LETTRE A M. HUGUES LE ROUX XI
de cœur, de vraies fièvres, et, demain peutêtre, du vrai sang. Que s'est-il donc passé? Encore un imprudent, qui, une fois de plus, comme le Perdican du plus adorable des contes, a voulu badiner avec l'amour et qui, soudain, comme le dit votre Hubert, éprouve : « qu'un silence, presque religieux, se fait en lui devant l'Inconnu. » Religieux? Non. Mais épouvanté.
Ce drame toujours douloureux, même dans sa joie, tant elle est poignante, d'un cœur qui découvre en lui l'invasion de la maladie saine, vous en avez détaillé les scènes avec la plus jolie grâce d'esprit et de « dandysme ». Je vous demande pardon pour ce mot démodé et que je prends dans le sens imaginé par mon vieil ami Barbey d'Aurevilly, lequel, entre parenthèse, eût raffolé de Gladys, lui, l'auteur de Y Amour impossible, une autre tragédie de salon, et l'histoire, aussi, mais dénouée autrement, de deux cœurs qui se croient maîtres de gouverner leurs émotions, et qui arrivent par l'abus de la pensée à l'impuissance de sentir. C'est ce ton de légèreté souriante