DIAGNOSES
DE DEDX GENRES SOUVEAM DD GROUPE DES DiSïTIIES
Comme le travail que je viens de terminer presque en entier^ pour mon Gênera^ sur le groupe des Dasytites^ ne paraîtra qu'à une époque encore assez éloignée^ je reproduis ici les principaux caractères de deux genres nouveaux que j'ai cru devoir créer dans le groupe en question, afin de ne pas être exposé à perdre le fruit de mes recherches.
Genre s^obonyx Jacq. du Val. — Lahrum transversosubquadratum. Mandibulae vix apice bidentatae. Maxillae lobis brevibus, externo fere quadratim latitudîne paulo longiore. Palpi maxillares articule ultime late oblique truncato. Labium brève; cum ligula fortiter profunde. emarginata. Antennae filiformes. Tarsi articulo primo ultime subaequali ; unguiculo utroque intus îobo membranaceo connato, apice modo libero, longitudineqûè îere aequali, auctc— Mas valde insignis tarsorum arititorum articule primo brevissimo^ secundo tertioque oblî-
que caesis, intus apice paulo productis^ margine interne leviter dilatatis atque subtiliter breviterque dense pectinatis. — Type : Dasytes œneus F. Gyl. (/>. ciliatus Grael.) . Genre ccraiias Jacq du V. —- Labrum transversum. Palpî maxillares articulo ultimo oblongo-subcylindrico, apice truncato. Antennae brèves, articulis decem disr tinctis modo compositae, apicem versus sensim incrascatai intusque obtuse serratae. Tibiae compressas, apicem versus dilatatae extusque parce spinosœ. Tarsi sat validi, subtus spinosuli ; articulo primo secundo valde breviore desuperque aegre distinguendo. Unguiculi basi intus fortiter dentati. — Type : Dasytes rubidus Schoenh.
Ces deux genres sont très distincts de toutes les autres coupes génériques du groupe des Dasytites.
NOTE SUR LE GENRE ANTIDIPNIS WOLL.
ET UNE COUPE NOUYELLE VOISINE HOMOEODIPNIS JACQ. DU VAl*
Sans contredit la critique, des faits surtout, rend d'immenses services à la science en contrôlant et confirmant les observations exactes, éclairant les questions controversées et détruisant peu à peu Terreur. Toutefois pour rendre de tels services il faut que la critique, lorsqu'elle n'est pas d'appréciation, s'appuie sur des preuves certaines. Si elle est basée sur des présomptions, entremêlée de doutes ou de suppositions gratuites, elle devient
un véritable fléau, jetant Tirrésolution dans les esprits, compliquant des questions parfois simples, ou même remplaçant la vérité par Terreur. Malheureusement les entomologistes allemands, toujours pressés de corriger leurs voisins à tort ou à raison, se laissent trop souvent entraîner à critiquer sans preuves ni matériaux suffisants, sinon même sans nécessité. Je vais en citer un exemple.
M. Kraatz (Berl. Ent. Zeits. 1859, p. 73) publie une assez longue dissertation dans laquelle il s'efforce de prouver, principalement, que mon Colotes rubripes Perr., sur lequel M. WoUaston vient de fonder le genre Antidipnis, n'est probablement qu'une variété de l'Antidipnis (Charopus) punctatus Er., et que je n'ai point connu les deux sexes de mon Colotes Javeti.
Examinons les assertions de M. Kraatz, après avoir toutefois constaté qu'il ne connaît point mon C. Javeti en nature.
Le critique allemand débute ainsi : Le C. rubripes J. du V. offre, en dépit de la couleur et de la différence de forme mises en avant par Du Val, une si grande ressemblance avec l'exemplaire typique (unique) du Charopus punctatus Er. (dont notoirement le Colotes Javeti du V. n'est point différent), que leur identité me semble possible » . M. Kraatz fait tout d'abord une supposition gratuite. Pourquoi mon C. Javeti est-il identique au Ch. punctatus Er? Le critique allemand aurait bien dû nous le dire. J'ai constaté cependant, en décrivant mon espèce, qu'elle était bien distincte du C. nigripennis Kust. (qui cette fois est certainement identique au Ch. puncta-
tus Er.). Parti de cette fausse assertion, M. Kraatz s'évertue ensuite, dans une demi-page, à prouver que le C. rubripes, en dépit, comme il le dit, de mes descriptions, n'est point différent du C. Javeti qu'il ne connaît pas, puisque celui-ci est identique au Ch. punctatus qu'i^ connaît ( mais qui se trouve malheureusement être tout autre). Remarquons en passant ce raisonnement sabtil.
Le critique allemand trouve, de plus, étonnant que les deux sexes de mon G. Javeti soient ailés. Par suite il se pose le problème suivant : « Du Val a pris probablement deux différents degrés de coloration du mâle du C. Javeti pour le mâle et la femelle , ou il existe deux espèces voisines chez l'une desquelles la femelle est ailée, tandis qu'elle est aptère chez l'autre. » Problème bien profond ! Ou j'ai pris deux mâles pour les deux sexes, ou j'ai vu les deux sexes comme il faut ! Ou il existe une seule espèce, ou bien il en existe deux ! M. Kraatz est-il bien certain que la vérité soit dans l'un des deux cas ? Parlons sérieusement, que trouve-t-il donc de si étonnant dans une femelle d'Antidipnis ailée. Ne voit-on pas déjà des femelles ailées et aptères suivant les espèces dans le genre voisin Colotes et aussi dans les genres Troglops et Malachius. M. Kraatz tient tellement à son raisonnement ci-dessus qu'il le répète à la fin du second paragraphe dans ces termes ; « Le Colotes Javeti est différent duC. rubripes et alors le G. Antidipnis a deux espèces ; ou cela n'est pas, et alors les vraies femelles du C. Javeti sont aptères. » Ce dilemme naïf n'eût vraiment pas été désavoué par ce bon M. de la Palisse.
,fp GLANURES
Quoi qu'il en soit, M.Kraatz sachant que la femelle du Ch. punctafus Er., qu'il a vue en nature^ puisqu'il la signale comme appartenant au genre Antidipnis , est aptère^ tandis que j'indiquais la femelle de mon C. Javeti comme ailée, eût dû se ten ir sur ses gardes,, d'autant plus que je mentionnais des différences notables de couleur, "de forme et de ponctuation. Mon C. Javeti, en effet, est si peu identique à TA. punctatus, qu'il n'appartient pas même au genre Antidipnis. Il ne peut être davantage, par conséquent, identique à l'Antid. rubripes. Aussi je me suis fort amusé de voir M. Kraatz se battre contre des moulins à vent en discutant cette dernière assertion, et se tourmenter fort mal à propos dans ses suppositions inutiles touchant la femelle de mon C. Javeti. . . Je vais maintenant exposer brièvement le résultat de mes études sur les insectes dont il vient d'être question, le manuscrit correspondant de mon Gênera ne devant être publié qu'à une date encore assez éloignée.
Parmi les genres européens du groupe desMalacliiites, quatre pour moi se font aujourd'hui remarquer par leurs tarses antérieurs de quatre articles seulement chez les mâles, savoir ; Troglops, Homœodipnis , Gen . nov., Antidipnis et Colotes. Le tableau suivant signale leurs caractères essentiels.
ï. Palpes maxillaires semblables dans les deux sexes;
à 3^ article toujours notablement plus court que le 2*
et beaucoup plus petit que le dernier.
A. Dernier article des palpes maxillaires médiocre, subégal en longueur au 2^ ou un peu plus long, subovolaire ou très-obscurément sécuriforme. Tête for-
tement et largement excavée en dessus chez les mâles.
G. Troglops Er. Entom. p.125(Type. T.' Al bîcans Lin,], B. Dernier article des palpes maxillaires très grand, aussi long que les deux précédents réunis, mais beaucoup plus épais, fortement renflé, brièvement ovalaire. Tête simple chez les deux sexes.
G. HoMCEODiPNis J. du V (Type. H, Javeti J. du V.). II. Palpes maxillaires très-dissemblables dans les deux sexes ; à 3^ article grand, beaucoup plus épais que le 2* chez les mâles, .petit comme dans la division I chez les femelles.
A. Palpes maxillaires robustes chez les mâles, à 3^ article subégal au dernier, comprimé, subtriangulaire, dernier grand, comprimé , presque en carré un peu plus long que large, fortement tronqué-arrondi au sommet ; subfiliformes chez les femelles, à dernier article médiocre, oblong, atténué et tronqué au bout.
G. Antidipnis Woll. Ann. of nat. Hist. 2^ ser.xx. 337. (Type. A, BubripesFeTT.)
B. Palpes maxillaires à 3® article un peu plus petit que le dernier chez les mâles, sub-comprimé, en forme de coin triangulaire à sommet interne, dernier grand, comprimé, graduellement élargi vers le sommet où il est largement tronqué, très obscurément sécuriforme; à dernier article très grand chez les femelles, comprimé, fortement élargi, largement sécuriforme, presque triangulaire.
G. CoLOTES Er.Entomogr. p. 1 29 (Type. C. IrinotatusEr.). Ces diverses modifications des palpes maxillaires sont
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des plus curieuses et distinguent parfaitement entre eux les quatre genres ci-dessus. Elles ont échappé à Erichson pour le genre Colotes, car les palpes maxillaires qu'il décrit sont uniquement ceux de la femelle. Je figurerai tous ces palpes dans mon Gênera.