I. — L HISTOIRE. — LE COMTE GIBAUT V
son frère LothaJre II ' et de son oncle Charles le Chauve *. Il est permis de supposer, bien que les chroniques n*en disent rien, qu'en ces occasions le roi trouva en Girart un défenseur énergique, comme aussi, lorsque les rives du Rhône jusqu'à .Valence furent ravagées par les pirates normands '. Charles étant ' décédé sans postérité en 863, ses frères Louis II, empereur d'Occident, et Lothaire II, roi de Lorraine, se partagèrent ses états. Lothaire eut pour sa part le Lyonnais, le Viennais, le Vivarais, que Girart continua à administrer au nom de son nouveau seigneur. Lorsque Lothaire mourut, en ' 869, l'empereur Louis, / son frère survivant, se crut en droit de recueillir son héritage ; mais ses deux oncles, Louis le Germanique et Charles le Chauve, s'unirent pour l'en empêcher. Ils se partagèrent l'héritage : Charles prit les provinces du midi et de l'ouest, Louis s'adjïigea les provinces voisines du Rhin. Mais Charles rencontra de l'opposition de la part de Girart, « soit, » dit M. Longnon, s que celui-ci € vojilùt conserver ces pays à l'héritier légitime de Lo- « thaire II, c'est-â-dire à l'empereur Louis, soir qu'il € pensât se rendre indépendant dans les contrées qui, u depuis quinze ans au moins, reconnaissaient son auton rite*. " M. Longnon incline vers la seconde hypothèse et pense que Girart visait à se rendre totalement indépendant. Cela n'a rien que de très vraisemblable. Toutefois la résistance ne fut pas de longue durée, et, quelle qu'elle ait été, Girart n'en eut pas le mérite. Charles le
I. Annales de SainlSertin, à l'année 856. A. /»ji., à l'année 86i.
î. liid.. annéei 85q et 86(.; ef. Vaisacie, 1, 56i. 4. Revue historique, l. !.. 161.
VI INTRODUCTION
Chauve vint assiéger la cité de Vienne ' : Girart n'y était pas, et la défense paraît avoir été dirigée par sa femme. Bene. Celle-ci toutefois reconnut qu'elle avait peu d'espoir de garder une ville dans laquelle l'ennemi avait su se ménager des intelligences. Aussi fît-elle mander son mari, qui vint rendre ta place à Charles. Ensuite, avec la permission du vainqueur, il s'embarqua sur le Rhône, emmenant avec lui sa femme et ses biens meubles*. Le lieu où il se retira n'est pas déterminé, nous pouvous supposer, avec M. Longnon *, que ce fut Avignon, où on sait d'ailleurs qu'il mourut quelques années après sa retraite *.
Voilà tout ce que l'histoire nous apprend de la vie politique du comte Girart. Nous allons maintenant aborder une autre série de faits qui appartiennent à la vie privée plutôt qu'à là vie politique du comte Girart.
Tous les érudits qui se sont occupés de notre personnage, soit au point de vue de l'histoire, soit au point de
t. a... Viennam. in qua Beria uxor Gerardi erat, obsesaurus quqniou dus adiît, nam Gerardus in altera morabatur cattello; in qua ob-
< sidione circumjacent es regiones nimis fuere vasiatœ. Karotus autem u ingeniose inler eos qui ill Vienna eranl, illam cuslodienles, diss«nci lîonem mittens, magnam partem corum sibi conciliavic; quad sen- « tiens Berta, post Gererdum direxit, qui veniena Karolo civitatem deu dit, in qua idem tei, vigilia nalivitalii Domini intrans, nativitatem
< Domini celcbruvit. » Annales de Sainl-Berlin, à l'année 870, éd. de la Soc. de l'Hist. de Fr., pp. 219-20.