Du cixéàe Giian ci de celui d'Oiidin
200 GIRART DE ROIJSSILLON
5€o. AvanC que k roi eût fini de délibérer avec les siens, la reine faisait envoyer de son argent, de l'or vérraeil à tous les vaillants damoiseaux qu'elle connaissait. Donner, voilà ses tours et ses créneaux! Jamais sur d'aussi beaux yeux cils ne se sont abaissés, j'atnais cheveux n'ont couvert si belle tête <. EUe prie chacun de se tenir prêt à partir au point du jour, et commande à Bertran de l'éveiller de bon matin : n Nous verrons bien, » dit-elle, u qui seront nos fidèles. »
56i. 11 y avait auprès du roi neuf comtes, his de trois frères qui étaient neveux de Thierri. Ils vinrent au roi et lui dirent : «Sire, voici que Bertran veut vous faire la guerre. Il » a l'airde vouloir se séparer devouscommehtson père', car M il raccole à votre cour tout ce qu'il en peut tirer à lui. Il n n'y reste plus un chevalier de haut rang. » La reine répond : « Il ne les gardera pas longtemps, car je mènerai » ma soeur en la terre qui lui fut donnée en douaire '.— Par » saint Hilaire, » reprit Oudin, « si elle prend mon ennemi » sous sa sauvegarde, je lutterai contre elle, de toutes mes « forces.— Nediies pas cela, frère! u répondit la reine. Alors Pépin, son fils aîné, prit la parole ; c'était un damoiseau de quinze ans, de bonne mine, sa^e, courtois plein de libéralité : « Celui qui veut faire honte à ma dame, à ma mère, » n'a qu'à se tenir en garde contre moi, lui et sa demeure ! » L'empereur, l'entendant ainsi parler, garde le silence.
563- Au roi sont venus comtes et comtors. Avant que Girart rentre en sa terre, ils lui feront, disent-ils, voir la
I. L'auieur semble oublier que le mariage de la reine Elissenr remonte à plusde trente ans. En effet, l'accord conclu à la suite de la bataille de Vaubetnn a dure cinq ani (i tt^) ; la seconde guerre dure aussi cinq ans (3 4i('ji enfin Girart a é\é bjnni pendant vingt-deui ans (S Jî4)-
1. Son père était ce Bcgon ij 55 1) qui avait quitté Charles () 35i'.
3. On ne voit pas le rapport de cette réponse avec lei paroles qui précèdent. Le teite est ici peu sûr.
mort de près. Mais, grâce â Dieu, grâce it Bert^an et au veneur, grâce à la reine qui sut choisir la fleur [des chevaliers]..,' Bertran fut bon chevalier, je n^en sais pas de meilleur; il avait vingt-cinq neveux, de grande valeur, tous fils de frère ou de sœur, aucun n'était d'un degré plus élcMgn^ ; il avait aussi deux cents chevaliers, riches vavasseurs, tous de sa mesnie, bons combattants: Quand il entendit les nouvelles, il accourut a\;ec eux : « Que réclamcz- » vous à Girart, seigneurs? Vous croyez l'avoir trouvé » comme un berger '! Le roi l'a reçu pour-son homme, et, » ce jour-là même, avec le roi vous complotez sa mort, vous » les plus hauts de la cour! C'est chose malséante,quand on » est en conseil avec un empereur, de lui donner un avis qui K cause son déshonneur. Français et Bourguignons ne s'ai- • ment pas. Mais si les Bourguignons onttué vos pères, vous 1» avez tué les leurs. Vous ne devez pas ranimer une si n vieille querelle. — Bertran, » dit la reine, « pas de co- » 1ère! Puisque le roi et le plus grand nombre des siens y 0 sont opposés, ne prenez pas Girart sous votre conduite. 0 Mais je rendrai â ma sœur son douaire, et, si le comte y n vient pacifiquement, elte l'hébergera, comme celui qui 11 est son mari, et- moi je la guiderai demain au jour, me- » nant avec moi mon fils aîné. — Par mon chef! n dit le roi, « pas même le cadet! — Et j'emmènerai Bertran, qui •> m'est dévoué, qui, par ton congé, lient de moi son fîef. n De colère le roi changea de couleur, mais il se tut, ne voulant pas découvrir ses mauvais desseins.
563. Oudin prit le roi â part, loin des autres. 11 s'adressa à ses cousins et ses amis : « Ce Français métis, demi-bour-
:. Il y a ici, dans Oif. seul; un vers que je n'eniends pas : Tunam, peuder e el Umor. Le sens paraîi Être que les ennemis de Girart eurenl lieu de se repentir.
I. Berger (cf. ci-dessus | 287) s'employaii comme synoriyme de lot, innocent, homme san* défense; voy. les exemples du Roman de la Rose et de Bertran du Guesclin cités par M. Liiiré à l'bisioriquc de ce mot, e*t Roman de la Violette, v. iSS^.
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» guignon '^ nous montre ici l'orgueil d'Aatoïne '. Ro», la » reine sait si bien vous oindre par ses paroles, que vous » voilà tout retourné. C'est un don trop grand que du Rhin n au Groing ^. On voit bien qu'il ne tient guère à sa terre, B celui qui laisse sortir de sa main un âef pareil.
564 *, — J'ai fait une sottise, «dit le roi, « cela peut arri- B ver : c'était après le vin, non pas à jeun. Je ne veux pas » perdre cent ni mille pqur un ; mais je trouve boti que vous » en vouliez à Fouque, J'enverrai à Aupais Berart Brun, «pour qu'elle ■ m'envoie Fouquc à Aix ' ou à Laon. Et, M si elle refuse, je donne â chacun le droit de lui abattre son » château, de lui enfoncer et démolir sa tour et ses rem- » parts, » Tous ensemble le remercient.
565. La reine se leva au point du jour; elle et sa sœur montent sur des palefrois , elles sortent d'Orléans suivies de cinq cents chevaliers dont \i pire était vassal comtois, et qu'elle avait su s'attacher ^. Traversant les embûches préparées contre Girart, ils sortent du bois et de l'Orlenois. La reine prit logement [pour la nuit] en Herupois ', et dit à