‹ Glatigny; drame funambulesque en vers, mêlé de chansons et de dancesChapitre 135 sur 138 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Le rideau baisse, se relève presque immédiatement. La petite ville de Normandie, un peu avant le lever du jour, comme au commencement de la pièce. — Mais c'est le triste automne. Tout est flétri, morne, noir, avec des taches blanches de neige éparse — et les arbres du bois sont désolés ; — bientôt il y aura, à l'horizon, sous le ciel nuageux, aux intervalles lunaires, une rougeur sinistre de levant. Dans la nuit encore, où murmure le chant de la Bohème, Glatigny, en blouse, sort, à reculons, du bureau de poste.

à une Emma imaginaire

Ne t'inquiète pas. Contre la nuit peu chaude, J'enfonce mon bonnet et je boucle ma blaude !

n est au milieu du théîitre, il regarde l'annexe de l'hôtel et s'écrie — mais d'une voix peu sonore, d'une voix plutôt écho que voix, dans la mélodie toujours :

0 Gypris bienfaisante ! 0 Zeus libérateur !

0 tous les dieux ! Je suis amant, poète, acteur!

U hésite, "à cause de la maison paternelle et de la maison d'Emma.

Bah ! je leur reviendrai chargé d'or et de gloire !

Il arrache une branche — elle n'est pas fleurie comme jadis, elle est noire avec des flocons blancs. Il entre dans le bois, il reparaît sur la route, au fond. A travers la neige qui tombe un peu plus pressée, l'horizon est sanglant. La branche qui lui sert de bâton est plus blanche. Il chante en s'en allant : « Et vive la Sainte Bohème ! »

La neige cesse de tomber. Un assez long temps, puis c'eït la cloche de l'église pour la première messe*. El c'est le réveil de la petite ville, comme à la fin du premier acte (quelques personnages nouveaux), dans la détresse du froid automne.

ÏMiis vieux, le cajiitaine parle à nue fillette qui fait de la dentelle devant la porte de la boulangerie, à côté d'un fourneau où raijolte du café, ob cuisent des pommes. — Le mendiant aveugle — tout branlant — joue de l'iinrmonlca.

Elle est bien bas.

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