VI LETTRE A M. HUGUES LE ROUX
santés de la galanterie et cependant romanesque à sa manière, médiocre d'idées, d'ambitions, et pourtant supérieur par la connaissance des dessous vrais de la vie, par sa maîtrise de soi et par son adresse à mener les autres, actif et frivole, courageux, sensible et usant ses jours à ce stérile jeu des amours sans amour (de toutes les usures la plus misérable), — oui, derrière le masque de ce roué à la mode nouvelle, ce n'est pas un nom que je mettrais, si je vous tenais, là, à causer de votre livre, c'est dix et c'est vingt, tant l'individu ramasse et représente en lui de traits et de caractères d'aujourd'hui. Et il vous a suffi pour le montrer dans son fond de l'antique procédé dont madame de La Fayette, l'abbé Prévost, Laclos, Constant, Fromentin ont donné d'excellents exemplaires. Il est si naturel à notre race, ce roman d'analyse. Notre intelligence latine qui veut avant tout y voir juste el clair, trouve en lui un si instinctif emploi de ses facultés, notre langue, à la fois abstraite et nuancée, s'y adapte avec tanl d'aisance spontanée, qu'il n'a pas ce