OBSERVATION V
Mme F. A. 19 ans. Hipothyroïdie et scoliose dorsolombaire gauche.
Antécédents héréditaires. — - Mère scoliotique; un frère bien portant. i
Antécédents personnels. — A 7 ans, une péritonite dont l'enfant ne s’est remise que difficilement après un an de convalescence. A 11 ans, rougeole dont l’évolution est normale, Réglée pour : la première fois à 15 ans, très normalement ensuite,
Histoire dela maladie et état actuel. — La famille s’est aperçue de la déviation, seulement quand l’enfant eut 16 ans. On la soigne à Limoges par le massage et quelques exercices simples d’orthopédie, sans résultats d’ailleurs.
En octobre 1910, on la conduit à Bordeaux, au docteur Gourdon. Il s’agit d'une jeune fille grande, bien constituée au premier abord. À l’examen, on constate que la peau est épaissie, lardacée au nivéau des bras, de l’abdomen et des fesses. La malade est très frileuse, a du refroidissement des extrémités. Elle perd beaucoup de cheveux, est sujette aux migraines. Elle se fatigue très vite, est apathique. La colonne vertébrale est affaissée sur elle-même et le tronc déjeté à gauche; on constate une scoliose dorso-lombaire gauche du deuxième degré. Le docteur Gourdon institue immédiatement le traitement orthopédique.
Le 6 février 1911, les résultats de ce traitement n'étant pas très satisfaisants, le docteur Gourdon prescrit le suc thyroïdien frais, pendant 10 jours, avee repos de 10 jours ; ce traitement sera continué pendant trois mois.
À ce moment, le poids et de 57 kilog. 430, la taille de 1 m. 615. Les téguments deviennent, au bout de quelques jours, plus souples, la malade se tient droite beaucoup plus facilement, les cheveux ne tombent plus. Après 10 jours de repos, pendant lesquels on continue lle traitement orthopédite, le traitement thyroïdien est repris. L'amélioration est cette fois encore plus notable et les progrès deviennent
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beaucoup plus rapides ; la jeune fille elle-même éprouve une sensation de bien-être et de force, inconnue d’elle avant le traitement.-Enfin, à la suite d’une troisième période de traitement thyroïdien, la malade est à peu près rétablie. Le poids-est de 57 kilog.. 250, la taille de 1 m. 62: ;la colonne vertébrale est très sensiblement redressée, ie téguments sont normaux. L'intelligence est plus’ vive: il y a une véritable transformation dans la tenue de la malade.
OBSERvVATION VI ET
Mlle E. L.., 12 ans et demi. Hypothyroïdie et affaissement du trone avec cypho-scoliose totale gauche.
Antécédents héréditaires. — Rien à signaler.
Antécédents personnels. — Elevée au sein jusqu’à trois mois; l'enfant n’augmentant pas normalement de poids, on la met au sein jusqu'à l’âge de un ans; elle reste maigre et chétive avec un état général tellement déplorable qu’elle est condamnée par son médecin. Une entérite se déclare que rien ne peut arrêter. On redouble de précautions dans la stérilisation du lait et on peut ainsi la nourrir jusqu’à 22 mois, au moment où elle est frappée de méningite céré- : bro-spinale. Après huit jours, l’enfant est hors de danger. Il lui est toujours resté, depuis cette époque, des poussées d'entérite très fréquentes, qui se maintiendront jusqu’à l’âge de 10 ans. A 3 ans, pneumonie double; à 3 ans et demi coqueluche qui évolue rapidement. Depuis 4 ans,, sauf l’entérite dont nous venons de parler, rien à signaler.
Histoire de la maladie et état actuel. — En 1911, l'enfant fait, à la campagne, un séjour de quatre mois, pendant lequel elle devient énorme. Le cou à presque disparu, les seins sont très gonflés, et la peau est dure et épaisse, on
dd ce ne peut la plisser. Le Visage et les paupières sont atteintes, ces dexnières particulièrement, de bouffissures. Un peu « d’eczéma se déclare au visage, les cheveux commencent à tomber et le cuir chevelu se couvre de pellicules. Le tronc est complètement affaissé, l'enfant se tient courbée en avant, la partie antéro-supérieure du thorax est rétrécie. L'état intellectuel est très mauvais, le sujet est apathique, .indolent. L'enfant ne finit Pas ses mots, n’a aucune mémoire. Cet état psychique se maintient Jusqu'à 1918, la fa. mille ne tentant rien dans l’espoir que la croissance de l’enfant fera tout disparaître.
Voyant que les progrès ne se montrent pas, on se décide alors à consulter un spécialiste et à voir le docteur Gourdon qui diagnostique : hypothyroïdie avec affaissement du tronc et cypho-scoliose totale gauche, On prescrit en même temps un traitement orthopédique et un traitement thyroïdien. Quelques semaines après, l’enfant se transforme complètement. L'intelligence s’éveille d’une façon extraordinaire, l’obésité disparaît peu.à peu, la somnolence n'existe plus, l'enfant joue, s’amuse avec ses Sœurs, s'intéresse à tout, et rattrape rapidement la classe des enfants de son âge. En
même temps, la peau est devenue souple, la taille a grandi. La déviation se corrige, et aujourd’hui elle n'existe plus. Le thorax est bien développé, n’a plus le moindre retrécissement.
Le traitement orthopédique a duré un an, le traitement thyroïdien a été prolongé un an de plus, et, actuellement, l’enfant est en si bon état que l’on suspend même tout trai-
. tement général. |
k OBSERYVATION VII
M. P. A. 16 ans. Hÿypothyroïdie et scoliose dorsale inférieure droite (deuxième degré) avec obésité. - F