Ceux qui ont déjà été mentionnés plus haut^ J
3. Où étaient stationnées les tioupes raatcmblécs par la reine ; voy. i 56'i.
» Dijon, remerciez ceux de Roussîllon, qui sont tous cheva- » iiers ou bourgeois. Votre vue les remplira de joie, et ils » s'en comporteront mieux s'il y a bataille. Je sais d'avance » que CCS Français nous mépriseront et que leurs riches » chevaliers de cour ' nous donneront la chasse, et pourtant » leurs chevaux ne sont guère frais, car ils ont fourni une » longue course, depuis Orléans. Faites attention que l'aguet I) ne sorte pas du bois épais jusqu'à ce que mon cor se soit » fait deux fois entendre. Dites-leur de ne pas tuer tous les Il prisonniers, car de riches prisonniers font avoir de mùl- » leures conditions de paix. » Fouque passe le bois et le marais, et traverse la plaine jusqu'au bois où était l'aguet. Là il remet Aupais en garde à Droon et à Jof^oi.
5j5. C'est dans une (orét de hêtres couverts de feuilles nouvelles que l'aguet des datnoiseaux avait été placé. Jamais homme ne fut reçu avec autant de joie que Fouque, quand il arriva parmi eux : <■ Ah I sire comte, comment as-tu vécu » dans le long emprisonnement dont te voilà sorti ? — Grâce » à Dieu et à Aupais, à qui je suis engagé, je n'y ai rien H perdu de mes forces; mais prenez tous vos armes et vos » ecus et que chacun se montre vassal d'élite. Il nous arrive » une occasion de butin qui fera riches les plus pauvres. Il Oudtn et les siens nous ont tant poursuivis qu'ils passent » les gués et les marais de l'Argenson. — Sire, est-ce possible? 1) — Je les ai vus. Gardez qu'il n'y ait cri ni tumulte avant Il d'avoir entendu deux appels de cor. Sortez alors et frappez ' Il des fers aigus, et gardez-vous de tuer les prisonniers; car u les prisonniers sont précieux pour sortir heureusement » d'une guerre, h
5/6. Fouque vint eux gens de pied': il leur doDoe
I . Rie eorttis, Oxf. cl L., le vers manque dans P. Le sens c*l peu uliefaisant; il y avait peut-£ire oiiginiiircment 'cori«i, troupe ayant une formation régulière, vt/y. Du Cange, conrcix.
a. P. (v. ySuS) geldos. Oxf. joudins, la leçon de L. est corrompue. Gelde ou geldon a dû signi6er origin ai reraeni une association dont les membres «ODt unit par un serment (bqc. ail. et anc. angl. gilde), mais
Dçiiiizedoï'GoOQlc .
dcj sages avis, leur adresse des remerciments, des saluis, des paroles gracieuses : n Francs homines bien nés, bons » et vaillants, puisqu'une Telle compagnie est venue ici « pour moi, puisse Dieu me donner d'agir pour votre avan- » tage ! » Et tous sont dans Tallégresse à cause de lui : n Sire » £omte, qui t'amène ? — Aupais, ma mie, qui m'a tiré de » prison, qui a protégé mes jours. — Et oti est-elleî — En ce H bois,' sous la chênaie. On me fait grand honneur en la B complimentant. Mais Oudin nous poursuit, avec la troupe M qu'il a rassemblée, et gardez-vous de faire du bruit ni de a vous montrer, jusqu'à ce que vous ayez entendu le son » d'un cor. Alors sortez et emparez-vous du grand butin « qu'Oudin — qu'il en soit remercié! — nous apporte ici. »
577, Après leur avoir ainsi parlé, apràs qu'ils l'eurent tous ensemble assuré qu'il peut compter sur cax. dans la bataille, Fouque est sord du bois avec les quatre fïls de Droon, preux et loyaux chevaliers, et ils se dirigent vers la rivière par un vallon. SurTautre rive, ils virent les troupes royales. Il y avait là, sur un coteau, mille chevaliers, Bertran vint au devant d'eux, sur la route; et Fouque lui mande par le sénéchal qu'il fait grand tort en les empêchant de passer : c'est lui enlever tout le profit de cette journée '. « Je B n'attendais que voire arrivée, » répond Bertran.
578. Bertran occupe le passage a*c ses neveux. Il cria à Oudin. <t Retoui'ne-t-en, comte Oudin, tu feras sagement; 11 et si lu passes le gui, ce sera pour ton malheur, car nous » avons un aguet sous bois. — Je fais de vous autant de cas » que d'une noix, » répond Oudin, « je vous déconfïrai et » vous ferai tous prisonniers. »
ce mot parait avoir conBtamm«nt en anc. fr. le eenfl de « gens de pied >; < Triginla millia pediluro > est rendu dans l'ancienne traduction des Rois. 1. IV, 10, par " trente mille de^elde ». Il s'agit ici des milice» bourgeoises auxquelles Girari a fait appel au i 55o, et qui sont mentionnées sou» le nom de peon (fantassinsj aux Jl 566 et 573. 1. Beriran cherchait à empêcher la lune; voir plus loin. 3 fioi.
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579. — Oudin, » reprend Bertran, « montre-toi conçi- " liane. Si Fouque prend Aupais, il s'engage envers vous à » lui donner en oscle quinze cités, et en outre la Provence, » Arles, Vienne et Valence. — Je ne consens, m reprit Oudin, (( à aucune convention, que d'abord je ne vous aie pris » et complètement défaits. Maudit soit le clievalier qui passe » son temps en disputes I » I,à-dessus il pique des deux et saute dans l'Argenson. Bertran s éloigne et la poursuite com-
580, Oudin passa le premier avec ses Edàles, et tous les autres après, jusqu'au dernier, Beriran leur abandonnant le gué sans combat. Oudin a abattu un châtelain ; à leur première attaque, ils ont jeté à terre trente hommes. Ou-lin cria à Bertran : « Vous êtes sans force. En ce jour, vous serez » lièvres et nous serons les chiens. On vous fera la chasse M aujourd'hui et demain, si vous ne rendez Fouque et la co- » quine '. Oiisont vos in trépides guerriers?» Ace moment, Fouque parut, monté sur Cabauchan ; « Vous allez les >i voir, » dit-il, « et tout de suite.
58i. — Bertran, qui est celui-là? (dît Fouque.) — Sire, » c'est Oudin, le plus vaillant et le plus puissant de nos cou- » sins. — Puisqu'il me tient de si près, » dit Fouque, « il ne >< faut plus qu'il se sépare de moi, ou je ne suis pas celui H qu'Aupais nomme sot ami. Maintenant, cousin Bertran, Il sonnez du cor! » Et Bertran sonna av&f une telle force, que le bruit ht retentir la montagne et le bois feuillu oil étaient embusqués cinq cents jeunes gens. Ceux-ci se précipitent à l'envi, et grand fut le bruit des ecus et des lances àla hampe de frêne, aux gonfanons rouges, blancs ou pourpres. Ils occupent la plaine et les chemins. Maintenant le chien deviendra lièvre, et le lièvre chien. De leur côté, les gens de pied sortent du bois de saules >, conduits par
r les bords d'une petite rivière
le comte Odon et par Baudouin '. Ils sauront faire éprouver des pertes à leurs ennemis.
582. Fouquç était habile et exercé à la guerre, et réputé pour savoir conduire une charge. Il montait un cheval grand, fort et fougueux, et il avait un cœur intrépide et ardent. 11 frappe Oudin à qui il en voulait. Itlui porta un tel coup sur l'écu, sous le bras, qu'il lui brisa le bras droit '. Puis il en porte à terre trois autres, et, revenant vivement vers Oudin, il le fait relever de l'endroit oii il gisait. Là charge continue sur les autres. Bertelais prit Aimon, Bertran prit Daumas, celui à qui étaient Noyon et Montclaré. On ne se forma point en bataille et la poursuite ne cessa pas. Ctux qui échappèrent trouvèrent leur salut dans la fuite. Ils ont prisquatre comtes, non pas des comtes palatins ^, et cinq cents cheva-
■ liers des plus prisés. Les autres échappèrent grâce aux bois et aux haies, abandonnant leurs armes et leurs chevaux, qu'on □'eut que la peine de prendre tout sellés. Maintenant les vainqueurs peuvent aller sûrement, sans craindre les menaces.
583. Bertelais dit à Fouque ; « Je vous demande une far M veur, dont tout votre monde a grand besoin : vous pren- « drez vos logements chez moi, vous et vos hommes, ser- » gents, bourgeois, chevaliers. — Est-ce que vous avez o prévenu ? » [dit Fouque.) — a Oui, depuis hier. Cette nuit, le fils de Fouchier * les hébergea et leur donna hospitalité pleine et entière. Les prisonniers furent placés sous sa garde, et sa femme s'occupa d'Aupais. Le lendemain, il leur fait de nouveau servir à diner, et, protégés par une arrière-garde, ils allèrent sans encombre à Roussillon.