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ne point me perdre, mais d’aller vous louer dans le ciel en compagnie de vos nombreux serviteurs, qui, vous ayant invoquée au moment de la mort, ont tous été sauvés par votre puissante intercession.
En lisant l'exemple suivant, on verra si jamais aucun pécheur peut douter de la miséricorde et de la tendresse maternelle de Marie, lorsqu'il réclame sa protection.
EXEMPLE
Vincent de Beauvais raconte que, dans une ville d'Angleterre, un jeune homme de sang noble, nommé Ernest, avait donné aux pauvres tout son patrimoine, et était entré dans un monastère, où il avait bientôt conquis l'estime de ses supérieurs par une vie très parfaite et spécialement pas sa grande dévotion à la sainte Vierge. Survient un peste qui obligea les habitants de la ville à s'adresser aux moines et à réclamer le secours de leurs prières. L'abbé commanda à Ernest d’aller se mettre en prières devant l’autel de Marie, et de ne pas se retirer que la Reine du ciel ne lui eût donné une réponse. Au bout de trois 22 Marie lui indiqua certaines prières que l’on devait réciter ; on le fit, et le fléau cessa. Or, il advint qu’Ernest s'étant ensuite refroidi dans sa dévotion à Notre-Dame, se vit assailli de fréquentes tentations, principalement contre la pureté ; le démon lui suggéra même l’idée de sortir du monastère ; et, faute de s’être recommandé à Marie, le malheureux en vint à former le projet de s’enfuir en escaladant le mur de clôture.
Comme donc il passait dans un corridor vis-à-vis d'une image de Marie, il entendit la Mère de Dieu qui lui disait : “Mon fils, pourquoi me quittes-tu ?”? À ces mots, Ernest, interdit et confus, tomba par terre
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et répondit : “Mais, Vierge sainte, ne voyez-vous pas que je ne puis plus résister ? pourquoi ne venez-vous pas à mon secours ?”” La bonne Mère reprit : “Et toi, pourquoi ne m’as-tu pas invoquée ? si tu n'avais pas Légligé de te recommander à moi, tu n’en serais pas venu là. A l'avenir, invoque-moi dans le péril, et ne crains rien.” Le jeune homme retourna à sa cellule : mais, les tentations revenant à la charge, il négligea comme par le passé de se recommander à Marie, et.il finit par s’enfuir du couvent.
Dès lors, il se livra à une vie criminelle, et, de péché en péché, il en vint jusqu’à louer une auberge pour y assassiner de nuit les voyageurs et s'emparer de leurs dépouilles. Il égorgea ainsi entre autres le cousin du gouverneur de l’endroit. Celui-ci lui fit son procès, et sur les indices qu’il put recueillir, il le condamna à la potence. Mais, pendant que le procès s’instruisait, arriva à l’auberge un jeune cavalier, et aussitôt le scélérat de songer à le traiter comme d'ordinaire il traitait ses hôtes. Il entre la nuit dans la chambre de l’étranger pour l’assassiner, et que voit-il? Au lieu du cavalier, il voit sur le lit un crucifix tout couvert de plaies, qui, le regardant avec bonté, lui dit : “Ne te suffit-il pas, ingrat, que je sois mort une fois pour toi? veux-tu de nouveau m’ôter la vie? eh bien ! lève le bras, et tue-moi.” Tout hors de lui-même à cette vue, Ernest fond en larmes : “Seigneur, s’écrie-t-il en sanglotant, je me rends à vous ; puisque vous daignez me faire miséricorde, je veux me convertir.
Il quitte aussitôt l’auberge et se dirige vers son monastère pour y faire pénitence ; mais rencontré en chemin par les ministres de la justice, il est saisi et mené au juge ; il avoue tous ses forfaits ; on le condamne à la corde, on ne lui donne pas même le
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temps de se confesser. Pendant qu'on le trafnait au supplice, il se recommanda à Marie ; elle lui conserva la vie, le détacha elle-même de la potence et lui dit : ‘“‘Retourn: au couvent, fait pénitence ; et quand tu me verras à la main la sentence du pardon de tes péchés. prépare-toi à la mort.” Ernest rentra au monastère, raconta le tout à l’abbé, et fit une rigoureuse pénitence. Plusieurs années après, il vit Marie tenant à la main l’acte de son pardon ; aussitôt il se prépara à la mort, et il mourut saintement.
PRIERE
O ma Souveraine, digne Mère de mon Dieu, très sainte Vierge Marie, en me voyant si méprisable et si souillé, je ne devrais pas oser m’approcher de vous et vous appeler ma Mère ; mais je ne veux pas que mes misères me privent de la consolation et de la confiance dont je suis pénétré en vous donnant ce doux nom. J'ai mérilé, il est vrai, que vous me repoussiez ; maïs je vous prie de considérer ce qu'a fait et souffert pour mot votre divin Fils, Jésus ; et puis, repoussez-moi e' vous pouvez. Je suis un misérable pécheur ; plus que les autres, j'ai outragé la Majesté divine ; mais le mal est fait ; j'ai recours à vous, vous pouvez me secourir ; ô ma Mère, venez à mon aide.
Ne me dites pas que vous ne pouvez m'aider ; car je sais que vous êles toute-puissante, vous obtenez de votre Dieu tout ce que vous désirez. Et si vous me répondez que vous ne voulez pas me secourir, dites-moi du moins à qui je dois m'adresser pour être soulagé dans mon excessive détresse. Souffrez qu'avec saint Anselme, je vous dise, à vous et à votre divin Fils: Où bien ayez pitié de moi, vous mon Rédempte *, en me pardonnant, et vous ma Mère, en intercédant ,.our moi ; ou apprenez-moi à qui je dois recourir, montrez-moi en qui je
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Puis trouver plus de miséricorde et avoir plus de confiance. Ah! certes, je ne saurais trouver personne, ni sur la terre, ni dans le ciel, qui ait plus que vous compassion des malheureux, et, qui puisse mieux me secourir. Vous, Jésus, vous êtes mon Père ; et vous, Marie, vous êtes ma Mère. Vous aimez jusqu'aux plus misérables, et vous allez les chercher pour les sauver. Je suis un coupable digne de l'enfer, le plus misérable de tous les À serv ; mais vous n'avez pas besoin d'aller me chercher, et je ne Prélends pas que vous le Jassiez : je me présente à vous dans la ferme espérance que vous ne m'abandonnerez pas. Me voici à vos pieds : mon Jésus, pardonnez-moi ; Marie, ma Mère, secouresmoi.