Pour ge laver les mains, comme toujours avant le repas
5. Il n'a pu été bit allusion jusqu'à présent à cet ëvéoemeot. S. Le clerc mentionné aux ig 537 et 540.
252 GIRART D F, BOUSSILLON
> le pèlerin et sft femme et amenez-le-moi ici. » Il obéit, et amena Giiart au palais par l'escalier de marbre noir, et le fit asseoir sur les degrés de la salle, auprès du dais '. Sa
, barbe avait cru et blanchi, et lui.séait très bien sur la fourrure de gris. II ne pensait pas que personne pût lé reconnaître, mais le roi le reconnut aussitôt à son large visage. De colère il devint tout noir; il maudit, au nom de Dieu, le pardon qu'il lut avait accordé et traita la reine d'enjôleuse.
547. Quand le roi vit Girart, II fut pris de colère ; il appela Otoer et-Berielais, le comte Aïmar et don Estais *. Il les emmène à un bout de son palais : « Seigneurs, c'est bien
> Girart, ce félon mauvais. Sur moi s'est abattu ce coquin
■ puant; mais je ne crois pas qu'il s'engraisse longtemps en 1 ma cour, car demain je le ferai pendre à Montgeiats. > La reine fît signe au comte Bertelaîs, qui accourut aussitôt, puis, prenant le roi par là main, elle l'attira â elle : 1 Ah 1 sire roi i de France, ami, que fais-tu? Girart vient se livrer à vous,
> voilà le fait. Maintenant, roi, tu peux le faire pendre, le I mettre à mort. Pourtant, il est prêt à jurer sur saint Ger- 1 vais'et à donner mille otages qui resteront ta ta cour que I jamais il ne vous faillira, pour rien au monde. Je serai son
> garant, avec Estais et tous les chevaliers d'ici â Aix. » Par ces paroles, elle lui casse le bec, et le roi lui concède tout ce qu'elle demande, et plus encore.
548. « Sire, I dit la reine, « puisque vous lui avez par- B donné toute colère, tout ressentiment, rendez-lui une (crie
■ en plaine, une ville sans forteresse, Puis il n'y aura per-
■ sonne en France qui ose lui mettre le siège, i qui je ne 1 fasse couper la tête ; et, si je ne le fais, tenez-moi pour une " mauvaise femme! » Et le roi répondit : t Je le veux bien. >
1 . La partie de la salle où diaii le dais et en taSme tttnps la place d'honneur était un peu plus iUvie que le reste. t. Berietais est peut-être idenlicjue au Berlolais du 1 37, irais Otoer
et Estais sont
GIRART DE R0U5SILL0N 253
Et sur-le-champ le roi lui rend U terre ea plaine par un rameau '.
549. Le comte reçut du roi son fief par le rameau; il s'inclina profondément jusqu'à ses pieds; le roi fut assez bon pour le relever : « Seigneur, » dit Girart, « Fouque et les
■ siens et tous les Juifs de cette cité (Orléans) dépendent de » mon fief >. Si vous gardez le fief, j'en prendrai mon parti,
■ mais rendez-moi Fouque, pour l'amour de Dieu. — Par
■ mon chef] > dît le roi, * pas si facilement. • A ce moment, des nouvelles arrivent par un courrier, et on Ut les paroles que contient la lettre.
55o '. Voici les. npuvelles que contient la lettre : < Elin nanl, Golgas, Guinguenez, Jaguz ^, Enissanz, Agenez, et v le sire de Bretagne avec eux sii, vous ont enlevé le mont D Saint-Michel, et feront pis encore si vous ne fortifiez le > port * > Là-dessus le roi monte à cheval et sort.
S5i. Le roi s'en alla le long de la Loire, sur la grive, ayant avec lui ses comtes et ses barons. Les deux fils d'Ande-
I. Mode d'investiiure; voy. Du Cange, III, 8II4 e, iKvatnra»* per
3. On a vu plus haut, H io5, 106, it3, que Fouque avait à Orléans un palais, et, ( 439, qu'il tirait des \u\h de cette ville des revenui conaidérablea; voir p. bi, n. 4. On a d'ailleurs des témoignages historiques sur l'existence d'une colonie juive à Orléans depuis les premiers temps du moyen £ge. Ella est mentionnée, plus d'une fois, par Gti' goire de Tours (Lonfjnon. Géogr. de la Gaule au vi" siècle, p. 1 79), piua lard par Raoul Glaber (1. Ill, ch. vu ; cf. Kiant, Invent, crit. dei letlrtt Mstor. des Croitadei, xci]- Celte colonie a dû subsister jusqu'i l'expul- •ion générale des juifs en t3o6; voy. l'acie publié par M. S. Luce. Revue des études juives. 11, 41-4.
3. Cette tirade, où plusieurs passages sont obscurs, ne se trouve pas dans P.
4. Ce nom se trouve dans Wace, Brut, v. i3ioi, du moins aelon l'édition de Leroux de Lincy; dans l'endroit correspondant de Geoffitil de Monmouth (X, i) il y a Lagivius.
5. La leçon de L.,j)ar tes desire^, peut s'entendre k la rigueur; celle d'Ozf., per uni al tre j,ta'eit tout à fait obscure.
froi, les trois fits d'Aimon, les quatre d'Aimeri, qui tenait Noyon ', et en dernier lieu Bernart, qui s'était joint 4 , eux, excitent le roi contre le duc ; f Ah roi! quelle iftdi-
> gnité tu fais t. Les Bourguignons ont tué nos pires, et voilà » tu retiens Girart pour ton homme et lui fais pardon ! — » C'est la reine, seigneurs, qui me l'a fait faire; mais il n'est » pas mon homme et ne l'a pas été depuis qu'il m'a tué de »mesgens.n Le premier parla Oudin ', qui tint'Medonet trois cités le long de la mer et Port-Andon : « Votre nièce » la rousse au talon contrait, la fille de Thîerrî, le riche ba- » ron, elle qui vous demanda Fouque, parce que les frères
> de celui -ci avaient tué Thierri en trahison *, nous crûmes n qu'elle se vengerait sur lui ; mais loin de là, elle en est
» devenue amoureuse à ce point qu'elle s'est enfuie avec ■ A lui à Oridon, en une tour bien haute, au sommet d'une
> colline située dans la forêt d'Ardenne sur' l'Argençon '.
I. Andefroi, Aimeri, Aimon sont les neveux (g ro7,3i3)ou les £!■ (l 184) du duc Thierri d'Ardenne; lei deux premiers ont péri dans le* guerres contre Gimn, voy. |J BgS, Sgô. Aimeri esi, en effet, qualifié de seigneur de Noyon au g 107.
î. L, OlJins, Oxf. Liudini ou Hudiiis, P. (v. 7074) Augiers. Cet Oudin. qui n'e pisencore pacu dam le poCme, îouera bientOl un rdle considérable. Il était neveu de Tbierri. voy. | 611.
3. Cest la premiere fois qu'il est question de celte circonstance.
4. Oridon est connu d'ailleurs, bien qu'on n'en ait pat determine la position. Auberi le Bourguignon a pour ennemi, dans la chanson qui lui est consBcrée, un « Lambert d'Oridon » qui avait, dit le poème
grant terre a justicier
Et Oridon qui uet sur le rochier Dedeai Ardennc, le boscbaige plenîer.
(Tabler, Millkeilungen aus Al{fran{iit:chn Hondiehriftta, 1870, p. i53.)
Ce Lambert avait pour pire, selon la mjme'chansoo (p. i55), Tieben d'Orion. Orion et Oridon paraissent Être deux formes, la seconde plus archaïque ou plus méridionale, du m£me nom. Dans Gui de NonltuU patati un traître appelé Tibaut d'Orion, dont le chflieiLu paraît oftrir
ioïGooqIc
a Elle lui a fait des chaînes d'argent, non pas de laiton, ecde- > puis l'a gard^ en une prison où il est plus à son aise qu'un
■ poisson dans l'eau, et elle préfère vivre avec lui ' qu'épouser D le riche comte d'Alsace ■ ou celui de Bretagne à qui vous l'a- » vez donnée par notre entremise, et qui, à cause d'elle, nous
» fait maintenant la guerre ^ Mandez-lui de vous le rendre, -
■ et, si elle dit non, nous lui donnerons l'assaut de toutes » parts, car, si elle restait avec ce félon, ce serait dommage et 1 boatepourleroyaume.B Et Charles répondit : «Je vous les
■ abandonne, mais je ne veux pas trahir Gîrart tant qu'il » sera en ma cour et en ma demeure. Mais, une fois parti, » celui qui lui fera payer ses torts, je lui pardonne. » Là se trouvait Bertran de Val-Olec, fils de Begon ', cousin germain de Girart et de Fouque; il n'y avait mieux em parenté dans le royaume, et son père avait été le meilleur chevalier qui fût. Les paroles qu'il entendit ne lui firent pas plaisir; il s'éloigna sans bruit et se rendit en la chambre où était Girart et lui rapporta là ce qu'il avait entendu.
une grande antlogi
e de
rOridon de GU
sillon :
At»
Il et 1
DUS TIebiuI le Ki
RDor d'Orion,
1 chaud oiïueillïiu «or
l'eve d'Aubenshon
iitNanlmil.'ii.
Quant à l'Argenson qui reparaît plus loin (( 567), oq pourrait se haiarder à l'identifier avec l'Armanton, qui te jette dans l'Yoone, un peu au-de*su3 de Joigny. L'Yonne est peu éloignée de Rousaillon, Toy. 1 534, et Roussillon paraît ecre à peu de distance d'Oridon, voy. ÎJ &67-569.
1. Le tens paraît ftre : ■ elle aime mieux avoir de lui un eofaitt il- ' > l^iiime (flvolUon).... ■
i. Oïf. eFAusaia, L. d'Ausi', P. (v. 7087) dt Reims.
l. Il ne faut pas oublier que le seigneur a le droit de marier à son grj les filles ou veuves tenant fief de lui.
4, Oif. BesoH, P. (v. 7099) Aimon. La leçon Begon, fournie par L., est sûrement la bonne. L'auteur a voulu rattacher ce Bertran au Begon de Val-Olei du J 385 ; mais la mention qui suit d'un lien de parenté entre Bégon et Girart est nouvelle.
352. Il ne laissa dans la chambre que quatre personnes, lui compris '. Il pijt à part la reine et Gîrart : « Tous les
> ennemis deGirart se mettent ensemble, et le roi écoute les » plus malveillants d'entre eux. Si vous ne prenez conseil,
> si vous n'agissez prudemment, ils chercheront querelle â Il Aupais â cause du duc Fouque, et l'assiégeront avact » qu'il soit peu. » La reine répond : « Puisse Dieu les ■ en i garder et me donner les moyens de les protéger ! >
553. Girart eut grand'peur lorsqu'il entendit ces paroles, et la comtesse se mit à pleurer. La reine les réconforte par de bonnes paroles : ■ Ne vous effrayez pas, sœur, pour Ta- » mour de Dieu. Quand le roi vous eut enlevé votre fief, il
> m'a donné l'oscle ' de ma sœur : Dijon et Roussillon, le
> château et ta tour, ChfltîUon, Montargon, Vaucouleurs. Je s les ai si bien gardés qu'ils sont pleins de richesses. Là, du I moins, vous ne rencontrerez aucun opposant. Puis je vous 1. donnerai un cheval si vif, qu'il n'y a meilleur ni outre- I mer, ni en deçà. En outre, j'ai avec moi un chasseur qui
> a été élevé chez vos parents. Il vous guidera à la brume. « Moi, je vous suivrai le matin, au point du jour, menant » avec moi Bertran et ma sœur. ■ Elle manda aussitôt le chqsseur, qui s'empressa d'accourir avec les quatre fils qu'il avait eus de son épouse.
554. La reine demanda au vieux Droon • s'il savait aller par les bois à Roussillon. « Oui, 1 répondit-il, « je puis at- ■ 1er la nuit jusqu'à Dijon. — Or, guidez-moi ce comte ; » vous en serez récogipensé. — D'abord je serai son homme,
> et aussi ces quatre jeunes gens, qui sont mes quatre fils, » veillants chevaliers. » Le comte reçut leur hommage et leu^ promit des dons, car, par la suite, il fit du plus pauvre un riche baron. « Ne perdons pas de temps en paroles, » dît
I . Les trois autres étaient la reine, Giran et u femme. 1, C'est-à-dire Aupùs et Fouque.