LE TERMINUS DU CHEMIN DE FER INTERCOLONIAL
En 1867, lorsque le Parlement Impérial . adopta la loi qui accordait la garantie impériale à l'emprunt que le gouvernement du Canada devait contracter à Québec, on commença à discuter dains la presseï et dans les assemblées ]xibliques l'endroit où serait établi le terminus de ce chemin de fer.
La ville 'de Lévis qui commen-çait à prendre sia place au sioleil et qui avait à la tête de ses affaires municipales un maire expérimeli-j té et énergique, M. Loui-s Carrier, fit beaucou
d'efforts pour avoir le terminus de l'intercolonial dans ses limites.
Le 11 juillet 1867, une assemblée importante et très nombreuse avait lieu daAs la salle publique. Elle fut présidée patr le! maire Louis Carrier. Le notaire Léon Roy agitssait comme secrétaire.
Le docteur Blanchét, député de Lévis, MM. W. Marsden, Edouard Rémillard, D.-A. Ross, J.-N. Bossé, L.-J.-A. Berni'er, F. -M. B'ernier, Adolphe Tourangcaoi et T.-H. Grant adressèrent la parole.
Fuis les résolutions suivantes furent adoptées.
*' Proposé par Louis Clouti'er, conseiller de ville, appuyé par W. Marsden, médecin et résolu :
" Qne les citoyens de Québec et de Lévis ont appri's avec reconnaissance que le Parlement imipérial a passé Pacte trente \'i-ctx)ria ■chapitre se'i'ze, à la dernière session, pour accorder la garantie impériale à l'emprunt d'une somme d'argent que devra prélever le Canada pour la construction d'un chemin de fer f^".vant relier Québec et Halifax tel que le comporte le titre de l'acte.
" Proposé par John Thompson, appuyé par .T. C Blanchét, et résolu :
^' Qu le chemin de fer devra contribuer au développement des ressources commerciales, % industrielles eit agricoles de la souveraineté du Canada, et aura l'effet de consolider l'union des provinces de l'Amérique Britannique du Nord.
'' Proposé par Edouard Rémillard, M. P. P., appuyé par J. Bégin, maire du village de Bienville, et résolu :
''Qu'à part des avantages commerciiaux et autres que deîvra retirer la souverain-eté du / Canada du chemin de fer entre Québec et Halifax; cette voie ferrée sera encore de la plus grande importance comme voie militaire, pour le transport des troupes et . du matériel de guerre dans un cas de difficulté entre l 'Angleterre et quelqu 'autre puissance étrangère.
'' Proposé par D. A. Ross, appuyé par Jac- / ques Jobin, J. P., et conseilleur :
^' Que cette voie ferrée ne peut être utile on temps de guerre à moins que le termijius -rte soit fixé à Lévis, vis-à-vis de Québec, au centre et à l'abri des fortifications et protégé par des forts (lue le gouvernement impériai fait ériger dans ce moment-ci, dans les environs de cette ville, et qu'il est de l'avantage du Canada et de l'empire que le terminus de ce chemin de fer soit établi à Lévis, vis-àvis Que-
bec, maintenant la capitale de la province, portant le même nom, le siège de la Législature )rovinciale, et ayant aussi un havre sûr et ■ommode où peuvent flotter les vaisseaux de -guerre de toutes les nations et que la nature a permis de pouvoir défendre facilement et à peu de frais soit du côté de la mer soit du côté !c l'intérieur.
" Proposé par l'hon. J. N. Bossé, appuyé par Gilbert Roy, mai're de la paroisse de Saint- Ilenrî, -et résolu :
^' Qu'une humblç adresse soit présentée à
■on Excellence le gouverneur-général de la
Tuissance du Canada, basée sur les précéden-
le's résolutions et priant Son Excell'cnce de
vouloir bien prendre telle action qu'il jugera
convenable et de transmettre une copie' du
-résent mémorandum, à un des principaux
crétaires d'Etat ^e Sa Majesté.
'' Proposé par L. J. A. Berni/cr, appuyé par
1\ A. Verrcault, et résolu :
'' Que le maire et le secrétaire de la ville autorisés de la part de l'as-
'niijiuo il ^-.li^JKr la requête maintenant adopiée et qui devra être soumise à Son Excellente le g0UV01'n'^in'-O'<'M.'r;l1 (»l (^^i 1;) 1lli nVi'sC'll t(»r
iii-même.
" Proposé par Adolplu' Toiiraii^i-cHti. a])[)uyé par L. M. Guay, et résolu :
" QiH^ les membres des cori^orations de Québec et Lévis ainsi que les messi'eurs ({ui sont intéressés dans cej obj'et soient invités à ac- (•oinpagner le maire et le secrétaire de la ville de l^évis^ lor'sqn'ils iront ])résenter l'adresse au goiivrnenr-géiiéral. "
C'est le 15 juillet 1867 que la requête des citoens de Lévis fut' présentée au gouverneur Monk.
Le <>:ouverneur reçut les délégués très favo- ^•able^nent, et leur promit de trausmetti'e leur requête en Angleterre.