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CHAPITRE VII

LES ROMANS EN VERS ET EN PROSE DE GIRART IDE ROUSSILLON AUX XIV» ET XV* SIÈCLES

Girart de Roussillon était un héros bourguignon. Il possédait la Bourgogne; il portait le titre de duc. Des écrirains désireux de gagner la faveur des ducs de Bourgogne comprirent qu^il y avait là une matière à Mploiier. Au xiv" siècle, on reprit l'histoire du vieux héros épique et on la rédigea en alexandrins français pour le iduc de Bourgogne, Eudes IV, et pour sa sœur, Jeanne de Bourgogne, Au xv siècle, on la rédigea deux fois en prose, d'après des sources différentes, pour le duc de Bourgogne Philippe le Bon. Nous allons passer en revue ces diverses compositions.

prow. Il en rappone aussi une auire version, tirfe de la Bihliothique kittoriàle de Nicolas Vigoier (Paris, 1587, fol). U, 477 :

Viguier connaissait des romans lur Qirart de Roussillon. car, apris aïoir parlé de la courte lutte du comte Girart contre Charles le Chauve, en 870 (cf. ci-deuus, pp. v, vi), il ajoute (l. t.) : ■ Quant au comte > Girard... il semble que c'est luj qu'on dit avoir esté surnommé de

■ Roussillon, duquel les Romains {Us. Romans) racontent tant de fa>

■ blea et de mensonges. * — Paradia {Annalts de Bourgongne, Ljon, i566, p. 94) fait auasi allusion à un roman de Girart de Rouuilloa.

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CXXIV INTRODUCTION

% t. Le roman en alexandrins de Girart de Roussilhn Ce roman, dont on possède plusieurs manuscrits ■, et

1. Ces mu. n'ajrantéti indiqués qu'incomplttemeni ei d'une Nçon confuse dans la préface de l'édiiion, je crois devoir en donner, ici la

Bruxelles, BIbl. roy. de Belgique, 1 1181 ; XV* s.; papier; i)3 ff. à 3o vers par page- Ce ms. » fait partie de la librairie de Philippele Bon, duc de Bourgogne.' Il est ainsi décrit dans l'inventaire de 1467 (Barrois, Bibliothèque protypographiqite, n' 144.6) : c Ung livre couvert de cuir blanc, en papier, intitulé au dehors : Cm/ le livre Gerard de Roucillon, duc de Bourgogne, en lyme, comeDcbant ou second feuillet Cilf quy n'a que doner, et au dernier ne le corpt. u Cf. l'inventaire de 1487 Barrois n^ 3167, et l'inventaire fait par ordre de Philippe II, en i568, Bibl. nat. Cinq cents de Colbert, n' i3o, fol. m v>.

Montpellier. Bibl. de la Faculté de médecine, 349. Parchemin, fin du XIV* siècle. io3 feuilleta. Ce ms., qui provient de la cathédrale de Sens, me paraît Être le plus ancien et le meilleur de cous. 11 est malheureusement fort incomplet, ayant perdu, ci et là. plusieurs feuillets qui ont été réublis d'après le ms. de Paris, sous la direction de Sainte- Palaye.

Mfme bibliothèque, 144, anciennement Bouhier D i3, parchemin et papier ; IV* siècle ; 116 feuillets.

Paris, fr. i&io3 (anc. ib^ * du supplément fiunçais), copie eiécutée à ChSti lion -sur-Seine, par Eude Saveiterot, prêtre, et datée du 9 janvier 1416 (A. S.) ; papier, 143 feuillets dont i3S occupés par le poème. A fait partie de la librairie des ducs de Bourgogne. Inventaire de 1467 (Barrois, Bibl. prolypogr.. n* 144g) : u Ung autre livre petit, couvert ■ de cuir blanc, intitulé lu dehors Cesl le romant de Gerart de Rous cillon ducq de Bourgogne, començant au second feuillet Nuif ne a luy doit totlir, et au dernier ou lieu ou je.* Cf. d'autres mentions du mime ms. dans les inventaires de 1487, Barrois n* 1168, et de i^68> Bibl. nat.. Cinq cents de Colbert n° i3o, fol. 106.

lly a 1 la.bibliottièque de Troyes, sous le n' 741 une co{ne (anc. Bouhier 14) du ms. 344 de Montpellier. De cette copie est dérivée une autre copie, faite par Barbazan, sur laquelle Sainte-Palaye a ajouté les principales variantes du ms. de Montpellier 349, qui était alors à

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vil. — LE. ROMAN EN ALEXANDRINS CXXV

une .fort mauvaise édition % est adressé à Jeanne de Bourgogne >< femme le roi des Frans >(, à Eludes, comte de Bourgogne et d'Artois, sire de Salins, et à Robert de Bourgogne, comte de Tonnerre '. Plusieurs érudits et, avec eux, l'éditeur du poème, ont cru que Jeanne de Bourgogne était la femme de .Philippe le Long, laquelle mourut en i33o. Voulant préciser davantage, le3 mêmes érudits, se copiant les uns les autres sans se livrer à aucune vérification, ont supposé que le poème datait de i3i6 \ Littré, rendant compte de l'édition dans Je Journal des savants', s' a-ptrcat que cette date était inadmissible, car, Eudes n'ayant eu . le titre de c<Hnte d'Artois qu'à la mort de sa bellermère, Jeanne de Bourgogne, femme de Philippe le Long, il .serait inexplicable que l'auteur eût présenté celle-ci comme vivante au temps où Eudes était comte d'Artois. M. Delisle ' a trouvé la solution du petit problème .que Littré avait posé sans le résoudre : Jeanne de Bourgogne n'est '

Sens. C'Mt leii--33t2<an>:. B. L. Fr. 1S4) de l'Ârunal. - U ras. de BruielleE est connu par les morceaux étendus que Mone en a publiés dtatl'Anjeiger/. Kunded, deutxchtn Miltelalters, i835,col. io8-3aa. — Enfin, le m», de Pari» a servi de base à Tedltion d'«prèi indiquée.

1 . Le roman en vers de très excellent, puissant et noble homme Girart de Roussillon, jadis duc de Bourgogne, publié pour la première fois d'après les manuscrits de Paris, de Sent et de Troyes... par Michabd. Paris et Dijon, i3i8. In 8", iLViii-458 F«ges- — M. Mignard, n'ajtnt pas eu l'idée de comparer le poème qu'il a édité avec ses sources, a laissé à faire tout le travail critique sans lequel cet ouvrage ne p«ut être placé i son rang dans la série des compositions relatives à ûirarl de ttoussillon.

î. Edition, pp. 14 et ib.

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