LA VILLE DE LEVIS EN
Le 11 novembre 1867, pai'aissait à Lévis, le premier numéro d'un nouveau journal, le '' Progrès de Lévis ''. C'était la troisièm^^ tentative de ee genre'. Le 24 novembre 1864, M. Louis-} lonoié Fréehette avait fondé le '* Drap'eau de Lévis. " Il avait fourni juste (puitre numéros. L'année suivante, le 13 avril JJG©, M. P'réchittt était reveoiu à U charge
■I cette fois avec le '^ Journal de Lévis. " Celuici eut une existence un peu plus longue.
M. J. Norbert Duquet, l 'éditeur-propriétaire du '' Progrès de Lévis '\ était \)\i\\\\ d'espoir dans la réussite de son entreprise.
Ce premier tiuniéi o du " Progrès de Lévis " publiait lui article intéressant sur l'avenir dt Lévis. Nous en donnons ici les pi-ineipales parties :
" 11 j a îi ])eine vin<>t ans toute la partie oU se trouve aujourd'hui la haute-ville de Lévis n'offrait aux regards (ju'une terre à bois. La cime du cap était couronnée d'ar'bres touffus qui faisaient croire à une épaisse forêt, vue (le la rade de noti-e majestueux Saint-Laurent.
'' Trois ans plus tard^ (mi isr)0, on jetait les bases d'une é''glise jiai-oissiale, (pii conj])te aujourd'hui au nond)re (b^ nos plus beau.x éilitices religieux du Pias-Canada,, et «lès Tannée suivante, elle était ouverte rt la |)iété dese tidèles sous la direction de M. Tabb/' Ué'zieJ, (pli n'a cessé de|)uis JT ans. d'en èhc \r di-iio (M vénéré curé. C'est ici roccasion de dire (pril a été accompli de \éritables prodiges j^ar ce zélé et infatigable apôtre. Anssi <piel r<>spect et (pielle vénérai ion ne \(Hl-(m pas se manifester sans cesse au milieu de cette, inlmense [JOpulation en faveur de son digne cnié.
" Plus tard on érigeait un magnifique collège en pierre à trois étages^ i)lus un i*ez'(lecliaussée. Cet établissement élevé sur le plus haut site de la ville est consacré à renseignement des enfants et des jeunes i^iens qui se destinent au commerce ot à l'industrie.
" Le Rvd M. Roussel a la direction <1e ce collège, qui compte environ 200 élèves. Le Révd. M. Hoffmann en est le procuireur et les maitrs sont MM. L. Bari*abé G. Giroux, L. Lessard, C. Brocliu et Frs. Cinq-Mars, ecclésiastiques^ et M.Tlioinas Wliitty, professeur de reuom^ qui fait le cours commercial. La musique est enseignée par M. .T.- B. Audette, organiste à St-Sauveur.
" Grâce à l'énergie du Révd. M. Péziel ( de généreux citoyens, Lévis possède une autre maison d'éducation pour les filles non moins importante. C'est le couvent de Notre-Dame de Toute Grâce, sous la direction des bonnes Soeurs de la Charité. Cette belle bâtisse est en brique blanche et à trois étages. Le nombre des classes est de cinq et 500 élèves les fréquentent.
'^ On compte en outre près de lOOO enfanis qui reçoivent une instruction élémentaire dans diverses écoles.
" Lévis possède une bibliotlioque paroissiale contenant environ 1000 volumes.
•' Pendant les cinq dernières années près de oO maisons ont été construites chaque année dont plusieuii^ sont estimées de ?1 000 à $8,000. De grandes rues ont été ouvertes l'année dernière dans les différents quartiers de la viMe, notamment à l'est du couvent.
" Le commerce de Lévis reçoit chaque jour un dévelpppement extraordinaire. Plusieui*» nouvelles maisons commerciales s^y établissent tous les ans et aujourdtai nos principaux mairchands sont MM. Geo. Ed. Couture, Louis Carrier et Cie^ MM. Michaud, Carrier et Daiimontier, F.-X. Garneau^ Frs.
rtrand, Kamsîi}^ F.-X. Lemieux, Langlois, M. Cass, Morency et Talbot, Joshua Thompson^ Louis Bourget/ R. G. Sample, M. Kitchie J. C. Hamel, Lebon et Lnv(Ttu, P. C. llunt,* André Brochu.
' Cinq médecins sont établis à Lévis. Ce
so; )i* Blanchet, le député très populaire
vis, L<' Dr Vander Heyden, le
Kini'rel, le Dr Lacer le et le Dr Taschereau.
'^ Nous possédons aussi une excellente pharmacie tenue par M. Giroux.
^' Deux avocats résident à LéNis : M, T, -T A. Bernier et M. J.-G. Bnrtho.
'•• (^iiatic notaiiT's sont o1a'l)li?> eu cette vil- !(' : MM. 1a»oii Kov l'iavien Kov, Evariste 1^mieux et Louis Fortiei-.
'• Une des pluK «grandes sources de richesses pour la populatioîi de Lévis sont les bateaux à va.jKiur dont les ])ro])riét'aires deuieureiit à Lévis. M. J^arras possède deux reuiorcjueurs et est uu des actionnaires de la Cie des vapeurs traversiers.
" M. Geo. Couture, niardliand, est aussi uu des actiounaires <le la Tie de la Traverse.
'* Maiuteuaut que dire des forrlficatious que Ton construit actuelleuient daUvS cette ville (jui embrassent une distance considérable et (jui une fois terminées (dans trois ou quatre ans) feront de Lévis une place militaire de pieniier ordre. On calcule que ces travaux immenses coûteront à l'î^mpire Britannique au moins un million sterling.
" Si nous ajoutons à cela la construction du chemin de fer Intercolonial avec le termhius dans cette ville^ on aura une juste idée dn progrès qui s'opère sans cesse à Lévis et <ln rôle important (pii lui est réservé dans un aveuii* très rapproché^ avenir (pii fera de Lévis in jtreunère ville commerciale et militaire^ de; possessions britanui(]ues.
'^ Espérons pour le plus grand avantage de
Lévi» en particulier et de la pi-oviure de Québec eu géuénil, (jue toutes ces <^i-;uid(\s choiê» s'îiccouiidiront bientôt. "
LA CAISSE D'ECO:^OMIE A LEVIg
C'est le 18 uKii 1808 (]ue fut ouverte 1« succursale de la Caisse d'Ecouomie de Notre-Dame de Québec, à Lévis.
Les preuiiers bureaux de la Caisse d'Ecouomie à Lévis furent les bureaux actuels de la Compagnie du Québec-Central, rue Commerciale.
On fit rinau<>uratiou de cette succursale avec solennité. Les princi])aux citoyens de Lévis étaient ])résent8. La plupart des directeurs de la Caisse d'Economie s'étaient fait un devoir de traverser à Lévis pour cette oc:,j casion.- Ou remarcpiait l'iionoiable Isidore Thibaudeau, le docteur Oliviier R.obitailk\ M. A. H. Sirois, M. E. Cliinic, M. Cirice Têtu^ M. 1). Dussault, M. Q. Matte. :M. Eranvois» Vézina, caissiei-, et M. S. Henoit secrétairttrésorier, étaient aussi présents.
Le docteur Robitaille, appelé à présider la \ réunion-, fit une revue des diverses phases par lesquelles avait passé la* Caisseï d'Economie de Notre-Dame de Québec depuis sa fondation, en 1848. •
M. François Vézina, 'caissier, fit aussi voir les serviices que rendait la Caisse d'économie à Québec.
M. le curé Déziel prit ansisi lai /parole et encouragea les citoyens de' Lévis' à déposer leurs économies à la Caisse' d'Economie.
Après son discours, M. le curé Déziel proposa la résolution suivante, qui fut appuyée par M. J.-B. Beauiieu :
'' Que ]es citoyens des paroisses de Notre- DaoïpLe de Lévis et de Saint-Joseph de Lévis croient devoir leixpTÎ'mer leur reconnaissanco bien méritée, à MM. les directeurs-gérants et le caissier-gérant de la Caisse d'Economie Notre-Dame de Québec, pour s'être rendus aussi igénérensement à la deman^de des pétitionnaires des deux paToisses ci-dessus nommées, d'établir parmi eux une banque d'Epargne. "
M. Louis Carrier, maire de Lévis, proposa ensuite, appuyé par M. J,-E. Verreault, m.aire de Lauzon :
" Que la démarche prise par MM. les di- ^•ecteurs-gérants et le caissier-gérant de la
(■ais.se d'Economie Notre-Dam'e de Québec, de- Toande que les citoyens des .p'aroisses de Notre-Dame de Lévis et de St-Joseph de Lévis, se joignent d'un commun accord pour fia^voriser G't encourager par tous les moyens à leur disposition, rétabfesement parmi eux d'une Caisse d'Epargne. "
Deux jours après son ouverture, la sui-cursale de la Caisse d'Economie la'vait déjà [.'lus de $3,872 de dépôts.
Le premier gérant ou comptable de la Caisse d'Economie à Lévis, fut M. Napoléon Matte. Il fut remplacé, en 1870, par M. Nar<;issie Hiamel, qui, lui-même, eut pour successeur, M. Joseph Robitaille. Le gérant actuiel est M. Je'an-]\Iarie Blanchet.
Depuis 1868 les bureaux de la Caisse d 'Economie ont été dans le'S bureaux actuels du Québec Centnail, puis dans le magasin de MM. A. Carrier et Fils — haut et bas — et enfin à son poste actuel.
Nous avons depuis quelques années une autre succursale de la Caisse d'Economie dans la Ywc Eden. * M. Joseph Robitaille en est le gérant.
LES ORGUES DE M. BEAjUDOIN
Les viicil lards se rappellent encorci l'agitation qui eut lieu, à Levais, il y a une cinquantaiine ■d'années, lorsqu'il fut question d'acceipster un or^^ue pour l'égilise paroissiiale.
Bon nombre dei paroissiens voulaient acheter nu orgue de M. Beaudoin. Ce facteur était nienuisiie'r, n'ayant aucune connaissance en musique, qui s'était mis tout à cou-p à faire des orgues comme on fait des portes et des fenêtres.
■M. J.-Edmond Roy dit à ce propos dans sa '' Vie de Mgr Déziel " :
** Quand en 1868, il fut question d'acheter un orgue, le curé voulut dem'amier le concours des bons connaisse uts. Il dut s'opposer à plusieurs de ses meilleurs amis et des plus charitables, mais pourvu que la vérité triomphât, il faisait abstraction des personnes et de tout sentiment d'amitié personnelle. C'est cette fois qu'il monta en chaire et traita comme un homme de métier de l'art d^e construi're les orgues. 'Auteurs 'en mains, M. Déziel rendit com,pte des raisons qui avaient présidé à son choix. Ce roi des insitruments», dont l'Eglise a pris so<iin de régler l'esprit et l'usaige, et pour lequel elle' a de tout temps manifesté
sa préférence, il faut lui assurer, disait-il, les conditions -d'excellence et de durabiiHté que doit posséder tout objet servant au culte divin. L'orgue est plus qu'un, simple taccessoire de la liturgie, il est encore un symbole, puis- (lu'il reipréserite dans son ensemble le principe catholique, l'unité ".
Le curé Déziiiel gagna. son point, et la Fabrique acheta l'orgue que nous avons encore dans notre église^ et qui alors passiait «pour une merveille.
Dans le '' Canadien " du 28 avril 1862, nous trouvons une épitre dythirambique à propos de ce M. Beaudoin, qui voulait nous vendre un orgue en 1868. Il résidait lalors à Saint-Henri de Lauzon. Maiis lisons le poulet de M. E.-R. Il s'adresse au rédacteur du ^' Canadien '' :
*' 1^1 aujourd'hui j'ofse demander une petite place dams votre feuille, ce n'est ipoint pour déplorer avec vous les maux que nous avons soufferts, ni pour essayer de per<;er à travers les sombres nuages qui nous promettent un avenir si chargé de tempêtes ; ce n'est pas non plus pour assurer de notre juste liiaine, les hommes qui nous ont exposés à tant de souffrances et de dangers . . . non, ce n'est pas pour tout cela ; je veux vous arracher pour un ti^uips il ces tristes jiresseutioments, et vous
faire faire à. voiis^ uoble citadin, un tour de campagne. ' '
Après cette solennelle entrée en matière, E. R. amenait ses lecteurs à St-Henri de Lauzon.
'' A St-Henri de Lauzon, nous entrons dans une demeure de minée apparence ; là, un homme (j'espère que l'on me pardonnera eettc réflexion) de mince laipparence aussi, travaille à un atelier qu'il s'est fait lui-même. Devant lui sont quelques outils : une liaclre-, des ciseaux, un petit fourneau ; voilà à ipeu irès l'ensemble de la boutique de cet hom m'e . . . Vous le voyez là, tout entier à son oeuvre, à peine s'il vous regarde ; il essaie, iî brise, pour essayer et brise encore ; à voir cette figure amaigrie, ce front duquel jaillit la sueur en abondance, vous découvrez tout de suite le travail de la pensée, le duel sanglant de l'ignorance et du: génie ... Que fait cet homme ? . . . Allons un peu plus loin ; venez à St-Gervais et je vous montrerai ce qu'il a fait . . . Mais venez le jour de Pâques surtout ! . , . . Là, dans l'église, vous verrez un orgue superbe ; et eet orgue-là n''e'S't pas sorti des grands ateliers de France et d'Italie ^. . écoutez le célèbre Saba'tier 'exécuter quelques-unes de ses grandes compositions, et Toyez par vous-même s'il manque quelque eho-
se à la beauté de rexpression, à la netteté da son, à Va force, à riiarmoniie de chaque jeu de cet instrument . ". . Hé bien ! eet orgue est sorti de la 'pensée, si je puis m 'exprimer 'ainsi, d'un homme qui n'a aucune notion quelconque de la musiique, qui n'a pas eu l'avgtntage d'étudier la douceur de l'harmonie ni d'iavoir seul'ement un modèle pour copier ....
'' Ah I si l'on préconise avec tant d'ardeur les nouveautés bien souvent futiles qui frap- ])ent'tant soit peu l'inuiig.ination ; si Ton consacre des pages entières à vanter l'éloquence (les tribuns politiques fruit, bien souvent encore, d'un cerveau malade, nous devons au moins nous arrêter un jjeu sur ce qui est vraiment grand et vraiment digne de louanges, et remercions de tout coeur ces hommes (ini^ comme M. Beaudoin, travaillent avec courage au progrès dès arts et des sciences. Honneur donc à l'homme patient et laborieux ; nous lui assurons notre estime pour aujourd'hui : et l'îivenir lui promet la gloire de l'immortalité, •fe prends ici, la liberté de'remcrcier M. Beaudoin (lu plaisir cpu' son génie me procure, au lioni de tous les vrais amis du proigrès^ car c'csl véritablenuMit le jour de PAques, cette année, que j'ai pu lire avec un auteur : Si l;i prière est la lanj^uc do rame, la musique
(ioil êlie la langue defS cienx et surtout la musique de M. Ohi. W. Sabatier. "
M. Ileau'dohi, eu j)aiHant de Saint-Henri de Lauzon, vint s établir îl Léyis. Il eut longteui|)s son atelier sur le site actuel 'du magasin de M. Albert Falardeau, niarcband 'de meubles côte du Passaffij:e.
LIjS LEVlKStEX'S ZOUAVES rOXTIFIOAUX
Le o novembi-e 18G7, la petite mais vaillante armée du pape Pie IX remportait sur le» hordes gjiiribaldiennes une éclatante victoire malgré son infériorité numérique.
Deux Caiiaidiens s'étaient distinigués à la bataille de ^lentana, MM. Ilugli Murray, de Québec, et Alfred LaRocque, de Montréal. Ces 'deux braves faisaient partie de l'armée papale, le };remier depuis juillet 18111 et M. La- Kocqne depuis le 10' février 1867.
Lorsque, quelques semaines plus tard, ou annonça du haut de la chaire de la cathédrale de Montréal, que M. LaKocque avait été grièvement blessé en combattant à Mentana ])our la pa]>'inté il v cul dans la vaste église
im fi-6iiiis«'eiiiuiit iuéiiarrabie. C'est de là que naquit l'idée d'envoyer un régiment canadien i\ Konie 1)0111- comljattre sons le di'apean de l'auguste Pie IX.
JjH 19 déeemtbie 18(>7, à la suggestion de Mgr Bouiiget, plusieurs citoyens de Montréal se réunissaient et formaient un comité pour organiser un régiment de volontaires. M. Olivier Berthelet fut choisi comme président de ce comité.
Dès lors, tout iiiarclia avec entliousiasniL' »*L une entente extraordinaire.
Le 18 février 1808 une démoiisiiaiion, dont on parle encore à Montréal, réunissait le ])reniier détacliement de zouaves dans Téglise Notre-Dame. Il s'agissait de faire les adieux du Canada caKliblique îi ces braves jeunes gens qui allaient verser leur sang pour la Papauté. Mgr La flèche fit M le discours de sa vie. Le lendemain, 11) février, le i>remim* détachement de zouaves canadiens ])renait le train de New-York ])Our aller s'embarquer il bord du " Saint-Laurent '\ Ce premier contin(g,ent était composé de loô volont^iires.
Six autres Ktjétache'menls i)artii'<Mît aussi pour la capitale <lii monde cadiolicpie*.
Le deuxième quitta Montréal environ trois
mois après le départ du inemier le 14 mai ]8()8. — 22 volontaires.
Le troisième détaeliement suivit le deuxième ;\ quinze jours de distance, le 23 mai. — 28 volontaires.
Le quatrième détachement, de 48 volontaires, laissa Montréal le 25 juin.
Le cinquième détachement partit le 3:0 septembre 18G9. — 95 volontaires.
Le sixième détachement de 38 volontaires, partit le 18 août 1870.
Le septième et dernier ilétacliement qui fut forcé de rebrousser chemin en France, quitta Montréal' le 1er septembre 1870. Il était composé de 115 hommes.
Si aux dlîlifïres que nous venons de donner, on ajoute les 24 volontaires qui partirent isolément, on aura le joli total de 505 volontaires qui prirent part à la délivrance du Saint-Père.
iJe " Courrier des Etats-Unis "^ journal l)Ourtant sujet à caution, disait à l'occasion du passage des Zouaves canadiens à New- York:
" Il se trouvera et il s'est déjà trouvé des railleurs des Zouaves canadiens. On a même prononcé le nom de mercenaires. Ce cont de singuliers mercenaires que ces Zouaves qui s'équipent il leurs frais, et qui ne coûteront rien à Pie IX pendant les deux îlns qu'ils res-
feront à son service. Il faut croire que les mots de la langue anglaise ont bien changé de valeur, si les mercenaires au lieu d'être ceux qui reçoivent de l'argent^ sont ceux qui en donnent. '^
Il ne nous appartient pas de raconter les l>éripéties de la campagne à laquelle nos zouaves prirent part et qui se termina par la prise de Rome par les Garibaldiens.
Le 19 septembre 1870, Pie IX donnait Tordre au général de Charette de lever le drapeau blanc. L'armée pontificale était bien décidée à s'ensevelir sous les murs de Rome mais le Saint-Père jugeait que le sacrifice de ces héros serait inutile puisque les Garibaldiens étaient peut-être vingt contre un.
Par la capitulation, les Piémontais s'engageaient k transporter les zouav^es étrangers aux frontières de leur pays respectif. On dirigea les Canadiens sur Çivita-Vecchia d'où on voulait les embarquer pour l'île d'Elbe. Pour les Piémontais, l'île d'Elbe était la frontière canadienne ! ^
A force de représentations, les zouaves canadiens réussirent à se faire conduire à Liveii)ool, d'où ils s'embarquèrent le 19 octobre LS70 pour New- York.
Le 5 uovcmbic le steamer " Idaho '^ entrait
(laiis Je |>()il (le JS'ew-Voi'k et Je Jeiideiiuiiu, dans rapi-ù.s-mkli, Jes zouaves se retrouvoient au pied de l'autel de Marie danis TégJise XotievDniue de Montréal.
Donnons ici les noms des jeunes lévisien'S qui eurent l'honneur d'aller combattre sous les drapeaux de Pie IX.
De Lévis : Théodule Bégin, Kouiuîild Bernier, Elle BruneJle, Pierre riiouinàr<l Cvrille Rov, Jules Verrault.
De Saint-Josepli de Lévis : Adliille Bourget, Alphonse Bourget, Marcel Bourg^t.
De Saint-Henri de Lauzon : Louis Paquet.