‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 356 sur 406 · Elle croît que ce sont les troupes royales qui arrivent · texte numérisé non relu

Elle croît que ce sont les troupes royales qui arrivent

7. Douces chaînes, asaurémeni, les charnes d'argent mentionnées plus haut, Ibit.

gueiricrqui sût mieux faire face a un adversaire. « J'aime >i mieux mourir, » dît-il, « que me laisser prendre vifl

569. —r Fouque, voyez-vous que d'enseignes flottent n au vent? Je crains que ma dame' me manque de foi. » Fouque, i.'ai fait en vous mauvaise attente; j'y ai perdu » mon temps et ma jeunesse. Pour vous, mes hommes ont o été si fort indisposés contre moi, que je n'ai reçu de mon

'» &ef ni avoir ni rente. Je n'ai pas de vassaux pour vous » défendre, et je vous verrai mourir, malheureuse et afliiu gèe ! » Au moment où elle se désolait ainsi, Droon crie à la porte : a Laissez-moi entrer, la belle; je vous apporte des » saluts qui vous réjouiront le cœur! »

570. Quand elle entendit Droon qu'elle connaissait, elle courut lui ouvrir la porte, et, le prenant par le poing : « Droon, quelles nouvelles? qui sont ces gens? — C'est la n mesnie Girart qui vient pour toi, envoyée par la reine » qui vous attend. — Où est-elle? — A Roussillon. B Tiens ce bref que je te présente de sa part. » De joie elle l'embrassa, en prenant le bref. « Dis-tu vrai, au sujet de » Girart, sur ton salut? — Oui certes, puisse Dieu tout » puissant me protéger! » Elle vient, toute joyeuse, à Fouque : « Fouque, je vous apporte des tiouvelles qui vous » plairont, de la part de Girart le duc, votre parent. — B C'est mai, damoiselle, de vous moquer ainsi. «

571. Fouque l'entend; il se fâche : « C'est grand péché. Il damoiselle, de vous moquer ainsi de moi. Le comte Gii> rart est mort; je ne le verrai plus. » Pour toute réponse, elle lui remit la lettre scellée; il l'ouvrit, et, quand il l'eut regardée, son visage s'épanouit. « Ce bref dit de bonnes pa- » roles, s'il est véridique'. — Sire, c'est un grand avantage H qui te vient, et à moi une grande joie. La reine chevau- » che, tandis que tu reposes. Elle cherche à faire la paix en-

:. La r< I. On V

D trc Girart et le roi. A Roussillon, où elle est, elle te don- » nera â moi, si tu vas la trouver. Mais, avant de sortir » d'ici, tu me jureras par saint Gervtîs de me prendre pour u femme. — Je te le promets, damoîselle, et je t'en donne » ma foi avec un baiser. » A ce moment, arrive Bertran, montant les escaliers, avec lui cent chevaliers de sa mesnie, et Fouque, en les voyant, fut plus heureux qu'il n'avait jamais été en sa vie.

572. Bertran demanda : « Est-ce qu'il y a querelle entre » vous? — [Non, » dit Fouque, tranquillement ■), a mais » elle me demande un serment. — Sire, si elle en demande » un, fais-lui-en cent, o Elle entra dans sa chapelle, en prît les reliques, et, sur un évahgéliaire à la reliure d'or resplendissant, il lui a juré tout ce qu'elle a voulu. Elle embrassa Bertran et dit en riant : « Je vais prendre mari bien pau- I) vrement ; je ne porte avec moi ni or, ni argent, ni paile. Il ni velours, ni pourpre, ni ornement. « Et Bertran répond courtoisement : «Mais vous apportezvotre grande beauté, vo- » tre personne gracieuse; et c'est donner un grand trésor que » de rendre Fouque. Maintenant partons vite; pas de len< » leurs. Unmessageestvenuenhâtem'annoncer que tous tes B parents chevauchent pour te nuire. ■ Alors damoiielles et sergents se mirent â pleurer. « Et nous, que ferons-nous, ché- » tifs, malheureux?» Fouque, quand il les entendit, fut saisi de pitié : « Je vous octroie, » dit-il, s ce château en chasej> ment ', et, si vous le perdez, je vous en rendrai un meil- » leur. Venez à moi tous avec confiance, car je ne vousaban- M donnerai pas, tant que je vive, u Bertran prend Aupais par le bras, la fait descendre et la met en selle sur un cheval ambiant, bon coursier. Puis il prit Cabauchan * par le frein,

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