‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 89 sur 406 · Il y a wateeq dans le ms. fr. Ait · texte numérisé non relu

Il y a wateeq dans le ms. fr. Ait

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vu. — JEAN WAUQUELIN CXLV

« terres et pays et qui le deshonora : saulve. la grace de « l'acteur, il me semble que ainsi faire ne se povoit, car « onques Charles Martiaul ne fut roy de France, mais « seulement regent... car Tistoire dit ainsi : Claruit au- « tem idem preclarissimus vir, sicut utique historica « annalium cronicarum series liquide depallat... y Ce sont les termes de la vie latine, .^ 3, et ce n'est pas la seule fois que ce récit est cité textuellement '. Le roman contre lequel s'élève Wauquelin n'est autre que la chanson de geste du xii* siècle où, en effet, le roi de France qui est en lutte avec Gjrart porte le nom de Charles Martel. Mais le mérite de l'observation critique faite dans le passage qu'on vient de lire doit être rendu à son véritable auteur, et cet auteur n'est nullement Wauquelin, c'est l'auteur anonyme qui composa entre i33oet i334, comme il a été dit plus haut, le roman de Girart de Roussillon. Wauquelin a eu visiblement sous les yeux ces vers (p. 6 de l'édition de M. Mignard) que nous avons déjà cités ci-dessus, p. cxxviii :

Cilz Charles fut noniaiés, saichés, Charles li Cbauves... La cronique ea latin ainssin me le recoate; • Citz qui fist le romant en fait ung autre conte Et dist Charles Martiaux...

Et plus loin Wauquelin dit encore : « Encoires dit le- « dit roman moult d'autres choses que il baille et meet « pour notoires et vrayes, lesquelles, selon le latin , je « ne treuve point estre certaines. Et pour ce au « latin je me vueil du tout adherer', car, ainsi que je

1. llcK âifde U même manière ailleurs encore, ainsi cti. cvi(cf. la . vie. ! 144), «xvin (cf. la vie, j lig), cLi(<f. U vie.î 69).

2, Il y a aherdre, qui vaut mieux, dans le ras. 8î2.

CXLVI INTRODUCTION

« cuide, en pluseurs religions et ordres, et par especial « a Pouthieres et a Vezelay, qui aUr y vouldra, on trou- K vera que pour certain, ainsi que on lit et recorde la « vie .des anciens pères, on lit et recorde de jour en « jour les vies et fais de monseigneur Gerard et de « madame Berte sa femme '. ■ (Édit. p. 28; ms. 852, fol. II \°). Wauqueiin ae fait ici que traduire, sans le dire, les vers du poème du xiv* siècle (Mignard, pp. 6-7) qu'on a lus ci-dessus, p. cxxviii.

Notre auteur aurait cru faire tort à son œuvre en avouant qu'il l'avait tirée d'un roman en vers. Aussi n'hésite-t-il pas à invoquer ■ la chronique », alors qu'il ne fait autre chose que de paraphraser en prose les.vers du xiv° siècle. Ainsi, dans ce portrait de Girart (ch. m) : « Et dit la croniqm que il estoit si fort et si puissant K que par sa pure force ilestendoit etouvroit a ses mains « quatre fers de cheval. Et que plus est, encore dit que, « quant il estoit armé en bataille contre aucuns de ses « anemis, il confundoit et abatoit d'ung coup par terre « cheval et chevalier ; ne n'estoit homme nul si fort a son « temps comme il estoit. Tousjours se tenoit en robes et « en atours moult noblement. Une arbelestre a tour a ses ■ mains tendoit... n (édit., pp. 3o-3i); la « chronique » c'est le roman du xiv' siècle (éd. Mignard, pp. i3-4j :

Quatre f«rs de cheval a ses mains estandoit, Cheval et chevalier tout armez pourfandoil. Noblement se tenoit en robes, en atour, F.i tendoil a ses mains une arbalète a tour'.

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