‹ Gloires de Marie [microforme]Chapitre 27 sur 45 · DI0ER · texte numérisé non relu

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environnera l’'Homme-Dieu. “De même, dit-il, qu’une ligne tirée du centre d’un cercle ne peut en sortir saus passer par la circonférence, ainsi aucune grâce ne peut nous venir de Jésus-Christ, centre de tout bien, sans passer par Marie, qui, en recevant le Fils de Dieu dans son sein, l’a réellement environné de toute part.”

Il résulte de là, selon saint Bernardin, que tous les done, toutes les vertus et toutes les grâces, sont dispensés par les muins de Marie, à qui elle veut, quand elle veut, et comme elle veut.

Richard de Saint-Laurent dit pareillement : “Dieu n’accorde aucun bien à ses créatures sans le faire passer par les mains de la Vierge Mère.” Aussi le vénérable abbé de Celles exhorte chacun de nous à recourir à cette Trésorière des grâces, comme il l’appelle, assurant qu'elle est le seul canal par où le monde et chaque homme en particulier puissent recevoir les faveurs qu’ils attendent de Dieu.

On le voit clairement : en affirmant que toutes les grâces nous viennent par l’entremise de Marie, tous ces saints, tous ces pieux auteurs n’ont pas voulu attacher à leurs paroles ce sens restreint, à savoir : que de Marie nous avons reçu Jésus-Christ, la source de tout bien. Ils nous déclarent en termes formels, qu'à partir de la naissance de Jésus-Christ, et cela en vertu d’un décret divin, touteslesgrâces provenant de ses mérites furent distribuées aux hommes, le sont actuellement, et le seront jusqu’à la fin du monde par les mains et moyennant l’intercession de Marie,

Pour conclure, nous dirons avec le père Suarez que, selon le sentiment aujourd’hui universel de l'Eglise, l’intercession de Marie ne nous est pas seulement utile, mais encore né’essaire. Il ne s’agit pas ici, nous le répétons, d’une nécessité absolue : la médiation de Jésus not: est seule absolument nécessaire :

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nous parlons d’une nécessité morale fondée sur cette raison que, comme le pense l’Eglise d’accord avec saint Bernard, Dieu a décrété de ne nous accorder aucune grâce si ce n’est par l’entremise de Marie. Et avant saint Bernard, saint Iidephonse avait affirmé la même chose , en parlant ainsi à la glorieuse Vierge : “O Marie ! il a plu au Seigneur de remettre entre vos mains tous les biens qu’il a préparés aux hommes ; il vous a confié tous les trésors et toutes les richesses de ses grâces.” Selon saint Pierre Damien, si Dieu p'a pas voulu se faire homme sans le consentement de Marie, c’est pour deux raisons : premièrement, afin de nous obliger à une extrême reconnaissance envers cette divine Mère ; secondement, pour nous apprendre que le salut de tous les hommes est remis à sa décision.

Saint Bonaventure considère le passage où le prophète Isaïe annonce, sous l’emblême d’une tige et de sa fleur, la naissance de Marie et celle du Verbe fait chair : Il sortira une tige de la Racine de Jessé, et une fleur s’élèvera de sa racine, et sur cette fleur reposera l'Esprit du Seigneur ; or voici la réflexion que lui inspire ce beau texte : ‘Quiconque désire obtenir la grâce du Saint-Esprit, doit chercher la Fleur sur la Tige, c’est-à-dire Jésus en Marie : car par la Tige nous arrivons à la Fleur, et par la Fleur nous arrivons à Dieu. Et voulez-vous, ajoute-t-il, avoir cette Fleur ? tâchez, à force de prières, d’incliner vers vous la Tige, et vous l’aurez.’ Le Docteur Séraphique appuie ce conseil sur le texte de l'Evangile : Les Mages trouvèrent l'enfant avec Marie sa Mère : Jamais. dit-il, on ne trouve Jésus qu'avec Marie et par Marie ; ainsi donc, conclut-il, celui-là cherche en pure perte Jésus- Christ, qui ne cherche pas à le trouver avec Marie.” De là ce mot de saint Ildephonse : ‘Pour être serviteur du Fils, je veux l’être de la Mère.” J’aspire à

être le serviteur du Fils ; et comme cela est impossible à quiconque ne l’est pas de la Mère, toute mon ambition est de mériter le titre de serviteur de Marie.

EXEMPLE

Vincent de Beauvais et Césaire racontert qu’un jeune gentilhomme ayant dissipé dans la débauche Les grands biens qu’il avait hérités de son père, s'était vu réduit à l’indigence,si bien qu'il était obligé de mendier son pain. Afin de cacher sa honte avec son nom, il avait pris le parti de quitter sa patrie et d’aller vivre dans une contrée lointaine ; déjà même il était en route quand il fit la rencontre d’un ancien serviteur de sa maison. C'était un impie magicien. Voyant le pauvre jeune homme plongé dans la tristesse à cause de sa misère, il lui dit de se consoler, ajoutant qu’il allait le présenter à un prince généreux qui pourvoirait à tous ses besoins.

Il le prit en effet un beau jour et le mena dans un bois près d’une mare, où il se mit à parler avec un personnage invisible. Le jeune homme lui demanda à qui il parlait. Il lui répondit : ‘Avec le démon et le voyant épouvanté, il l’engagea à ne rien craindre. Il dit ensuite à l’esprit malin : “Seigneur, ce jeune homme est réduit à une extrême nécessité, et il voudrait recouvrer son premier état.—Pourvu qu'il veuille m'obéir, répondit l’ennemi du salut, je le rendrai plus riche qu'auparavant : il faut d’abord qu’il renie Dieu.” A cette proposition, le malheureux fut saisi d’horreur ; mais, pressé par le maudit magicien, il fit ce < on exigeait de lui, il renia Dieu. “Cela ne suffit pas, reprit le démon ; il faut qu’il renie aussi Marie ; Car, nous ne pouvons nous le dissimuler, c’est elle qui nous occasionne nos plus grandes pertes. Combien d’âmes ne retire-t-elle pas de nos mains,

pour les ramener à Dieu et les sauver —Oh ! pour cela, non, répliqua le jeune homme : je ne renie point ma Mère, celle e est toute mon espérance ; J'aime mieux mendier le reste de ma vie.” Et làdessus, il s’en alla.

Comme il retournait dans son pays, il vint à passer devant une église dédiée à Marie ; il y entre tout désolé, va se prosterner devant l’image de la sainte Vierge, et la supplie avec larmes de lui obtenir le pardon de ses fautes. Cette bonne Mère se met aussitôt à prier son divin Fils pour se misérable. Jésus lui dit d’abord : “Mais cet ingrat, ma Mère, vient de me renier !”’ Comme elle ne cessait, malgré cela, de le prier, il ajouta : “O ma Mère, je ne vous ai jamais rien refusé ; je lui pardonne, puisque vous me le demandez.” Un homme avait secrètement observé tout ceci : c'était celui-là même qui avait acheté les biens du dissipateur. Témoin de la tendre commisération de Marie pour ce pécheur, il lui donna en mariage sa fille, qui était son unique enfant, et le fit héritier de toute sa fortune. Ainsi ce jeune homme récupéra, par l’entremise de Marie, la grâce de Dieu et même ses biens temporels.

PRiERE.

Tu vois mon âme, quelle belle espérance de salut et de vie éternelle le Seigneur t’a donnée lorsque, malgré les péchés, par où, si souvent, tu as mérité sa disgrâce, et l'enfer, il a eu la bonté de inspirer une vive confiance dans la protection de sa Mère. Remercie donc ton Dieu, el remercie aussi ta céleste Protectrice, Marie, qui a daigné te prendre sous sa tutelle, ainsi que t’en donnent l'assurance les innombrables faveurs que tu as reçues par son inlercession.

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Oui, 6 ma tendre Mère, je vous remercie de tout le dien que vous avéz fait à un malheureux déjà condamné à l'enfer. De combien de périls ne m'avez-vous délivré, 6 Reine uissante, combien de lumières et FR ricordes ne m'avez-vous pas obtenues de Dieu ! Quel si grand bien, quel si grand honneur avez-vous aonc reçu de moi, pour être si empressée à me prodiguer vos faveurs ? C'est uniquement à votre bonté que j'en suis redevable. Ah ! quand je livrerais mon sang el ma vie, ce serait peu Pour m'acquilter envers vous : vous m'avez délivré de la mort ; vous m'avez fait recouvrer, comme j'en ai la confiance, la grâce de Dieu: en un mot, je vous dois tout.

ue vous rendrai-je, Ô mon aimable Souveraine ? tout ce que je puis dans ma misère, c’est de vous louer et de vous aimer à jamais.

Ah! ne dédaignez pas l'hommage d'un pauvre pécheur épris d'amour Pour votre bonté. Si mon cœur est indigne de vous aimer, parce qu’il est plein de souillures et d’affections terrestres, il dépend de vous de le changer ; de grâce, changez-le. Atiachez-moi à mon Dieu, et attachez-moi iellement Que je ne puisse jamais Plus me séparer de so". amour. Vous demandez de moi que j'aime votre Dieu, et c’est la grâce que je vous demande ; oblenez-moi de l'aimer, de l'aimer loujours, et je ne désire plus rien. Amen.

Suite du même sujet.

Un homme et une femme ayant coopéré à notre ruine, il convenait, remarque saint Bernard, qu’un autre homme et une autre femme coopérassent à notre réparation ; et c’est ce qu'ont fait Jésus et Marie. Sans doute, ajoute-t-il, pour nous racheter, c'était assez de Jésus-Christ seul ; Mais il était plus

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convenable que les deux sexes concourussent à notre galut, comme ils avaient concouru à notre perte. C’est pourquoi le bienheureux Albert-le-Grand ns à Marie le titre de Coopératrice de la rédemption. Elle disait elle-même un jour à sainte Brigitte que comme Adam et Eve ont vendu le monde pour un seul fruit, elle et son divin Fils l’ont racheté d'un même cœur. Selon la pensée de saint Anselme, Dieu a bien pu créer le monde de rien ; mais, le monde s’étant perdu par le péché, Dieu n’a pas voulu le restaurer sans la coopération de Marie.

Suivant Su: :z, la divine Mère a contribué à notre salut de tres ::.nières : c’est d’abord qu’elle a mérit, d’un mérite de convenance, commedisent lesthéologiens, l’Incarnation du Verbe ; c’est ensuite que pendant sa vie mortelle, elle s’est appliquée avec ucop de zèle à prier pour nous ; c’est enfin qu’elle a fait généreusement à Dieu le sacrifice de la vie de son Fils pour notre rédemption. Eh bien ! en récompense de l'immense gloire qu’elle a rendue à Dieu et de l’ineffable amour qu’elle nous a témoigné en travaillant ainsi à la réhabilitation de tous les hommes, Dieu a statué avec justice qu'aucun n’obtiendrait le salut si ce n’est rar son intercession.

Suivant Bernardin de Bustis, Marie s’appelle la Coopératrice de notre justification, parce que Dieu lui a confié toutes les grâces qu’il voulait bien nous faire. Et saint Bernard en conclut qu’elle est le centre et le point culminant des siècles, et comme le phare salutaire, qui attira les regards des générations passées, qui doit attirer ceux de la génération présente, et de toutes les générations futures.

Personne, a dit Jésus, ne peut venir à moi si d’abord mon Père qui m'a envoyé, ne l’attire par sa grâce. Or, selon Richard, il dit pareilleme , : “Personne ne peut venir à moi si ma Mère ne l’attire par ses prières.”

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Jésus est le fruit des entrailles de Marie, selon l’exression de sainte Elisabeth : Vous êtes bénie entre Les femmes, et béni est le fruit de votre sein. Mais celui qui veut le fruit, doit aller à l'arbre ; et partant, si quelqu'un veut trouver Jésus, il faut qu'il aille à Marie, qu’on ne trouve jamais sans trouver en même temps Jésus. Quand sainte Elisabeth vit la très sainte

ierge qui venait la visiter dans sa maison, ne sachant comment lui témoigner sa reconnaissance, elle s’écria avec une profonde humilité : Comment ai-je pu mériler que la M ère de mon Dieu vint à moi ?—Mais, demandera-t-on, sainte Elisabeth ne savait-elle pas qu’elle avait chez elle, non seulement Marie, mais encore Jesus? Au lieu donc de se dire indigne de recevoir la visite de la Mère, pourquoi ne se dit-elle pas plutôt indigne de recevoir celle du Fils?—Ah ! a sainte savait très bien que, lorsque Marie vient, "+ amène avec elle Jésus ; en conséquence, il lui - «fisait de remercier la Mère, sans nommer le Fils.

Il est écrit de la Femme forte : Pareille au navire d'un marchand, elle apporle son pain de loin. Telle est bien Marie, vaisseau béni qui apporta au monde Jésus-Christ, le Pain vivant descendu du ciel pour nous donner la vie éternelle : Je suis, dit-il, le Pain vivant descendu du ciel, si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement. D'un autre côté, selon la remarque de Richard, tous ceux-là périront qui voguent sur a mer Orageuse du monde en dehors de ce mystique navire, c’est-à-dire sans être protégés par Marie.

insi donc, ajoute-t-il, chaque fois que les tentations ou les révoltes des passions, si fréquentes dans cette vie, nous mettent en péril, il nous faut recourir à Marie et pousser vers elle ce cri de détresse : Au secours, 6 notre Reine ! sauvez-nous, ou bien vous allez nous voir perdus !

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D'après le glorieux saint Gaétan, nous pouvons bien demander les grâces, mais nous ne pourrong jamais les obtenir sans cet appui. Ce que confirme saint Antonin par cette belle expression : “Demander et vouloir obtenir les | sans l’intercession de Marie, c’est prétendre voler sans ailes.”’—Pharaon confia à Joseph un plein pouvoir sur toute l'Egypte ; et dès lors, tous ceux qui venaient au palais demander des secours, il les renvoyait en leur disant : Allez à Joseph ; ainsi, quand nous sollicitons ses grâces, le Seigneur nous renvoie à la bienheureuse Vierge : Allez, dit-il, allez à Marie. Carila décrété, assure saint Bernard, de ne rien nous accorder, si ce n’est par les mains de Marie. “Si donc les Egyptiens ont pu dire à Joseph : Notre salut est entre vos mains, nous avons bien plus de sujet, remarque Richard, de le dire à Marie ; car vraiment notre salut est en son pouvoir.” Le vénérable Idiot exprime la même pensée dans les mêmes termes ; et Cassien, enchérissant encore, dit d’une manière absolue, que le salut de tout homme consiste à être favorisé et protégé par Marie ; en d’autres mots, celui-là se sauve qui jouit de la protection de Marie : celui-là se perd qui en est

rivé. Puissante Reine, lui dit saint Bernardin de

ienne, vous êtes la dispensatrice de toutes les grâces ; la grâce du salut ne peut donc nous venir que de votre main, et partant notre salut dépend de vous.

Richard a donc eu raison de dire : “Comme une pierre tombe dès ge ôte ce qui la soutient, ainsi une âme qui perd l’appui de Marie, tombe d’abord dans le péché et puis dans l’enfer. =

Saint Bonaventure ajoute que Dieu ne nous sauvera pas si Marie n’intercède pour nous : comme un enant ne aurait vivre qui n’a pas de nourrice, dit-il encore, ainsi une Âme ne saurait se sauver sans l’aide de Marie, “Que votre âme, conclut-il, soit donc

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