‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 43 sur 406 · ÉTAT DES PERSONNES ET CIVILISATION LXXIX · texte numérisé non relu

ÉTAT DES PERSONNES ET CIVILISATION LXXIX

Spécimens de ce genre de décoration ', mais, en Italie, on le trouve fréquemment appliqué au dallage du sol. 1^ pavement de San Miniato , (Florence) peut ser^ VÎT d'exemple. Ce qu'il y a ici de remarquable, c'est que la décoration était en mosaïque et qu'il y entrait de l'or. Le pavement de la cour était de marbre. Au centre était planté un pin*. Une fontaine,)aillissant de la bouche d'un cerf d'or, répandait la fraîcheur. — Au-devant du château de Roussillon, il y avait aussi un perron qui devait être de grande dimension, puisqu'il servait de piédestal à un taureau d'airain fondu, probablement une œuvre antique (§ 585). La cour intérieure de ce château est décrite au § 48. Malgré l'obscurité de quelques termes, on voit qu'elle était ornée d'une galerie dont les piliers et les arcs doubleaux ' étaient incrustés de pierres précieuses. Les voiîtes étaient de laiton pur. Cette galerie n'était donc pas voûtée en pierre.

Dans le château même se trouvait une tour construite en « pierre alamandine », ce qui paraît désigner une sorte de marbre. Cette tour était munie d'un porche fait par les Sarrazins, c'est-â-dire par les Romains.

L'intérieur des chambres est décoré de mosaïques

I. Viollet Le Duc, Did. d'archil. franc., y i,a\i root HOSÀliioe, ne tignile que <la raraa specimeos, provenant de Saint-Deais et de Saiot- Btrtîo.

1. Au moyen Age il y a presque toujours un pin su milieu des cours, ou des jardins (ver^'crs). Ainsi dans Rolant Charlemagne se lient KVtc ses barons en un ■ vergier ■>; il eat assis sur un Tauteuil d'or à l'ombre d'un {nn (vv. 114-5). Il n'y a là rien de paniculitremenl germanique quoi qu'en ait dit l'auteur d'une dissertation pleine d'idées tkusKS sur la caractéristique des personnes dans la chanson de Robot, qui a ^(é publiée il y a peu d'années en Allemagne.

3. Cell ainsi que j'ai traduit, mais il y a dans les mss: eebro ou cabroi chevrons. Ce sont peut-Ëtre des linteaux en bois.

z.sdvGooqIc'

LXXX INTRODUCTION

(§§ io3, 2 1 8), OU peint d'azur et d'or (§ 585). Des métaux précieux étaient appliqués sur les murs (g 2 1 8) , La chambre de Girart, à Avignon, est peinte « a lioine h ; ce qui rappelle ^art de bestiare dont nous avons parié plus haut; j'entends que des lions étaient figurés sur les murs. Dans cette même chambre, les piliers et les Colonnes étaient de liais, et les chapiteaux de rouge sardoine (S 73). Les salles, beaucoup plus vastes que tes chambres ', ne recevaient point ordinairement ' une aussi riche décoration : on y suppléait par des tentures (SS i, ii3, p i6). Les pièces intérieures sont, selon un usage attesté par de nombreux témoignages, jonchées de fleurs (§ i), mais, à Constantinople, -des étofTes neuves de soie sont étendues sur le sol (§ i5),et la chambre de l'empereur est jonchée, non pas de fleurs, mais de fourrures ' {§ 20).

Au moyen âge, l'ameublement est des plus élémentaires. Il est question, au § 546, de fauteuils d'or massif destinés au roi et à la reine, et, au § 74, de rideaux de fenêtres.

Le costume, tant civil que militaire , est, dans Girart de Roussilîon, l'objet de descriptions à la fois précises et détaillées. Les chevaliers qui accompagnent Fouque en ambassade partent revêtus du costume civil * : ils ont

I . Voy , sur le sens précis de ces deuï mois, p. ïoi, noie i . 1.. 11 faui excepter la galle du paUii de Fouque, à Rouuillon, qui Était peinte en mosaïque jusqu'aux votltes {% io3).

3, J'ai traduit a de pierres précieuse» n le texte portant de vaïrei géminés ou gemmes; mais si gemmes semble bien lire le laiin gemma, l'épithËic vairesne s'explique guère. La suite montre qu'il doit s'agir de fourrures.

4, 11 y a, i cet endroit du poème, une contradiction. Au i loi, les chevaliers choisis par fouque pour l'accompagner reçoivent l'ordre de porter le haubert et le heaume, tandis qu'au $ [04 nous les voyons

Page 1