‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 80 sur 406 · VII. — LE ROMAN EH ALEXANDRINS CXXIX · texte numérisé non relu

VII. — LE ROMAN EH ALEXANDRINS CXXIX

Girart'.nLachronique en latin» (p. 14), le latin (p. i5i}, ■ mon livre en latin > (p. 262), « mon livre » (pp. 266-7), " Di^o" auteur » (p. 270} , sont autant d'expressions par lesquelles il faut entendre la vie latine.

Mais, si, pour la trame du récit, l'auteur suit assez généralement la vie latine, pour le développement des faits, il puise largement dans la chanson. C'est ce que montrera clairement une rapide analyse.

Il y a dans le roman de Girart de Roussillon trois guerres successives, comme dans la vie latine et comme dans la chanson. Mais sur un point l'auteur s'est écarté de la vie latine. Il intervertit l'ordre des deux dernières guerres résumées par celle-ci, racontant en second lieu la lutte qui se termine à Vaubeton, et en troisième celle où on voit Charles poursuivi par Giran jusque sous les murs de Paris. Après d'assez longs préliminaires, l'auteur, entrant enfin en matière, parle de la fondation de Pothières où Girart est enseveli,' de « Laussois >, mont sur lequel était bâti le château de Roussillon, du siège mis devant ce château par les Wandres, du stratagème par lequel ceux-ci furent amenés à se retirer, puis de leur retour olïênsif, de la prise et de la mise à sac du château, de sa reconstruction et de l'étymologie des noms de Roussillon et de Pothières (pp. 16-27). Tout cela est pris, souvent même traduit fort exactement, de la vie latine, §§ 102-124. Les

l. Celte fpitaphe ne Kmble pas avoir laissé de traces ailleurs que dans notre rumsti. Au commencement du iviii* siècle, les deux reli- ' pca-L de Saint-Mauc «uleurs du Voyage Htléraire (Paris, 1717, 4') n'ont trouvé à Pothières. sur les lambeaux de Giiait ei de licrie. que dcB inscription* asseï modeines, dont ils ont rapporté le texte (1, lo^l.

CXXX INTRODUCTION

modiâcations et les additions sont rares et sans importance '.

Le double mariage de Charles et de Girart [p. 29] est conté d'après la vie latine, S 7 - De même aussi la cause de la guerre, qui éclate à la suite d'une querelle sur la succession des parentsdes deux épouses, Charles et Girart réclamant l'héritage, le premier en sa qualité de roi, le second parce qu'il avait épousé l'aînée des deux filles (roman, pp. 3o-33; vie, S 9); mais ici te romancier développe assez longuement les données très concisesdu latin. Incidemment il nous entretient de la guerre qui, au temps de Charlemagne, avait eu lieu entre Thlerri d'Ardene [le Thierri d'Ascane de la chanson) et Droon, le père de Girart (p. 33). Cette notion est tirée de la chanson, .^ 112, mais développée. Le discours pacifique de ■Thierri (pp. 35-7) ^st conforme au caractère sage et prudent que la chanson attribue à ce personnage. Mais, à partir de ce point, le roman commence un récit qui lui paraît propre, ou ' du moins dont je ne trouve trace ni dans la vie latine ni dans la chanson. Le roi envoie dans les terres de Girart un messager. Gui de Montmorenci, qui a pour mission de détacher les hommes de Girart du parti de leur seigneur. 11 réussit en n'épargnant pas les promesses ni les dons. Girart, qui était à Toulouse (p. 54), ne tarde pas à apprendre que le roi a occupé le comté de Sens, Roussillon, et une grande partie de sa terre. Bene cependant l'engage, en un long et fasti-

n ont esté fail bel mirack.

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dieux discours (pp. 57-8), à user de modération et à envoyer au roi un messager chargé de propositions de paix. Girart, après avoir consulté ses barons, députe au roi son neveu Fouque (p. 63), qui reçoit le plus mauvais accueil, n y a- là certainement une imitation lointaine de la chanson, §§ 100 et suivants. L'imitation est plus sensible dans le passage (pp. 68-g) où le roi fait l'çloge de Fouque qui vient de s'éloigner, non sans danger, de sa cour; cf. la chanson, § 32 1 K La guerre continue, mais Girart ne trouve oij se réfugier, car le roi lui a enlevé tous seschâteaux (p. 72-, cf. la chanson, § 404). Il s'arrête un instant à Gaillardon, puis en un lieu où il construit un château qu^il appelle PoIigDÎ (p. 7?), tandis que Charles construit, sur une hauteur voisine Château- Challon. Ce sont là des inventions bourguignonnes dont il n'y a trace ni dans la vie latine ni dans la chanson*. Gi-

1. .Voici, par exemple, des vers qui sont presque rraduils de la chdoton :

tl e«l atigtt, coBTlott, biaux parliere, debonair», Hambln, donli ei ptteni, sct;urs ta toas tSaises, Il lime uinlc Eglise. Dieu aert, povres gens garde...

Bien sai qu'il e>t dolant de ce qu'avons a d'in

'.i. ces vers de la chanson :

Ani es prai e corlea e alTaitaCi.

E fransedebonaire. ben cuparliz...

Darsnienl anu Deu e i'riniUi..,

E laichaz d'ialc gueire inoui li despJii. E l'en csdb Girarl sourcDt metcUz...

Meli vougre estte Foique si enteichai, Qe de otie teiaumes sires clamaz.

, Nous les «TODs déjà rencoDirée* dans dn chroniques d'une date

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