‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 35 sur 406 · ÉTAT DES PERSONNES ET CIVILISATION LXIII · texte numérisé non relu

ÉTAT DES PERSONNES ET CIVILISATION LXIII

pouvoir est limité par le droit. Le roi ne peut, de son autorité propre, punir un de ses hommes, si coupable scMt'il, sans d'abord l'avoir sommé de se justifier devant sa cour, et de faire droit, c'est-à-dire de payer i.'amende correspondante au trouble qu'il aura apporté à la paix publique, au cas où les barons composant la cour royale le jugeraient coupable (§§ 226-7, ^70- E" Pareil cas, le roi ne juge pas; il n'agit même pas comme président du plaid : nous voyons.La sentence remise au jugement de barons royaux désignés comme arbitres (§§ 1781 ^3o, 248). Sans doute, il n'existe aucun moyen de contraindre le roi à suivre cette procédure, et souvent il refuse de s'y soumettre, mais alors il est blâmé par son conseil (% i83).

Les seigneurs. — Ils sont plus nombreux dans Girart de Roussillon que dans aucune autre chanson de geste. Les titres qu'ils portent sont ceux de duc, marquis, comte et vicomte. Baron est un titre générique qui s'applique à tout homme libre, à tout homme noble, comme on dira plus tard, de quelque rang qu'il soit.

Girart est qualiâé, le plus souvent, de comte, moins souvent de duc, rarement de marquis '. Les titres de duc et de comte ont été appliqués indifféremment, pendant la seconde race, aux mêmes personnages. On sait que la plupart des comtes de Paris étaient en même temps ducs de France ». Les termes comte et duc perdirent un

I. Voir la table au nom s Girart >, pour lea pasaages oCi ces terme) MOI employés.

X. Le eamie Girart, par exemple, est qualifié de duc dani une lettre qui lui est adressée par Loup deFerrièrea (Bouquet, VIU, &i6; cf. Tertebasae. Gérard de Rouisillon, p. iv, note ; Lougoon, Réf. hUt-i VIII, >S3, note 3.)

LXIV INTRODUCTION

peu de leur propriété, et les comtes dont l'autorité s'étendait sur un territoire assez considérable poi^r renfermer plusieurs cités, purent Être qualifiés par l'un comme l'autre de ces deux titres. Quant au titre de marquis, il est ici très légitime, puisque, selon le poème, les terres de Girart formaient, du côté de l'Est, la frontière des pays sur lesquels s'étendait la suzeraineté du roi. Les autres personnages, en petit nombre, qui portent le titre de duc sont, du côté de Girart, Armant, duc de Frise (§§ 275, 3g8,40i), et Drogon, le père de Girart (S 99)'; du côté du roi, le duc Bérart (§ 276), le duc Godefroi (S 143), le duc Gui de Poitiers (§S 143-5), Hugues, duc d'Aquitaine (§ 263), leducMilon(SS42i-2},leducOtr«nt (S 229) et Thierri d'Ascane (gS 1 12-3-4). I' f*"ï ajouter à ces noms le duc d'Alsace (S 569) et le duc des Bretons (§ 567). Les marquis, si j'ai bien compté, se réduisent à trois : du côté du roi, Berlant, marquis de Mons et de Brabant {$ 146), et, du côté de Girart, Amadieu, seigneur de la vallée d'Aoste et de divers lieux du Piémont (§ 1 43}, et Fouchier '. Les comtes sont très nombreux, comme on pourra en juger par un coup d'œil jeté sur la table. Ceux qui ont des possessions territoriales sont distingués des comtes [talatins (S 582}.

L'emploi qui est fait dans le poème des titres de duc, marquis et comte, appelle une remarque. Originairement,

1. Il y RUMÎ Aimeri duc de Narbonne % Sig, mtii « duc ■ est une leçon pariiculière tu ma. de Paris. Le mi. d'Oxford, en géainl meilleur, porte ( celui de Narbonne >.

a. J'ai traduit, par marqula, le marcamo du texte (^ jS, i33, loi, ai6, iib, 3atij en suivant Raj'nouard, qui rend par a cam mandant de mirche n {Lexique roman, IV, 157) ce tnot doDt.ie ne connais pas d'exemple en dchori de notre poËmc. — Fouchier est qualifié de a comte de Brieire ■ au $ 197, mais le texte n'est pas aûr.

Page 1