LE PREMIER CHEMIN DE FER DE LEVIS
Le premier chemin de fer qui a pénétré à Lévis est le chemin d^ fer de Québec à Richmond. Ce chemin de fer est maintenant connu
sous le nom de chemin de fer du Grand-Tronc.
La Compagnie du chemin de fer Québec et Riehmond obtint son acte d'incorporation de la Chiambre d'Assemblée du Canada, le 10 août 1850.
Son objet était de construire un chemin de fer depuis Lévis jusqu'à la rivière Saint- François, dans le village de Riehmond, ou auprès pour s'y relier avec le chemin de fer du Saint- Laurent et de l'Atlantique.
Par sa charte, la Compagnie était autorisée à avoir des bateaux à v)apeur pour faire le service sur le fleuve Saint-Laurent entre son terminus et la ville de Québec.
C'est le 7 janvier 1852 que furent inaugurés les travaux de construction du chemin de fer de Québec à Riehmond. Les directeurs de la Compagnie lavaient invité à cette cérémonie les ministres, les commissaires des chemins de fer, les membres de la corporation de Québec, etc., etc.
Le lieu choisi pour ouvrir les premières tranchées était à une petite distance à l'est de la rivière Etchemin, dans la paroisse de Lévis, et sur le domaine de la seigneurie de Lauzon.
Vers dix heures du matin, donc, le 7 janvier 1852, les honorables MM. Hincks, Caron,
vt-,.
Taché, Rolph, membres du Conseil Exécutif, MM. Sewell et Leppers, membres du conseil de ville, MM. Stuart, Priée, Lloyd et Anigiers, directeurs de la compagnie, le secrétaire, le trésorier, l'ingénieur de la compagnie, etc., etc., traversèrent le fleuve en canots — il y en avait douze^ — et se rendirent au lieu indiqué. Grand nombre de citoyens de Lévis et de Haint-Jean-Chrysostôme étaient déjà rendus, entre lautres MM. Chabot, Bourget, Beaulieu, Barras, Dallaire, Robertson, Patton, Bourassa, Cantin, Lagueux, etc., etc. M. François Lemieux, député de Dorchester, les accompagnait.
L'honorable M. Caron, président de la compagnie, souhaita la bienvenue à tous, puis il invita l'honorable M. Francis Hincks, premier ministre, à porter le premier coup de bêche. M. Rigney, entrepreneur des travaux, présenta une bêche et une pelle au premier ministre, et celui-ci enleva la première ''tourbe" du premier chemin de fer dans le district de Québec, la déposa dans une brouette et alla la verser dans un ravin voisin. Puis, il prit la parole et promit l'appui du gouvernement en faveur de cette entreprise, qu'il regardait comme un chaînon nécessaire dans la ligne de
communication avec le Haut-Canada et les Etats-Unis. Les honorables MM. Taché et Rolph parlèrent aussi de la nécessité de ce chemin de fer.
La cérémonie terminée, on se rendit à Hadlow Cove, où un magnifique banquet avait été )réparé. Plus de cent personnes y prirent part. L'honorable M. Oaron présidait. Les choses se passèrent avec entrain et enthousiasme. Nombreux et spirituels furent les toasts présentés. On entendit des discours de MM. Caron, Lloyd, Hincks, Sewell, Lemieux, etc., etc.
A trois heures, tout le monde embarquait dans les canots, et une heure plus tard, chacun était rentré chez lui. ^
Le ''Canadien'^, disait le surlendemain, au sujet de cette démonstration ':
''Si le premier jour de l'histoire de Québec est celui où Cartier plant>a l'étendard de la civilisation au front du Cap aux Diamnts, le second sera celui où commencèrent les travaux de notre' premier chemin de fer ; l'un était celui de la colonisation, l'autre sera celui du progrès et d'un réveil certain."
Le premier convoi du chemin de fer Québec et Richmond entra en gare de Lévîs, le 13 novembre 1854. Il était parti de Lougueuil à 8
heures du matin et arriva à Lévis à 5 heures de Taprès-midi. Il avait donc accompli le twjet en 9 heures. Aujourd'hui les trains rapides de rintercolonial et du Grand-Tronc franchissent la distance entre Lévis et Montréal en moins de cinq heures.
Ceux d'entre nous qui vivront encore en 1954 — juste un siècle après l'inauguration du premier chemin de fer à Lévis — se rendront peut-être à Montréal en deux heures. Quel progrès !