U;NE EMEUTE A LEVIS
Les soildats réguliers qui, de 1865, à 1869, construisirent les fortifications imposantes que nous voyons en arrière de notre ville, furent, pendant tout leur séjour ici que cause d'appréhension pour notre population.
Dans l'été de 1867, une mauvaise femme de Québec était venue s'étabdir dans une maison des environs du camp des Ingénieurs. Cette femme fut bientôt une cause de scandale. Elle recevait les soldats chez elle à toute heure du jour ou de la nuit. Les bons citoyens réussi-
rent, après quelques semaines d'efforts à chasser cette malheureuse.
lies soldats avaient juré, paraît-il, de se venger.
Le 9 septembre vers les neuf heures du soir pendant qu'une bonne partie de la population assistait aux représentations d'un cirque de passage dans la ville, une trentaine de soldats du 23e Régiment sortirent du camp armés de bâtons et se dirigèrent vers Bienville. En route, ils rencontrèrent un nommé Fréchette et voulurent lui enlever sa canne.
Celui-ci se voyant seul contre ces forcenés prit la fuite. Les soldats le poursuivirent et entrèrent dans une maison habitée par un nommé Vachon et trois autres familles. Ils enfoncèrent les portes, brisèrent les vitres et répandirent partout l'épouvante.
Les cris attirèrent bientôt les citoyens de Bienville sur le théâtre de la bagarre^ et nos militaires commencèrent à trouver le jeu dur.
En même temps, une compagnie du 23iMue arrivait au pas de course de même que les habitants de Bienville qui avaient assisté au cirque.
La paix fut donc bientôt rétablie.
Une vingtaine de soldats avaient été grièvement blessés dans cette toajgarre.
Du côté des citoyens, un des hommes les plus respectables de Bienville^ M. Thibault, reçut un coup de bâton qui le tint plusieurs jours entre la vie et la mort. Un autre citoyen, M Guillaume Gaspé, avait été aussi presque assommé.
Les officiers du 23ème exprimèrent leurs regrets aux citoyens de Lévis de cette scène de désordre et promirent de punir Is soldats.
LORD MONOK A LEVIS
En 1867, lord Monck gouverneur- général du Canada, fit un voyage de quelques mois en Europe. Il revint au pays en juin.
Il débarqua du ^* Nestorian ^', à Lévis le 25 juin.
Il fut reçu sur le quai par le maire Louis Carrier, le docteur Blanchet, député de Lévis^ et M. Benjamin Huot dit St-Laurent^ président de l'Union St-Joseph de Lévis.
Le maire Carrier et M. Huot dit St-Laurent présentèrent chacun une adresse, l'une au nom des citoyens de Lévis l'autre au nom des membres do l'Union St-Joseph.
Kous n'avons pu letionvei- radresse présentée par le maire Cariier, mais nous publions ici celle de l'Union St-Joseph, Ine par le président M. Iluot dit-St-Laurent.
'' A Son Excellence le très ihK)norable Vicomte Monck^ baron ^[onck, i)air du Koyanme-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, gouverneur-général du Canada etc.
*^ Qu'il plaise à Votre Excellence.
'• Les membres de la Société de l'Union St- Jose])h de la Ville de Lévis, désirent s'approcher de Votre Excellence pour lui exprimin* la joie et le bonheur qu'ils ressentent à son retour en ce pays, avec le titre de gouverneur- général lie la souveraineté du Canada, titre qu'il a plu i Sa Très Gracieuse Majesté de conférer à A^'otre Excellence.
'' Nous avons suivi avec anxiété les dilîéi-entes phases du i)rojet de constitution qui a reçu la sanction royale et que Votre Excelle • .•e est appelé à inaugurer.
" Cette c(mstitution, nous n'en doutons ])a. ^ ?ous une sage administration, aidera beaucoup m développement des ressources commerciales ît industrilles de ces provinces et la connaissance que possède Votre Excellence des homnes, des besoins et des lessources de la nouvele souveriiinelé, lui sera d'un grand avantage
dan» riiceomj)lissemeiit des impoi-taiits devoirs qui lui sont confiés par Notre Gracieuse Souveraine, devoirs que Votre Excellence saura accomplir avec la sagesse et l'impartialité qui l'ont toujours distingué ])endant les six années que Votre Excellence a administré le gouvernement de la i)rovince du Canada.
Lord Monck répondit avec bienveillance et en français aux adresses qui lui furent alors présentées.