera pas aisément â le prendre, s'il ne réussit à le bloquer en un château

417. Charles voit qu'il ne peut plus arriver à rencontrer Girart en champ de bataille, comme autrefois. II manda tous ses hommes jusqu'à la mer. Il ne resta chevalier ni

. riche baron, ni bourgeois ni sergent qui puisse marcher. Tous se rendent à Roussitlon pour l'assiéger. Ils bâtissent des logements, dressent des tref$, déracinent les arbres, tranchent les vignes *. Girart etles siens, Fouque, Gilbert de Senesgart, revêtent leurs armes et font des sorties contre l'ost. Et Charles est déterminé à rénster jusqu'à ce qu'il voie l'orgueil [de ses ennemis] croître ou baisser. \

418. Le roi mît le siège ' en mai, et y resta jusqu'à la Saint-Remi *. Il ne laisse en France aucun avoir quelconque, ni rente en sa terre, ni cens ni tonlîeu ^ qu'il ne fasse venir au siège, jurant par notre Seigneur et saint Andr^ qu'il ne se retirerait pas de l'été ni de l'hiver avant d'avoir réduit Roussillon en son pouvoir. Là dedans il y avait un

I. SicOxf. el P. (V. 545ï)j est-ce Bayeux modifia pour la rime? z. C'est la (içoa ordinaire de conduire It guerre au moyea ige ; voy. la Chanson de la Croisade albigeoise, w. 1890, 5691, etc. •

3. Apleu, «ubst. formé sur appUcare, dans le sens de ■ camper ■; voy. Du Cange, «pplicave. et Gloss, med. et inf. grascilalis àicXxtKaisvt et â-Xr^x-ta.

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