‹ Glaucome et Insuffisance RénaleChapitre 13 sur 33 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Etiologie de l’altération vasculaire générale chez les glaucomateux

Les auteurs indiquent comme causes des lésions vasculaires chroniques, et spécialement des aortites qu’on rencontre très souvent chez les glaucomateux, de même que des scléroses rénales : les infections, les intoxications, la syphilis, le paludisme, la goutte, la sénilité, l’alcoolisme, etc.

Il semble que la syphilis et l’alcoolisme soient au premier rang des facteurs producteurs d’artériosclérose. Il ne serait pas aventuré, dit Charlin, de supposer qu'une grande part de l’intoxication éthylique est due à la syphilis, que l’on trouve souvent dans les antécédents d’un alcoolique.

La sénilité a, semble-t-il, une influence plus secondaire que la syphilis, puisque chez 75 malades atteints de glaucome, de Charlin, 30 seulement sont entrés dans l’âge sénile, ayant dépassé les 60 ans et, parmi ces 30, 8 étaient sûrement, et 2 probablement

syphilitiques.

2 Dites

Charlin, en tenant compte des deux grands facteurs étiologiques de l’affection de l’appareil vasculaire, la syphilis et la sénilité, de beaucoup les plus importants, est arrivé à séparer les malades en trois grands groupes :

1° Glaucomateux avec artériopathies syphilitiques, qu’il désigne sous le vocable de glaucomateux syphilitiques ;

29 Glaucomateux non syphilitiques avec lésions artério-scléreuses, qu’il désigne sous l’expression de glaucomateux artério-scléreux ;

30 Glaucomateux avec affections cardio-vasculaires, d’étiologies diverses.

De cette statistique, l’auteur conclut en disant :

« Le glaucomateux de moins de 50 ans, le glaucomateux jeune est presque toujours syphilitique.

Au fait, cette étiologie a déjà frappé un certain nombre d’auteurs, et notre Maître, M. le professeur agrégé Jeandelize, dans plusieurs articles, et Arnoux dans sa thèse, ont développé cette notion étiologique du glaucome.

Dans son ouvrage récent « Glaucome et Glaucomateux », Morax range le glaucome parmi les conséquences possibles de la syphilis. Le tréponème étant de beaucoup, dans l’espèce humaine, l’agent le plus habituel des inflammations vasculaires et uvéales, il semble vraisemblable d’attribuer un rôle considérable à ce microorganisme dans la genèse du

Le peu d’efficacité de la thérapeutique spécifique sur l’hypertonie nous a conduit à admettre que c’est surtout aux séquelles de l’inflammation tréponémique qu'est due l’apparition du glaucome.

L’avis de Morax est donc surtout d’expliquer l'influence de la spécificité par l’intermédiaire de langio-sclérose.

Charlin, au contraire, dans sa statistique, indique 60 °/, de syphilitiques, qu’il oppose à 25 %, de scléreux.

Arnoux, dans sa thèse, arrive aux conclusions suivantes : Si le glaucome secondaire est si fréquemment consécutif à des lésions spécifiques de l’œil, le glaucome primitif est, dans un grand nombre de cas, en coexistence avec la syphilis.

L’infection tréponémique semble jouer un grand rôle dans la genèse du glaucome primitif. Par contre, elle n’a aucune influence sur la production du glaucome aigu.

Chez les glaucomateux chroniques on rencontre très fréquemment des lésions oculaires, ectasies de la crosse de l’aorte et de la portion thoracique, aortite, rétrécissement aortique, angine de poitrine qui, presque toujours, reconnaissent une origine spécifique.

La fréquence de ces lésions fait que, pour plusieurs auteurs, le glaucome serait une localisation d’un processus vasculaire général. De plus, il ne faut pas oublier que le syndrome hypertensif de l’enfant est accompagné de lésions vasculaires qui peuvent dépendre de la syphilis.

À côté de ces lésions vasculaires, il existe des troubles du système nerveux tels que signes de tabès

DO ae

en particulier, qui ne font que confirmer la coexistence de la syphilis chez les glaucomateux observés.

La réaction de Wassermann a été trouvée positive chez quelques malades atteints de glaucome chronique simple. Elle constitue un signe excellent d’infection tréponémique et doit être pratiquée dans tous les cas.

C’est pour cette raison, et pour remonter à l’origine des cas de glaucome chronique observés par nous, que nous l’avons pratiquée dans nos observations n°$ 10, 12, 13, 14. Dans tous ces cas, le résultat a été négatif, et nous n'avons, de ce fait, élucidé l’origine spécifique possible des glaucomes observés.

Il n’existait du reste pas d’antécédents cliniques appréciables.

Quoi qu’il en soit, retenons cette origine comme importante dans la genèse des lésions vasculaires générales et rénales, qui peuvent conditionner le

Page 1