BOUTHILLIER
Richelieu faisait accompagner la lettre royale de celle-ci :
€ Monsieur, le retour de monsieur de Courbons vers
< vous vous fera cognoistre si parfaitement la satisâaction « qu'a le Roy de la façon avec laquelle Vostre Excellence « s'est conduite en son endroit et le gré que Sa Majesté « vous en scait, qu'il ne me reste qu'à vous asseurer par « ces lignes que SaMajesté, affectionnant comme elle fait
< vostre personne et vostre maison, protégera toujours « Tune et l'autre, ainsy que vous le pouvez désirer. « Pour moy, Monsieur, je vous supplie de croire que je
< tiendray à faveur singulière de rencontrer les occasions
< de vous servir auprès du Roy, et que je n'en perdray « jamais aucune de vous faire cognoistre par effet la « sincérité avec laquelle je suis,
< Monsieur,
« Vostre très aflectionné serviteur,
« I,E Cardinal de Richelieu.
« De Lyon ce 24« de février 1642. » (2)
Le roi fait allusion à une prochaine entrevue avec Honoré II ; cette entrevue, dans laquelle le prince devait
(1) Original, archives du Palais de Monaco, B* 32.
(2) Ibidem. B* 33.
recevoir les insignes de Tordre du Saint-Esprit, était décidée dès le mois de décembre, et Honoré devait alors venir à Paris. Les événements polititiues et les yoyages de la cour modifièrent ces dispositions. Honoré II avait projeté de rejoindre la cuur au cours de son voyage, en accompajrnant le comte d'Alais jnsqu'à Lyon; une crise de goutte le fori^i à remettre son départ ; le gouverneur de Provence lui en avait dit ses regrets dans une lettre du 13 février.
Cette indi.sposition persista plusieurs semaines ; vers le milieu de mars, Honoré fat en état de partir, et, sur Favis qu'il en avait donné, il recevait du roi, déjà arrivé à Narbonne. la lettre suivante :
^ Mon cousin, j'ai reçu votre lettre du dixiôsme de ce « mois par le sieur de Boaulieu,i)ar laquelle j*ai esté très
< aise (l'a prendre le désir que vous avez de me venir ^ trouver ; e! j'ay bien voulu vous asseurer, par celle cy, « que vous serez le très bien venu, et que j'auray un
< contentement particulier de vous voir et de vous
< asseurer de mon affection, et de Testime que je faits de voslre personne. Pour cet effect, j'ordonne au bailly « de Korbius de faire radouber en toute dilligence la « gallaire que je vous ay donnée, et de vous la renvoyer « tout aussytost qu'elle sera en estât d'allor à la mer,
< pour servii' à vous porter à Marseille, lorsque vostre ^ santé vous le permettra, vous recommaiulant de ne la 4c point intéresser en vous hastant de faire ce voyage, et
< souhaitant que vous l'ayez parfaite. Je vous prie aussy * de ne point quitter votre place sans avoir si bien vt pourveu h la seureté d'icelle qu'il n'y ayt rien à vv craindre pendant vostre absence. Au surplus j'ai volon- € tiers donné audit deBeaulieula lieutenance du sieur de
< Bro9sardièresur vostre gallaire; el vous debvez faire
< oâlal qu'en louleâ occasions vous me Irouverez disposé c à recoiignoijtre l'adection (|uâ vous tesmoiguez au * bien et sdvnntage de mon service, priant Didii qu'il « vous ayl, mon cousin, en sa sainle et digue garde.
< Kscrit à Narbonne le xïyi« jour de mars 1G42.
< LOUIS
< SlnLET. »
Le voyage du prince devait subir le contre-coup des incidenls qui marquèrent cette dramalique expédition du Rotissilton par suite de la maladie de Richelieu qui le tint isolé pendant presque toule celle période, et de ceHo du roi.
L'éJat de Richelieu était devenu sérieux dès le commencoraeiit d'avril et le comte d'Alaîs en prévenait Honoré II pour lui conseiller de remettre son départ.
« Je suis obligé de faire entendre à Vosire Excel- « leuce », lui écrivait-il d',\ix le tl avril, < les mau- « vaisea nouvelles avec les bonnes. Nous avons eu Son « Kminence malade d'une aposlume au bras, aecom- « pagiiée de fièvre. Elle est, Dieu mercy, hors de danger; « mais comme son mal esL venu à suppuration, elle a « besoins de temps et de repos pour se remettre en son « premier eslat. Votre Excellence aura aggréable, pen- « dant cet inlervalle, de dilFérer son despart Jusque à ce « que jo luy face entendre le temps le plus comode et « pour la cour et pour elle. »
Ce fut le ^ avril seulement qu'Honoré II quitta Monaco et s'embarqua pour Marseille arec le marquis de ('.anipagna, son fils, accompagné d'une suite assez
nombreuse où figuraient Jérôme Rey, son majordome, Jean Brigati, son secrétaire, et Jérôme de Monléon, capitaine de Menton, les trois dévoues serviteurs qui ravalent assisté avec tant de bravoure dans la nuit du 17 octobre.
Alais saluait sa venue en Provence, le 30 avril, et le prince, après un court séjour à Aix. s'acheminait vers le Languedoc, JorsquMl reçut à Arles, le mai, deux lettres des ministres Chavigny et Sublet de Noyers, datées de Narbonne et de Perpignan, des 3 et 4 mai, qui le priaient de retarder sa venue, étant donné Tétat de santé du roi.
« Monsieur », écrivait Chavigny, € Tindisposition € en laquelle est présentement 'le Roy m'oblige â « envoier monsieur de Matan au devant de Vostre « Excellence pour luy en donner part et pour la conjurer * de vouloir demeurer quelques jours à Aix, s'il vous y « rencontre encore, ou en quelque autre ville qui vous € sera la plus commode, s'il vous trouve en chemin. Je 4c vous feray scavoir, Monsieur, quand la santé do Sa « Majesté sera meilleure, afin que vous la veniez voir € aussitostet que vous receviez d'elle tout le bon accueil € que vous en espérez avec raison. »
Pour se conformer à ces instructions. Honoré II vint s'installer à Pézénas. Cette attente se prolongea une dizaine de jours. Le 14 mai, il écrivait à Chavigny qu'il envoyait le chevalier du Bar, le beau-frère de Corbons, à Richelieu pour s'informer de son état.
La santé du roi et celle du cardinal ne semblaient pas
encore de nature à permettre une entrevae; le cousin dii ppiace. le nonce Jérâme Grimaldi (1), qui allait bientôt recevoir le chapeau de cardinal et rarchevôché d'Aiz, ne donnait pas. dans une lettre datée de Narbonne le 15 mai, d'avis favorable : le rot ne voulait pas rccevMr Honoré II tant qu'il ne serait pas entièrement remis, et quant au cardinal, une nouvelle rechute et de vives douleurs ne lui permettaient môme pas de parler. Cependant, ordre avait éié donné à M. de Brullon, gouverneur de Narbonne, de prier le prince de s'avancer jusqu'à Béziers.
Le cardinal Maznrin à son tour, dont les relations directes avec Honoré H commençaient alors, insistait par une lettre courtoise,' sur les regrets du cardinal ministre. De son côlé, Cliavigny écrivait le môme jour :
« M. le comte de Brullon va trouver Vostre Excel-
< lence pour lay faire des compliments de la part du « Roy et de monseigneur la GaiviluaLet pour la prier « de s'approcher à Béziers.oùje luy ferai scavoir le jour ( qo'elle se pourra rendre ici. Les indispositions de Sa
< Majesté et de Son Eminence ont osié telles qu'elles
< nous ont obligé à prier Voslre Excellence de s'entre-
< tenir un peu de temp^ par les chemins; mats à présent
< que, grâces à Dieu, et l'une et l'auCre commencent à
< cesser, elle recevra h savisfaclion bienlosC qu'elle € désire. Pour moy, Monsieur, ce m'en sera une très « grande quand jaurai moyen de vous faire pnroistre « avec cumbieji de passion et de vérité je suis >, etc.
Cependant, le lendemain 10, Chavigny priait le prince de se rendre à Narbonne :
< Le gentilhomme que vous avez en/oié pour scavoir « des nouvelles de monseigneur le Cardinal vous pourra « dire le bon estât auquel il a laissé Son Ëminence, et le « désir qu'elle a de voir bientost Voslre Excellence par « deçà. Je suis extrêmement navré que Je mauvais ren- « contre de Tindisposition du Roy et de Son Emin«nce « vous ayent obligé, Monsieur, de séjourner quelque « temps par les chemins, et de l'inquiétude que vous en « aurés eu. J'ay escrit ce malin à M. de Brulon, qui est « auprès de Vostre Excellence, pour la convier de se « rendre icy dimanche au soir et la su^lier de ma part € de vouloir prendre un mauvais souper avec Monsieur « son fils. J'espère que vous me Cerés la faveur de trouver « bon que pendant le temps que vous serez en cette ville « je reçoive le mesme honneur et que vous me ferez « celluy de me croire tousjours », elc.
Honoré II arriva à Narbonne dans la journée du 17 ; il y eut certainement une entrevue avec Richelieu, la lettre précédente ne laisse pas de doute. En tous cas les avis du camp devant Perpignan lui permirent dès le lendemain de prendre la route du Roussilion.
Nous avons, pour connaitre les détails de cette partie du voyage et du séjour du prince auprès de Louis XIII, deux relations contemporaines : Tune écrite en italien par Tun des personnages de la suite d'Honoré II, témoin oculaire, vraisemblablement le secrétaire Brigati (^1),
(1) Archives du Palais de Monaco, B* 2.
raiitre, on grande parlie Urée do la précédente, insérée par Vénasque Ferriol dans son livre : La Liberté glorieuse 'le Monaco (i), piibliô l'année suivanle, La première mérite entière coiifiance et nous la suivons; elle concorde avec la relation officielle lirée des registres de l'ordre du Saint-Esprit,
Parti le 18 au malin de Narbonne, le prince, à son arrivée à Leiicate, fnl salué par des salves nombreuses. Il logea chez le gouverneur, M. d'Espenan, qui, par ordre du roi, dut prendre le mol de son hôte.
Le lendemain 10, au premier village « de Catalogne », Honoré II Iroiiva une compagnie de cent cavaliers envoyés au devant de lui ; deux lieues plus loin un carrosse du roi l'attondail ; il y monta avec le marquis, son fils. One lieue au delà, on rencontra un gros corps de cavalerie suivi de troupes d'infanterie chargés de faire les honneurs et que le narrateur évalue à Irois mille hommes.
Honoré II ayant atteint le camp fut conduit au quartier du roi et introduit, après le déjeuner, dans l'appartement royal. Louis XIII, à son entrée, se leva et s'ava'iça jusqu'au milieu de ta chambre * avec le chapeau toujours à la tnain », dit la relation, qui, sur ce
(IJ La Libertii gloiinitc de Moaaro ou Ditcouri historique, etc., parte sieur de Vinasquc Ferriul, A Paria, choi Canliii BeHongc, ut] Palais di- Ja galurio dus prisunniers. aux Hosi'b Vermeilles, avec priviUge du liuy, I(îl3, in-H'.
point, pourrait n*ôtre pas exacte. Le prince s*étant jeté aux pieds du roi, celui-ci le releva aussitôt en l'embrassant, lui souhaitant la bienvenue et sUnformant aimablement de sa santé.
La conversation se termina par ces paroles de Louis XIII : € Vous ne vous repentirez jamais de ce < que vous avez fait, et vous sentirez bien la différence « qu'il y a entre nous et les Espagnols. >
Le marquis de Campana eut également part aux attentions les plus délicates de Sa Maje.<9té, qui donna rendez-vous au prince au lendemain pour lui conférer les insignes de Tordre du Saint-Esprit.
Honoré fut conduit par le maréchal de la Meilleraje, général de Tarmée, à son quartier, éloigné de celui du roi d'environ une lieue, dans la circonvallation établie autour de Perpignan, où il fut somptueusement régalé.
Le lendemain matin eut lieu la cérémonie et nous ne pouvons mieux faire que de reproduire in extenso la relation otDcielle tirée des registres de l'Ordre du Saint-Esprit.
Le 20 may 1G12, le Roy, au chapitre tenu au camp devant Perpi^an. dit qu'il vouloit, i)ourcortaim.»s considérations particulières, importantes au bien de son estât et servie».', conférer son ordre du Ixînoist Saint Esprit au sieur Honorato Grimaldy, prince de Monaco, marquis de Campana, nonobstant que. par les statuts dudit ordre, il soit expressément porté que nul estran^i^er ne pourra estre admis audit ordre? du Saint Esprit; sur quoy, lafTaire mise en délibératioD, il fut résolu par Sa Majesté, de l'avis des ]>rélatz, commandeurs,
chevaliers <:t officiers qui ('stoicnl au r)i»(iifi-.', ijni' li-^lil ordre scroit dunnf audit iiieur prince ilc Mutiiui, el i|ii<: |H>iir re-^t dlcrt «iinmissionM seroient ilonnëe», scavi>ir à .M. l'iirfEn-nwqiir rir Narhonre. pour infiirintr des vio, miinirs. aage el pn.fi-ssiim ■!« la Kligiun catholique apuKloliqiie ut roiiiaine diiilit sinir prime do Uoiiaeo, et am h:cuoi niar(|iii« liAiiilirrs et eomtc rli; Noaillea pour faire linformatiiin de la nolilfsse; ee qui fut fjict.
Le Î2 diidit mois, le prinee de Miiuai'o fii! Iwiiier le Roj-, le malin à son li^is. qui le lit ebcvalier de Saint Mieliol dans son cabinet, scion la <ujiitiiuiu.
Ensuittc le Roy sortit ilc son logis; marehoient devant luy tes trompettes, tambours et les cent suisse» ilmtx ii deux, puis le (H'inee lie Monaco, comme novii'e de l'ordre, cnsuitte les clieialicrs au noinbre de six, avL-e le gnind eollier dudit oriire. niurcbant deux à deux. Dcvuut Sa Majesté, les bnissiei's avec leurs i»aKses,'puis &> Majesté, ses ganlcs du corps et toute la noblesse tua re lièrent en cet ordre jusques à la rlia|ielle une le Roy aviiil fait liaslii' au ramp devant Perpignan, distante de trois cens pas du Ihk-Îs du Hov, où M. larebevesqiie de Karbonne dit la messe, apris laquelle on mit la ebuize du Ror au costc de l'hautel, du euslc cle l'i-vaiii;ille.
!^a Majesté estaut assise, l'aixilievesquc de ?Carliuiiiii' vint avec le livre des êvaugilles ; le prince de Monaco se mit à genoux devant Sa Majealé, lit le serment qu'ont accoustuiné de tuire tcv eoinmundeurs. En siiitle Sa Majesté luy mit l'ordre au col, a\ix In cérémonie aecoustumée ; puis il baisa la main de Sa Majesté, luy Ht une grande n-véranee et Je grans remcreiemcnB, aprr'» alla embrasser les cbevaliera lors présuis, suivant la coutume, pnt son rang i la gauebc du dernier chevalier. Après (|noy. le Rov s'en retourna en son logis au mesnie ordre qu'il y tsUÀi venu.
Sa Majesté donna à disncr audit prince de Monaco (1).
La narraletir monégasque ajoute à cet acte officiel certains détails qui ne pouvaient pas y dire insérés. Lorsqu'à la messe, le prince dut s'ag'enoiiiller, le roi lui
fît rhonneur tout à fait insolite de lui faire présenter un de ses coussins de velours cramoisi rehaussé de parements d*or. En lui conférant les insignes, Louis XIII ajouta encore une nouvelle faveur en remettant au nouveau chevalier un de ses propres cordons bleus avec la croix pour porter a Tordinaire, en outre du grand collier de l'Ordre.
La relation monégasque ne parle pas du dîner chez le roi ; elle note qu'Honoré II fut convié après la cérémonie à déjeuner chez le grand écuyer, ce malheureux et coupable Cinq-Mars, qui, trois semaines plus tard, allait tomber à la suite de la découverte de son complot avec TEspagne.
Retourné après Theure de la sieste auprès du roi, le prince fut entretenu assez longtemps par Sa Majesté.
Ici se place un incident intéressant pour Thistoire de la musique. On sait que Louis XIII s*y adonnait avec passion et se livrait aussi à la composition. Quelques airs en ont été conservés et sont même devenus populaires. Le roi voulut faire entendre à son hôte l'un des musiciens ordinaires de sa chambre ; après quelques canzonetie à la mode italienne « excellemment dites >, le chanteur en exécuta quelques autres en français, dont le roi était l'auteur, « spirituellement composées », ajoute le narrateur.
A ce moment Honoré II présenta à Sa Majesté Jean
Brigati, Jean Jérôme Monléon et Jérôme Rey, en rappelant comment ils s'étaient Taillammeni comportes lors de l'expuUion des Espagnob. Ceux-ci se jetèrent aux pieds du roi, qui les félicita et leur dit sa gratilude.
Le prince prenant congé, le roi l'embrassa affectueusement, Iraita le marquis de la façon la plus cordiale et leur donna rendez-vous pour bientôt à Paris.
Honoré s'arrêta à Narbonne, où il attendit l'expédition des ietlres relatives à l'érection du duché pairie du Valentinois et celles du marquisat de Baux en faveur du marquis de Campagna. ainsi que d'autres relatives aux affaires concernant la place, qui furent signées au camp devant l'ei-pignan. Pendant la soirée qu'il passa ainsi dans celte ville, les musiciens du roi vinrent encore se faire entendre par ordre de Sa Majesté.
Le prince se retirait comblé d'attentions et d'honneurs ; le roi envoj'ait à la nouvelle marquise de Baux un collier de diamants avec son portrait également enrichi de diamants. Le marquis était lui aussi gratifié et le roi s'excuiiait de ce que, se trouvant â l'armée, il ne pouvait pas faice de présent plus considérable, s'en remettant pour cela au prochain voyage du prince à Paris.
Quoique éloigné du roi, Richelieu voulut, dans les jours qui suivirent le départ d'Honoré, lui témoigner
encore rirapression favorable qu'il avait laiasêe de sa visilo. Le cardinal ùiTivait le Sjuin :
< Monsiem-, je ne sauri>is assez faire coniioislre à « Voaire Excollcripe le tiiineiilcineiU que j'av de celui
• qu'elle me lesmoitfiie par sa lettre avoir du bon Irai-
* lement (jn'clte a i-vr\t du H.iv. et de eo qu'elle estime « que j'nv i^nud'ibiu- acetii; lin Hirprùs de Sa Majesté. Je
< la siijjliu th- ei'iiii'ti <]ii>^ Jo coiitiniicray à hiy rendre
< envers elle timt ce qn'iiltc a<;aur<iit attendre d'une « personne qui riionorc (.■uranie niiiv, qui suis,
« Moiisi.uir,
- \iilri- lr.\*:i'lcplionnê scrvileur(l).
« Du Béas, ce :; Juin li;i:;. .
A pelle courte une plus longue oi^ Chavign v avait des demandes fu^^sem s^ii
Ird,
1 Mazarin eu joignait evnil l'assurance que
i.^raiii
Honoré atlondait pour rpnlj'er à Monaco que k's galères qui devaient raccompa{;uer t'nssoul eu oint,. L'atlente fut langue; il avait lai^si- plus ihi roi, pour voilleraux dernières expédilioiis d>-j li-ltrcs |iai[-iUes relatives â ses affaires, le chevalier de \iltcneuve de Tliorenc, un des
(t) L<-s dci'iii<>rra l<'ltn's ■lu l'alai» m: pi>r(niit plu». :
Itraphr. qui tvMc pu ljr:ni.- :
■Tii'i'S nii\ Hrchivea I. lu KtjniatiM'c aulus [.ri'i-iili'utw, de Ut
nevGiix Ud Corboiis, qui l'avait accompagné dans son voyage avec le chevalier du Bar. Thorenc, en rejoignant le prince, lui porta nuo lettre de Louis XIU, dont on remarquera le Ion singulièrement affectueux,
» Mon cousin, j'a.y eslé fort ayae de voir par vostre
< le tire et d'appreudrc par lesieur de Thorenc que vosire « bonne ilispositioii vous permect de relourner â Mor-
< gués ; il vous dira comm^j'aj' donné ordre pour vous * y faire reporter en toute seurelé, et combien je désire « an toutes occasions vosire contentement et advsntage ; f les lesmoiftnsges que je vous en ay donnez par deçà « sont beaucoup au dessoiibï de monaffeclion, et je vous « assenre que, bien que j'en eusse une très grande pour « voua avant que de vous avoir vou, néantmoins cette « congnoissanee plus particulière que j'ai en de votre « personne a si fort accompli l'estime que j'en faitz, qu'il <t ne s'y peut rien ajoiisler. et qu'il n'y a rien qui me « puisse apporter un plus singulier plaisir que de recon- «I gnoisire de plus en plus les preuves de vostre zële « pour mon service, ainsy que j'ay commandé audit •I sieur de 'I horenc de vous dire plus particulièrement. ■ El m'en remeilanl suviuy, je ne vous feraj cette lettre ■( plus longue que pour prier Dieu qu'il vous ayt, mon
< cousin, en sa sainte et digne garde. Escrît au camp « devant Perpignan le vin' juin 1642.
« LOUIS
« SfBLBT(ll.
« A mon cousin le prince de Morgues, duc de Valen- *. (inois, pair de France, chevalier de mes ordres. »
(1) ly? awriilairr 'l'Etal Sublct de Noyers, chargé des «ffiiires lie la Riierrc, vtajt aiijircH du roi ; Cliavigiiy, chargé de» aSoiren ctrangèn's, n'a\ait pas quil(« le cardinal.
La catastrophe du Cinq-Mars et les suites qu'elle entraîna retardèrent encore les ordres que 'le prince attendait pour son embarquement. Le comte d'Alais oicusait ces retards le 18 juin:
< Par le retour de ce gentilhorame.Voslre Excellence < apprendra qni; les bruuilleries de la cour qui sont
* terminées pnr la prise de monsieur le Grand, ont « relardé l'ordre qu'elle ;iltendoit par son retour à
* Munaco où je ne doute pas qu'elle n'ait impatience
* d'arriver et rendre à madame la marquise, sa be:le- « fille, soii assistence on sa couclie. Je prie Dieu qu'il
* vous donne un contantement parfait, »
Alais était alors â Tarascon; Richelieu y séjournait; il avait la veille adressé au prince celle lettre :
', j'ay esié estremement aise de cognoislro ( par la lettre qu'il a plu à Vosire Excellence m'escriro t que la galère que le roi luy a destinée pour son retour < à Monaco aoil arrivée à Marseille, afin que son embar-
■ queraent ne soil pas difTéré plus longtemps. Je lu,v I envo.ve l'ordre nécessaire pour ta liberté du prisonnier ' qui est sur la galère Espernonne, quelle auroit plus L tosi reçeu si monsieur de Gtiavlgny, qui ne revint
■ qu'hier d'auprès de Sa Majesté, eusl esté en celte ville. ' Cependant je snplie Dieu de la conduire en sorte qu'il t. la faoe arriver heureusement au lieu ou elle rêva et I me race naistre autant d'occasions de la servir que le I désire,
« Monsieur,
< Vosire très alfertionné serviteur.
« De Tarrascon ce 17* juing ltS4"3. >
Honoré trouvait en arrivant à Monaco, où il débarqua le 2^-^ j"in, la situation quelque peu difficile et menaçante du côté des Espagnols ; unis aux Génois, ils cherchaient à tirer vengeance dans la Rivière de ia déconvenue qu'ils éprouvaient de l'accommodement que le cardinal de Savoie avait fait enfin avec sa belle-sœur, la régente Christine de France, et avec le roi. On annonçait, à Toccasion du passage de Tarmée expédiée de Naples pou.(* renforcer celle de Catalogne, une attaque de vive force ou tout au moins des insultes sur Menton auxquelles il serait prudent de parer.
Cette situation provoqua une nouvelle lettre de Louis XIII; elle est datée du 3 juillet, de Montélimar, où le roi était arrivé en remontant vers Paris.
4c Mon cousin, j'ai esté très ayse d*apprendre par
< vosire lettre du xxiiii« du mois passé que vous estes «' arrivé heureusement «à Monaco, et de voir aussy de « quelle sorte vous considérez les tesmoignages que je
< vous ay donnez de mon aâection pendant que vous « avez esté par deçà. Vous pouvez croire très asseuré-
< ment que je vous les continueray en toutes occasions ^ pour vous faire cognoistre de plus en plus ma bonne
< volonté en vostre endroict. J'envoie ordre à mon <« cousin le comte d'AUais qu'il trouve moyen d'avoir, « comme vous le désirez, les deux cents hommes de ^ milice prests a poinct nommé pour garantir Mentone « des mauvais dessoins des ennemis, voulant en cela, et « en toute autre chose, vous tesmoigner que ce qui vous « regarde m'est autant et plus à cœur que mes propres « aâ'aires ; priant sur ce Dieu qu'il vous ait, mon cousin, « en sa sainte et digne garde. Escrit à Montélimard, le
< iii<^ iuillet 1642.
« LOUIS