‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 383 sur 406 · I. Pour leurs âmes · texte numérisé non relu

I. Pour leurs âmes

». Delor, ceux qui se portent caution d'un emprunteur.

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635. « Je vous ferai un brefserhion sur la Virile. Je vous n dirai ce que fait Dieu, en sa majesté : ii abaisse orgueil et » soutient rhumilité. » A ce moment, on vit les comtes venir par le pré : ils formaient une colonne de mille hommes de profondeur sur cent de front ', barons, comtes, comtors, riches chases '. Ils viennent à pied et déchaux. Quand ils furent près de l'assemblée, ils s'arrêtèrent. Girart et Fouque, les premiers, la tête basse, sont allés au roi. Girart lui rend son épée, par le pommeau doré, puis il se prosterne à ses pieds. Les francs nobles barons furent émus de pitié, et les fêtons orgueilleux de colère. Et pourtant il n'y en eut pas un assez osé pour dire une parole hautaine ou démesurée. Le roi releva Girart et le baisa, puis après Fouque qu'il savait sage. Ils lui font hommage et feauté, et le roi leur rend leurs fiefs à titre de biens héréditaires. Puis, tous deux, ils s'humilièrent devant les fils de Thierri d"Ascane, et, de bonne foi, ils se mettent à leurs ordres et leur font tous tes hommages que ceux-ci voulurent. Le pape leur a imposé tout cela à titre de pénitence ; il a commandé que tous lèvent les mains, en signe de paix et d'accorJ. Ensuite il a frappé d'interdit et séparé de Dieu quiconque recommencerait la querelle.

636. Le pape s'exprima en homme loyal : » Roi, si tu 1 le veux, tu peux encore arriver au salut. Chartes Martel, > ton aieul, fit de grands maux, et toi, en ta jeunesse, tu as » fait de même : ce nom fut faux '. Présentement ton nom 1* doit être Charles le Chauve. Maintenant que tu es riche

I . Il est inutile de faire ressortir l'absurdité di; ces chiffres.

a. Voy. p. lai, n. 6, et p. i56, n. 2.

3. Je traduis littérale ment, sans bien comprendre; l'auieur veul-it dire que ce nom s'appliquait mal, ou que c'(£lail un surnom impliquaot une idâe défavorable f Ce passage est en tout cas fori digne d'aiteaiïon p«ree qu'il nous montre le nom de Charles Manel appliqué à deux personnages différents : celui à qui la tradition * conservé ce Dom. et Charles le Chauve.

GIRART DH ROUSSILLON 3o(

1 en barons ei entouré d'amis ', aime Dieu et la paix, et

> demeure en repos. " Le roi fut sage : il suivie les conseils du pape et fit faire jenesaiscombien de mouiiers royaux'.

63;. Les jeunes guerriers dirent alors :■« La guerre est * flnie . il n'y aura plus guet-apens, plus de chevaliers

> frappés, d'écus brisés, et ceux qui ont été à la peine seront » méprisés, tandis que les ducs 'seront aimés pour avoir

> fait la paix. — Que personne ne se décourage pour cela, » dit Fouque; « je leur donnerai de bon gré vivres et véte- » ments, si même je ne leur donne davantage. «

6J8. Fouque parla à Girart et à Charles ; ■ Maintenant, î voyez à ce que chacun de vous, comtes, demaines, riches

> barons, donne aux pauvres chevaliers dequoi assurer leur

> subsistance. Amènez-les à la montre ' ainsi qu'il s été

> établi dans le pays ' pour défendre la terre, lorsqu'il en ï sera semons. Et s"il y a de riches avares au coeur félon, Â » qui l'entretien '^ et les dons coûtent trop, qu'on leur ent lève la terre et qu'on la donne aux vaillants ~, car trésor

> mis en réserve ne vaut pas un charbon. >

I. Traduction douteuse. Le vers manque dans P. 3. Mouiiers fondés par le souverain et exempts de la juridiction épiscopale. Lei abb^s un étaient nommés par le roi; voy. Du Cange.

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