IbiJ., préface, p. x
4. :H6o, p. 378: ou dtneVHistoire de la langue /raneaùe du même, 11, 404.
?. Le Cabinet des manuscrits, I, i5, no|e i.
CXXVI INTRODUCTION
pas ici la femme de Philippe le Long, mais soo ho^ ■ . monyme, la femme de Phili[^ de Valois. La date de l'ouvrage doit être resserrée entre l'année 1 33o, où Eu> des IV devint comte de Bourgogne et d'Artois, et l'année 1 334, où mourut Robert, comte de Tonnerre. Jeanne, Eudes et Robert étaient frères et sœur.
L'auteur ne s'est point nommé, et on ne possède jusqu'à présent aucun moyen de découvrir son nom. Ce qu'on peut assurer, c'est qu'il était boui^ignon. L'appel qu'il adresse aux personnages boui^uignons mentîon<- .nés ci-dessus, la connaissance qu'il déploie de la géographie de la Bourgogne, l'introduction dans son récit de mMnbreux personnages du même pays, l'usage fréquent chez lui d'invoquer des saints bourguignons ', enfin certaines particularités de son langage, portent témoignage de son origine. C'était, quoi qu'ait pu dire son éditeur, un versiâcateur médiocre, dépourvu k la fois d'originalité et de sentiment poétique. Chez lui, l'érudition tient lieu d'imagination. Il s'applique à suivre ses autorités, que nous déterminerons tout à l'heure, et confesse avec modestie, que le voulût-il, il ne saurait s'en départir 1 pour sa très grant rudesse >> (p. i5i). Il avait certainement beaucoup de lecture pour un homme de son temps. C'est en toute sincérité qu'il a pu dire :
J'ni l«ti «□ mains livres, en romant, en laiin, Mains jours y ai musé le soir et le matin; J'ai leU les croniques de Challe,' de Rolant, De Ferragu le dur ', d'Iamont et d'Agolant ',
I . a Sainl Anibonc, le saim aui Bourguoignont ■, p. 3j ; n Saint Gengou ■, p. 36, etc.
1. Il fait sans doute ici allusion à la chronique de Turpin. 3. C'est la clianson d'Aspremoni.
vu. — LE ROMAN EN ALEXANDRINS CXXVH
Et de Saase le fort ■ et du bon Laitcetotj Dc'Tristan, de Gavain et dès le temps de Lot.,.. (Edition, pp. igo-i.)
Outre les romans ici énumérés, il cite le Rehouart au duel des chansons de Guillaume d'Orange (pp. 65, 20 1 ) Perceval (pp. 67, 71, 149, i63), la guerre de Troie (pp. 75, i65), la partie du roman d'Alexandre connue sous le nom de Fuerre de Cadres *(p. 210). Il n'était pas moins familier avec la littérature des clercs qu'avec les romans. Il cite le Pseudo-Gaton, l'auteur des célèbres distiques (p. b8), la vie de saint Paul l'ermite (p. 102). Il connaissait Vincent de Beauvais, car il se plaît à introduire dans sa narration des exemples moraux qui tous sont tirés du Speculum historialeet du Speculum doctrinale de cet auteur ^. Il avait lu des chroniques (les chroniques de Saint-Denis peut-être) qu'il appelle a chroniques des cois» (pp. 11, 188).
Tout cela n'est qu'accessoire : ce qui nous importe surtout ici, c'est de déterminer les éléments à l'aide desquels l'auteur a raconté la vie de Girart de Roussillon. Ces éléments sont au nombre de deux : la vie latine et la chanson renouvelée. Là où ces deux documents sont en contradiction, il suit de préférence le latin, et, en histprien consciencieux, il indique la divergence.
I. Le Samtoa deU Bible, appela sou veut en ancien françaiis a SaiiBon fortin >; cf. Hist. lilt. XX11, 3i5.
3. Il j «, tlans les mss-, 'soit " le feivrc de gordres ■, loit c le feivn de gucsJrea », soit encore « le faire des Gaules d. Icfons qui ont unguliferemeM embarrassé le pauvre éditeur, comme le montre sa aote sur ce pasMge. La rcs I i lu li o n /ufrre de Gadres esi incontestable.
3. C'est ce qu'a montré M. Kcehler dans an article du Jahriiich/ur romauische u. eHgUKke Literalur, i> série. Il, i'3i.
CXXVIII IMTBOOUCTION
C'est ainsi qu'il adopte, d'apris la vie latine, Qiarles le Chauve, contre Charles Martel de la chanson :
Cilz Charles fut nommés, saichés, Charles H Chauves... La cronique en latin ainssin me le reconte; Cils qui fisi le romant en fait ung autre conte Et dist Charles Martiaux
Puis, ayant rappelé, pour justifier l'opinion à laquelle il se range, la succession généalogique de Charles Martel, Pépin, Charlemagne, Louis le Débonnaire et Charles le Chauve, il continue, ainsi, en en marquant de plus en plus sa défiance pour « le romant » :
Encore dit moult chouses qu'il baille pour notoires. Que, selonc le latin, je ne trove pas voires. Et, pour ce, au latin me vuil du toutaordre; Quar en pluse'urs mostiers le lisent la gent d'ordre. Cil qui ne m'en croira a Poutieres s'en voise, A Vezelay aussi : si saura si l'on boise ; Quar on lit au maingier, c'est chose toute certe. Ainssi comme de sains les fais Girart et Berte.
(Pp. 6-7.1
Ces derniers vers sont intéressants en ce qu'ils nous montrent qu'encore au xiv' siècle la vie latine de Girart de Roussiilon, véritable composition hagiographique, était lue à Pothières pendant les repas, comme un texte édifiant. On en peut conclure aussi que notre romancier était allé se renseigner dans celte abbaye; ce qui, du reste, se déduit d'autres passages -encore plus décisif. Ainsi, p. 1 5, l'auteur reproduit en huit vers une épitaphe qui, dit-il, se lisait (sans doute en latin) sur la tombe de