‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 338 sur 406 · La dame s'évanouit sur le marbre noir. Voici qu'en · texte numérisé non relu

La dame s'évanouit sur le marbre noir. Voici qu'en

I . L'un de* prisonniers; p.-i. le personnage du mûmi: nom que nom avon» déjà vu paraître entre le» hommeB de Girarl i'H 11. i33), mais c'est la première lois qu'il esi fait mention de la qualité de vicomte de Dijon qui va lui Être attribuée.

1. MairtvenI, dans Oxf., forme assez peu vraisemblable; Oritn P. <v. 6346). que j'idenliâe avec VOrien ou Orivent du | 3i3; voy. p. iH. n- I.

tredans le château le vicomte Artaut, autour de lui les bourgeois, les bons et les mauvais, chacun portant sa hache ou sa cognée, ou lance ou guisarme ou un arc à main ; ils s'emparent de la tour et du rempart. La dame ouït le bruit et le tumulte, elle apprend la trahison, et ce lui fut un crèvecoeur. Elle appela Hugonet, Fouque et Airaut ' : ■ Quechaa cun selle son cheval, et sortons de la ville par ce portail, n Laissons la garenne, jetons-nous dans le bois. Allons tout > droit jusqu'à Besançon; pourvu que je puisse avoir Gi- « rart, je ne demande rien plus. »

498. La dame ouït la noise et les cris de douleur que font les bourgeoises pour leurs maris. Elle entend maudire Girart ', et s'écrie : n Lasse! malheureuse! Sire, mon conseil n'a

■ pas été écouté ! > Elle ne fait emporter ni étoffes de soie, ni vêtements, ni tapis. Avec trois damoiseaux elle s'en va, sans autre suite, lis l'escortèrent jusqu'à Besançon.

499. A la nuit, elle entra dans Besançon. Dans une chambre voûtée de l'abbé Hugues, là elle trouva couché Girart de Roussillon. Elle lui baisa la bouche et la face en pleurant, et lui demanda s'il était sans blessure. 11 répondit: ■ Non, B car j'ai été légèrement atteint sous le hoquelon. Je me » suis battu avec Charles en champ de bataille. J'y ai perdu T Girart et Boson, qui sont tués, et on me dit que le roi tient D Fouque prisonnier. Je les ai laissés derrière moi-, comme un » félon, comme un couart dont la lâcheté est prouvée '. Je » souffre d'être vivant, quand je devrais être mort. — Sîre, » dit la comtesse, ■ laissez cela, inspirez-vous de la raison. » Dieu vous a tiré des mains de Charles, mais vous n'avez « plus d'ami en ce royaume qui vous aide dans la guerre ni » qui vous puisse rien donner.. Par dessus tout, je redoute la

■ trahison. Allons en Hongrie, au roi Oton dont le père fut

t. StQS doule des damoiseaux aiucbés à sa personne ; voir le { aui-

1. Ici manque un feuillet dans P. L> lacune s'éiend jusqu'au 1 bob. 3. Mène eipresaion que plus haut, g 3 16, voir la noie.

GIRART DK KOIISSILLON 23 1'

» fr*re germain de mon père '. » El Girarl répondit : ■ J'y > suis tout prêt. ■ Là-dessus, voici un messager qui lui

■ annonce que Charles et les siens chevauchent.

5oo. Le messager entre dans la salle : il était natif de Dijon, fils de Frcelent; îl vint pleurant de douleur ets'es* suyant les yeux : « Sire, Charles chevauche avec sa nom-

■ breuse armée. Je l'ai entendu faire le serment qu'il n'ac-

■ ceptera pas de 'rançon, s'il vous prend. — Cela va bien

0 mal pour moi, ■ dit Girart, ■ car je n'ai chevaliers ni » sergents avec qui je puisse défendre château ni terre. —

1 Sire >, dît la comtesse, n vous perdez du temps, au lieu de

■ vous mettre en sûreté I > Aussitôt il se lève et prend congé.

Soi. Le comte est monté et a pris congé : ils ne furenf que sept de ce pays; sa femme fut la huitième, et [la neuvième fut] Ehgoîs'. Jamais damoiselle ne se comporta plus honorablement : pour son seigneur, elle abandonna sa terre et ses amis. Désormais Girart s'en va, comme un banni, et la douleur fut grande, quand il partit, et lui-même, en son cœur, était tout éperdu. Toute Is nuit ils chevauchèrent jusqu'au jour. Cependant le roi vint à Besançon et l'occupa.

5o2. Girart s'en va, n'ayant pas de terre une poignée. Le roi se soucie de lui comme d'une pomme. Mais qui se montre trop orgueilleux est abandonné de Dieu '. Toute la nuit ils chevauchèrent la lëte baissée, personne ne songea à se déshabiller. Ils arrivèrent devant une rivière, au gué de

1. Aucun prince de Hongrie n'a jamais porté le nom d'Oton. 11 doit y avoir ici quelque vague aouvenir de l'un des Oiona qui le sont aucc£d£ aut le trdne impérial d'Allemagne de 936 à looi. Du roi Olon de Hongrie ici mentionné, M. C! Hofinann a rapproclië le roi Olon qui dans Jourdain de Blaie (y. 11, voir la note) est le beaupère de Girarl de Blaic.

■i. Engols est la forme donnée par Oxf. au g 31 1 et confirmée par L. au \ âgg; ailleurs Oxf. a Eniois (= Enjois). P. a loujouii Euoli.— Elle était fille d'Auchier de Montbéliard.

î. Même pensée plus loin, i 5iî.

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Groin. La nos sept Bourguignons rencontrent dix Lorrains. Ne croyez pas qu'ils demeurent inactifs : les lances voleront en éclats.

5o3. Girart les a vus le premier à ce gué : il s'est tourné vers les siens et leur a dit : « Seigneurs, voici des ennemis n séparés de l'armée: Jamais nous ne les trouverons aussi peu ■ nombreux-, je vous en prie, chargeons-les ! — Vous parlez » bien, a disent les Bourguignons. Ils laissèrent les dames ■ sous un chêne, et se sont avancés, couverts de l'ccu. Vous pourrez entendre le récit de cette affaire depuis le commencement. Jamais attaque ne fut menée plus vaillamment.

5o^. Lorrains et Bourguignons se sont reconnus : ils ne s'adressent ni parole, ni salut, mais U oti ils se rencontrèrent, ils se sont frappés. Girart se mesure avec Hugues de Valchenu : il lui donne un tel coup de lance, qu'il l'étend mort sur le pré herbu. Ses compagnons, de leur côté, ont si bien fait, qu'ils ont tué cinq des Lorrains, et abattu quatre, et parmi ceux-ci il n'en est pas un qui ne soit blessé ou n^aît eu des cheveux coupés au ras de la tête.

505. Lorsque les Bourguignons, pleins de tureur, se mesurèrent avec les Lorrains, il y avait parmi eux un nommé Séguin, homme de Girart, qui, d'un coup d'épéc, fit voler la tête à Aimar '. Les Lorrains tournèrent le dos, et les Bourguignons les poursuivirent l'épee dans les reins, en tuèrent cinq et en prirent quatre,

506. La poursuite dura jusqu'à une colline. Guinemar fuyait par une vallée; il trouva vingt hommes de l'armée royale; à leur tête se trouvait un comte Giraut, frère de Hugues, du champ mortel '. Giraut lui crie ; i Arrêtez, et » donnez-nous des nouvelles. — Sire, nous avons rencontré

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