‹ Girofle, girofla drame en cinq actesChapitre 51 sur 72 · SCÈNE II VALENTINE, seule · texte numérisé non relu

SCÈNE II VALENTINE, seule

Pauvre Noël, est-il heureux d’avoir trouvé ce prétexte ! Il s’ennuie et il le cache, parce qu’il a le cœur noble, et que si j’ai brisé sa vie, loi aussi a brisé la mienne. Oh! quel avenir ! folles que nous sommes ! on a été mariée toute jeune à un honnête homme, qui nous a fait du mariage une vie calme et froide, mais pure et honorée. Un jour, de notre entourage se détache une de ces têtes ardentes qui font vibrer en nos âmes les cordes restées muettes de la passion , on se bâtit un roman magnifique ; l’amour ineffable, éternel, tenant lieu de tout, méprisant tout ce qui n’est pas lui, famille, honneur, vertu vulgaire. Oh ! qu’il est beau de loin, cet amour qui nous attire affolées par ses douces chansons, qui ne se montre à nous que souriant, gracieux et parél De loin, qu’il est beau, et de près!... Avoir rêvé le ciel et tomber dans un enfer, où de rares joies sont semées, afin de nous rendre les douleurs plus sensibles! Être abandonnée et reniée par tous : épouse, par son époux ; femme du monde, par le monde entier; mère, par son enfant, et enfin. . . Oh! que sera • l’avenir, si le présent est aussi désolé?... Georgette, c’est toi; comment va Louise?...

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