‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 337 sur 406 · I. Sic dans les deui rnss · texte numérisé non relu

I. Sic dans les deui rnss

a. Qfionis dans P. (v. 6178}. Menait est bien un nom breton ; voy. Cartul. de Redon, pièce 371; la clianson d'Aquin, rv. 60. 7S0; le Brut de Geoffroi de Monmouih, III, xix, celui de Wace, v. 37^9, etc.

3. Uns rofnaiif trel ne peut guère se traduire sucrementi la leçon de P. (v. 6178), .7". moltpro bel Icorr. b[r]et) semble refiiiie.

4. Il 7 ■ ici quatre ver^, qui manquent dans P. et dont le sens m'est trop obscLir pour que je tanii; de Us traduire.

allait mal pour lut, quand ii vit les Français avoir le dessus, et le roi avec eui, quand il se vit blessé, perdant son sang ', tandis que les siens fuyaient de çà et de là, il se tint pour perdu. Fouque le prit par le frein et l'entraîna plein de douleur, disante Gilbert et à Boson : «Tirez-vous par icil i Si le comte est affligé, le roi est dans ta joie.

495. Or s'en va Girart au galop, avec Gilbert, Boson, Fouque, fuyant par une route en plaine. Ils se seraient dégagés sans obstacle, ces barons, quand voici au-devant d'eux le comte Huf^ues, Pierre de Mont-Rabù et le vieil Aimon. Hugues atteignit ;e comte Boson : il le frappa à découvert, sous le bouclier et lui mit dans le corps sa lance avec la banderolle. En même temps ses compagnons le frappèrent et Boson fut jeté mort sur le sable ■. Gilbert et Fouque prirent vengeance de leur frère, et tuèrent sur la place le comte Hugues. Les gens du roi Charles survinrent en grand nombre et les enveloppèrent de toutes parts. Ils tuèrent Gilbert et prirent Fouque. Tous le voulaient tuer, hormis Pierre qui l'emmena au roi pour le protéger. Girart s'échappa à force d'éperon. Dieu! comme est grande la foule qui se précipite à sa poursuite! lis lui ont coupé la route de Dijon; mais, pendant la nuit, il s'est réfugié à Besançon.

Cependant le roi descendit dans le pré, sous Roussillon. lA on lui présenta' tant de riches prisonniers ! Il jura Dieu le roi, du ciel, que le lendemain il ferait pendre Fouque à Moniargon. « Par mon chef! > dit Pierre, w vous » n'en ferez rien. Quand vous avez pris en bataille un si » riche baron, comment pouvez-vous menacer de le pendre ■ comme un larron ?' Mais, si vous ne voulez recevoir sa » rançon, vous pouvez bien le faire mettre en votre pri< > son. — Par mon chef! > dit Charles, c'est ce que je B veuï faire, et jamais plus il ne chassera l'éperon I >

1, Voy. la fin du ! 491 .

2. C'esl la vengeance du meurtre de Tbierri que nous avons vu pluihiin.gi jui, ill, -ic;;

GIRART DE ROUSSJLLON 229

496. Girari s'en va tout seul ; ses bons parents sont restés sur le champ de bataille. La douleur qu'il a au cœur se répand dans tout son être, et souvent il s'évanouit sur le cou de son cheval. Au point du jour, il arriva à Besançon.

Cependant Charles descend sur le pré, sous Roussîl- ' ioD. Maint riche prisonnier lui fut présenté. Il appela Artaut ', et lui dît doucement : « Tu es vicomte de Dijon ; > va, rends-le moi : je te donnerai tant d'or et d'argent que

■ tous ceux de tes amis qui sont pauvres deviendront riches ; s et, si je n'en suis pas en possession sur-le champ, que je B sois un lâche si je ne te pends ! — JI me faut accom- » plir votre volonté, n dit Artaut. Hugues d'Orivent ' prit la parole : < Seigneur, prenez-en des otages, sans délai. > Et le roi en prit de bons et leur fit prêter serment. Artaut monte aussitôt à cheval et s'en va au galop, suivi de cinq cents des bourgeois de Dijon â qui le roi rendit la liberté par la même convention. Charles chevaucha aprèseux,et ils lui rendirent sans délai le château. Entre ceux qui entrèrent les premiers à Dijon se trouvait un damoiseau, parent de Girarl. II demanda la comtesse et se mit â sa recherche. Il la trouva en oraison dans un moutier, priant Dieu le tout puissant de prot^er Girart et les siens. Le bon damoiseau la prend par le bras : « Comtesse, sortez d'ici, et bien vite : ce château » est rendu ; le roi le prend. Vos partisans ont été vaincus en

■ bataille ; Girart a pu s'échapper je ne sais comment ; hier

■ soir il s'est enfui à Besançon. * Quand la dame l'entend, elle tombe évanouie.

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