‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 42 sur 406 · ÉTAT DES PERSONNES ET CIVIUSATION LXXVII · texte numérisé non relu

ÉTAT DES PERSONNES ET CIVIUSATION LXXVII

réservés à ta défense des châteaux (§ 3i3). Ce n'est que vers la fin du poème, dans la partie qui est l'œuvre propre du renouveleur, qu'on voit les milices communales jouer UD rôle, et nous avons vu plus haut (p. lxx) qu'elles n'inspiraient pas une confiance illimitée.

C'est aussi dans la dernière partie du poème que nous trouvons l'esquisse d'un plan destiné à assurer le service militaire, et qui comporte l'obligation pour les seigneurs terriens d'entretenir perpétuellement des chevaliers toujours prêts à marcher. 11 est spécifié que ces chevaliers devront être amenés à la montre, c'est-à-dire passes en revue à certaines époques. Le roi s'engage du reste à contribuer, selob qu'il sera besoin, à l'entretien de ces troupes (§§ 638-g). Je doute que l'auteur du poème primitif eut conçu une pareille idée. Ce plan, si on considère le contexte, a pour but principal d'assurer la subsistance des chevaliers dépourvus de terres, qui déjà se récriaient à l'idée d'une paix qui allait leur enlever leurs moyens d'existence (voy. § ôSy). Mais il était sans doute aussi destiné à remédier à la lenteur et à l'incertitude des convocations. Toutefois ce dernier inconvénient ne se manifeste pas plus dans notre chanson de geste qae dans les autres. L'appel des hommes et leur concentration s'opère avec une rapidité qui ne tient aucun compte des distances. Ainsi, au g 3ig, Girart envoie des messagers à ses vassaux ou alliés de Narbonne, de Carcassonne, de Barcelonne même, et, en-moins de huit jours, i! le^ a réunis auprès de lui (g 319). Convenons ici que l'auteur, que ce soit le premier ou le second, ne respecte guère la vraisemblance -

La arts. Décoration des édifices ; costume ; armes. — Les notions que nous fournissent sur lesarts au moyen

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LXXVIll INTRODUCTION

âge les textes en langue vulgaire ont sur celles qu'on peut tirer des textes latins un avantage considérable : c'est de donner à chaque objet son véritable nom, tandis que les documents latins nous offrent ou des formes vulgaires latinisées, ou, ce qui est pis, des equivalents plus ou moins vagues. Girart de RoussUlon est, parmi nos anciens poèmes, l'un de ceux oii l'archéologue fera la plus riche moisson. Malheureusement, plusieurs des termes techT niques dont le poète a fait usage sont, dans l'état actuel de nos connaissances linguistiques et archéologiques, fort difûciles à entendre.

Je n'ai tien noté concernant l'architecture proprement dite qui fût suffisamment précis pour mériter d'être relevé, mais, en ce qui concerne la décoration, soit extérieure^ soit intérieure, des édifices, il y a quelques traits à signaler.

Au § 1 38, nous trouvons une curieuse description de la partie extérieure du palais du roi à Orléans. Au-de* vant de ce palais, il y avait une cour ou une terrasse (un plan dans te texte] close de murs. Dans cette cour étaient placés des perrons cimentés. Par cette expression, je crois qu'il faut entendre des bancs de pierre ou de marbre sur lesquels on s'asseyait (§§ 1 14, 1 17^ 240-1), ou dont on s'aidait pour monter à cheval (§§ 464, 5^)4) et pour en descendre (§ 585) '. Les perrons du palais royal d'Orléans étaient ornés d'une décoration représentant des animaux. C'est du moins ainsi que j'entends Vart de bestiare {obra bestiaria dans le ms. de Paris) du texte. Je ne sais s'il existe encore en France des

i.Cf, Renaut de Mantauban, éd. Mkhe]anl,78, 14-S t Karlts viit i Pirli, ki le poil et ferrant,

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