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Tout ce que cette Reine très clémente exige du pécheur, c’est qu’il se recommande à elle et ait l’intention de se corriger. Lorsqu'elle voit à ses pieds un coupable qui implore sa miséricorde, elle ne regarde as aux péchés dont il est chargé, mais seulement à intention qui l’amène : eût-il commis tous les péchés du monde, pourvu qu’il vienne avec une bonne volonté, cette tendre Mère ne dédaigne pas de l’embrasser et de guérir toutes les plaies de son âme ; car non contente de porter le titre de Mère de miséricorde, elle prétend l'être en effet, et elle se montre telle par l’amour plein de tendresse qu’elle déploie en faveur des misérables. Tout cela à été dit expressément à sainte Brigitte par la Bienheureuse Vierge elle-même en ces termes : “Si coupable que soit un homme, s’il revient à moi touché d’un vrai repentir, je suis prête à l’accueillir sans retard ; je ne tiens . compte du nombre de ses fautes, mais seulement des dispositions qu’il apporte ; et je ne refuse point d’appliquer le remède à ses plaies et de les guérir, car je m’appelle et je suis réellement la Mère de miséricorde.”
Marie est la Mère des pécheurs qui veulent se convertir, et elle ne peut s’empêcher de s’apitoyer sur eux ; elle semble même ressentir, comme s’ilsluiétaient
ropres, les maux de ses pauvres enfants. Lorsque a Chananéenne vint supplier le Sauveur de délivrer sa fille, elle lui dit : Ayez pitié de moi, Seigneur, Fils de David, ma fille est cruellement tourmentée par le démon.—Mais puisque ce n’était pas elle, mais sa fille, qui était en proie aux tourments, ne semble-t-il pas qu’elle dût dire, non pas : “Ayez pitié de moi,” mais plutôt : “Ayez pitié de ma fille ?”’—Oh ! non, c’est avec raison qu’elle a dit : Ayez pitié de moi, parce que toutes les douleurs des enfants sont ressenties leurs mères comme des douleurs personnelles.
t voilà précisément, assure Richard de saint-Laurent,
comment parle Marie, quand invoquée par un pécheur, elle le recommande à Dieu : Seigneur, semble-t-elle lui dire, cette pauvre âme er état de péché est mon enfant ; ayez donc pitié, nor pas tant d’elle que de moi, qui suis sa Mère.
Ab ! plût à Dieu que tous les pécheurs eussent recours à cette douce Mère ! assurément tous obtiendraient leur pardon.—O Marie, s’écrie tout émerveillé saint Bonaventure, vous recevez dans vos bras maternels le pécheur méprisé de tout le monde, et vous ne l’abandonnez point que vous ne l’ayez réconcilié avec son Juge. La pensée du saint est que l’homme en état de péché est haï et repoussé de tous les èues ; il n’est pas jusqu'aux créatures inanimées, le feu, l'air, la terre, qui ne voulussent le châtier et venger sur lui l’honneur de'leur Maître outragé. Mais si ce malheureux a recours à Marie, le repoussera-t-elle ainsi? Non, certes ; s’il vient dans le but d’être aidé à se corriger, elle l’embrasse avec la tendresse d’une mère, et fait si bien par sa puissante intercession, qu’elle le remet dans la grâce de Dieu.
Le second livre des Rois nous a conservé le discours adressé à David par la sage Thécuite : ‘Seigneur, j'avais deux fils ; pour mon malheur, l’un des deux a tué l’autre, en sorte que j'ai déjà perdu un de mes fils ; or, la justice veut maintenant m'enlever mon autre fils, le seul qui me reste. Ayez pitié d’une pauvre mère ; faites que je ne demeure pas privée à la fois de mes deux enfants.’ —David eut compassion de cette mère afiigée, et lui accorda la grâce du coupable, Tel est, ce semble, le langage que Marie tient à Dieu quand elle le voit irrité contre un pécheur qui se recommande à elle : Mon Dieu, lui dit-elle, j'avais deux fils, Jésus et l’homme : l’homme a fait mourir mon Jésus sur la croix, et maintenant votre justice veut condamner l’homme. Seigneur,
mon Jésus est mort, ayez compassion de moi * et si j'ai perdu l’un de mes fils, ne me faites pas perdre encore l’autre.
Oh ! non, assurément, Dieu ne condamne pas les pécheurs qui recourent à Marie, et pour qui elle intercède, puisqu'il l’a lui-même chargée de veiller sur eux comme sur ses enfants. Voici comment le dévot Lansperge fait parler le Seigneur : J'ai recommandé les pécheurs à Marie en les lui donnant pour enfants : aussi, dans sa sollicitude à remplir son devoir de Mère, elle ne veut pas qu'aucun de ceux qui lui sont confiés, surtout s’ils l’invoquent, vienne à périr, et elle s'efforce, autant qu’il est en elle de me les ramener tous. — Et Louis de Blois dit à son tour : Il n’est pas de termes pour exprimer la bonté, la miséricorde, la fidélité et la charité avec lesquelles notre Mère Marie cherche à nous sauver, quand nous l’appelons à notre secours.
Prosternons-nous donc devant cette bonne Mère, conclut saint Bernard, embrassons ses pieds sacrés, et ne la quittons pas qu’elle ne nous ait bénis et acceptés pour ses enfants. Et qui pourrait douter de sa tendresse maternelle? Quand même elle me donnerait la mort, dit un auteur, je ne cesserais point d’espérer en elle ; plein de cette confiance, je désire mourir auprès de son image, car si j'ai ce bonheur, je serai sauvé. Tout pécheur qui recourt à cette Mère compatissante, doit donc lui dire aussi :
Ma Souveraine et ma Mère, je suis un pécheur, je mérite que vous me chassiez de votre présence et me traitiez en toute rigueur de Justice ; néanmoins, quand même vous me rebuteriez, quand même vous me donneriez la mort, je ne cesserai jamais d’avoir la confiance que vous me sauverez. Oui, je mets toute ma confiance en vous ; que j'aie seulement le bonheur de mourir devant une de vos images, en me recommandant à votre miséricorde, et je suis assuré de