‹ Gloires de Marie [microforme]Chapitre 30 sur 45 · A EE E · texte numérisé non relu

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prudente et si sage, dit Richard de Saint-Laurent, que le divin Juge, son Fils, ne peut condamner les coupables dont elle prend la défense. De là cette exclamation de Jean le Geomètre : “Salut, Ô vous qui mettez fin à tous les différends.’ Toutes les causes soutenues par cette très sage Avocate sont, en effet, autant de causes gagnées.

Voilà pourquoi saint Bonaventure désigne Marie sous le nom de la sage Abigaïl. Selon le récit de l’Ecriture, cette femme fit si bien par ses éloquentes prières, qu’elle apaisa la colère de David contre Nabal; et ce prince la bénit et la remercia de l'avoir, par ses gracieux procédés, empêché de venger lui-même ses injures : Soyez bénie, vous qui m'avez retenu, lorsque j'allais me venger de ma propre main. Ce qu’Abigaïl fait pour Nabal, Marie le fait chaque jour au ciel en faveur d’un nombre infini de pécheurs : par ses sages et tendres prières, elle sait si bien apaiser la justice divine, que Dieu lui-même la bénit et la remercie, en quelque sorte, de ce qu’elle l'empêche ainsi de re-

jeter les coupables et de les punir comme ils le méritent.

C’est parce qu’il veut user envers nous de toute la miséricorde possible que, non content de nous avoir donné Jésus comme principal Avocat, chargé de nous défendre auprès de lui, le Père éternel nous a encore donné Marie pour Avocate auprès de Jésus lui-même. Ainsi parle saint Bernard. Sans doute, ajoute-t-il, Jésus-Christ est l’unique Médiateur de justice entre Dieu et les hommes ; lui seul peut, en vertu de ses mérites, et il veut conformément à ses promesses, nous obtenir le pardon de nos fautes et la grâce divine. Mais en Jésus-Christ nous redoutons encore la majesté divine, qui réside toujours en lui, puisqu’il est tout à la fois homme et Dieu ; c’est pourquei il a été nécessaire de nous assigner un autre avocat,

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auquel nous pussions recourir avec moins de crainte et plus de confiance. Eh bien ! le choix du Seigneur est tombé sur Marie, l’Avocate la plus puissante auprès de sa divine majesté, la plus miséricordieuse envers nous que nous puissions trouver.

Le même saint continue : Celui-là ferait injure à

la bonté de Marie, qui appréhenderait encore d’aller se jeter aux pieds de cette douce Avocate, qui n’a rien de sévère, rien de terrible, qui n’est que prévenance, amabilité et tendresse. Lisez, et relisez tant que vous voudrez, toute l’histoire évangélique ; et, 81 vous y trouvez un seul acte de sévérité de la part de Marie, craignez alors de vous approcher d'elle. Mais vous n’en trouverez aucun ; ayez donc recours à elle avec une joyeuse confiance, et elle voussauvera par son intercession.

Voici le discours touchant que Guillaume de Paris met dans la bouche du pécheur recourant à Marie : O Mère de mon Dieu, dans l’état misérable où je me vois réduit par mes péchés, j'ai recours à vous avec une pleine confiance ; et si vous me rejetez, je vous représenterai que vous êtes d’une certaine manière tenue de m’assister, puisque toute l'Eglise vous appelle et vous proclame Mère de miséricorde. O Marie, vous êtes bien celle que Dieu chérit au point de l’exaucer toujours ; votre grande miséricorde n’a jamais manqué à personne ; votre douce affabilité n’a jamais dédaigné aucun pécheur, si coupable fût-il, dès qu’il s’est recommandé à vuus. ’

Eh quoi ! serait-ce à tort ou en vain que toute l’Eglise vous nomme son Avocate et le Refuge des malheureux? Non, ô ma Mère, jamais il n’arriv. que mes fautes puissent vous empêcher de remp l’auguste min'rière de bonté dont vous êtes chargée, et en vertu duquel vous êtes à la fois l’Avocate et la Médiatrice de paix entre Dieu et les hommes, et,

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après votre divin Fils, l'unique Espérance et le Refuge assuré des misérables, Tout ce que vous avez de grâce et de gloire, et la dignité même de Mère de Dieu, vous en êtes redevable, s’il est permis de le dire,

à aucun misérable qui l'appelle à son aide ! Ainsi, ô Marie, puisque c’est votre office de réconcilier les hommes avec Dieu, n’écoutez, pour venir à mon aide, que votre douce miséricorde, qui est bien plus grande que tous mes péchés,

Consolez-vous donc, ô âmes pusillanimes, dirai-je enfin avec saint Thomas de Villeneuve; respirez et prenez Courage, Ô pauvres pécheurs ; cette auguste Vierge, Mère de votre Juge et de votre Dieu, est l’Avocate du genre humain : Avocate puissante, qui peut tout ce qu’elle veut auprès du Seigneur ; Avocate

leine de sagesse, qui connaît tous les moyens de apaiser ; Avocate universelle, qui accueille tout le monde et ne refuse à personne de le défendre.

EXEMPLE

Cette miséricorde à l'égard des pauvres pécheurs, notre céleste Avocate la manifesta d'une manière bien éclatante par ce qu’elle fit, selon Césaire et le père Rho, en faveur d’une religieuse de Fontevreault, nommée Beatrix. Cette malheureuse s'était éprise d’une folle passion pour un jeune homme : de concert avec lui, elle avait formé le complot de s'enfuir pour le suivre ; et un jour en effet, elle s’en alla auprès d’une statue de Marie, déposa à ses pieds les clefs du couvent, dont elle était portière et partit sans pudeur. S’étant rendue dans une contrée éloignée, elle

s’oublia jusqu’à faire le métier de courtisane, et vécut uinze années dans cette d tion. Au bout e ce temps, elle rencontra dans la ville qu’elle habitait le pourvoyeur de son couvent ; et persuadée qu’il ne pouvait la reconnaître, elle lui demanda s'il conpaissait la sœur Béatrix. ‘Parfaitement, répondit-il. c’est une sainte religieuse, et elle est à présent maîtresse des novices.” Stupéfaite et tout interdite à cette réponse, la pécheresse ne savait que penser. Afin de savoir le mot de l’énigme, elle se travestit, et se transporta au couvent. Là, elle demande la sœur Béatrix ; et voilà que devant elle se présente la sainte Vierge, sous les traits de cette statue même aux pieds de laquelle, au moment de quitter le monastère, elle avait déposé les clefs et ses vêtements. ‘‘Béatrix, lui dit la divine Mère, sachez que, pour sauver votre honneur, j'ai pris vos tr”its, et rempli votre char pendant ces quinze années que vous avez vécu loin du couvent. venez à Dieu, ma fille ; mon fils est encore prêt à vous recevoir ; faites donc pénitence, et tâchez de conserver, par une vie édifiante, la bonne réputation que je vous ai acquise ici.’ Elle dit, et disparut. Béatrix, touchée de reconnaissance pour cette extrême miséricorde de Marie envers elle, reprit l’habit religieux, rentra dans le couvent, et y vécut saintement le reste de ses jours. A sa mort, elle découvrit le tout pour la gloire de la Reine du ciel.

PRIERE

Glorieuse Mère du Sauveur, je le confesse, l’ingratitude dont j'ai si longtemps usé envers Dieu et vous, mérilerait, que par un juste retour, vous me retirassiez tous vos soins ; car l’ingrat n’est plus digne de bienfaits. Mais, ma douce Souveraine, j'ai une haute idée de votre bonté ; je suis convaincu qu'elle surpasse de beaucoup

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mor ‘ngralitude. Continuez donc, 4 Refuge des pé-

u:., et ne cessez jamais de secourir un pauvre pécheur qui se confie en vous. O Mère de miséricorde, daignez tendre la main à un malheureux qui est tombé, et qui implore votre pitié. Défendez-moi, 6 Marie, où bien dites-moi à qui je dois m'adresse: qui puisse me défendre mieux que vous. Mais où trai-je chercher une Avocate plus compatissante et plus puissante au-

ès de Dieu, que vous qui êtes sa Mère? En devenant

Mère du Sauveur, vous fûtes investie de l'office de sauver les pécheurs, et vous m'avez été donnée pour me guider au port du salut ; 6 Marie, sauvez celui qui a recours à vous.

Je ne mérite point votre amour ; mais le désir que vous avez de sauver ceux qui sont perdus, m’inspire la confiance que vous m’aimez ;et si vous m'aimes, comment Pourrais-je périr à jamais? Ma chère Mère, si je me sauve par votre secours, comme je l'espère, je ne vous serai pas ingrat : par des louanges éternelles, je réparerai mon ingralitude passée ; et ce sera en vous consacrant toutes les affections de mon âme que je reconnaîtrai l'amour dont vous m'avez donné tant de preuves. Au ciel, où vous régnez et règnerez éternellement, je chanterai avec joie et sans fin vos miséricordes, et je baiserai celle main charitable qui m'a d''ivré de l'enfer autant de fois que je l'ai mérité par mes péchés. O Marie Ô ma libératrice ! 6 mon espérance ! 6 ma Reine! ô mon Avocate ! 6 ma Mère ! je vous aime, je vous aime, et je veux vous aimer à jamais. Amen, amen. Ainsi J'espère, ainsi soit-il.

Marie réconcilie les pécheurs avec Dieu.

La grâce de Dieu est pour toute me un trésor extrêmement précieux et extrêmement désirable.

“C’est un trésor infini, dit l'Esprit Saint, car elle élève ceux qui la possèdent à la dignité d’amis de Dieu.”’ Aussi, Jésus, notre Rédempteur et notre Dieu, n’a pas dédaigné de donner ce titre à ceux qui sont en état de grâce, et de leur dire : Vous êtes mes amis. Ah! maudit soit le péché qui rompt les liens de cette belle amitié ! Ce sont vos iniquités, dit Isaïe, qui ont mis la division entre vous et votre Dieu ; maudit soit le péché qui, entrant dans une âme, la rend odieuse à Dieu, et d’amie qu’elle était de son Seigneur, la rend son ennemie, selon cette parole du Sage : Dieu haïit l'impie et son impiété.

Que doit donc faire celui qui a le malheur de se trouver dans l’inimitié de Dieu ?—Il faut qu’il cherche un médiateur, qui lui obtienne son pardon et lui fasse recouvrer la divine amitié qu’il a perdu. ‘‘Consoletoi, pauvre pécheur qui as perdu la grâce de Dieu, dit saint Bernard ; ce Dieu lui-même t’a donné un Médiateur dans la personne de son propre Fils Jésus, lequel peut t’obtenir tout ce que tu désires.

Mais, grand Dieu ! s’écrie ici le Saint, d’où vient que les hommes se figurent sévère ce miséricordieux Sauveur qui les a rachetés au prix de sa vie? comment peut leur paraître terrible celui qui est tout aimable ? Que craignez-vous, pécheurs, pourquoi manquez-vous de confiance ? Si ce sont vos péchés qui vous effraient sachez que Jésus lui-même les a attachés à la croix avec ses mains déchirées, qu’il en a payé la peine à la justice divine et en a purgé vos âmes. Mais peut-être vous n’osez encore vous adresser directement à Jésus- Christ, peut-être sa majesté divine vous épouvante ; en se faisant homme, dites-vous, il n’a pas cessé d’être Dieu ; voulez-vous donc un autre avocat auprès de ce divin Médiateur? Eh bien ! recourez à Marie ; elle intercédera pour vous auprès de son Fils, qui l’exaucera certainement ; et Jésus intercèdera auprès de

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son Père, qui ne peut rien refuser à un tel Fils. Sainr Bernard termine ainsi cette exhortation : “Cette divine Mère, à mes enfants, est l'échelle des pécheurs Ë c’est par elle qu’ils remontent à la hauteur e la grâce; elle est ma confiance la plus assurée, elle est tout le fondement de mon espérance,

Voici comment l’Esprit-Saint fait parler la bienheureuse Vierge dans les Cantiques : ‘“‘Je suis la défense de ceux qui recourent à Moi, et ma miséricorde est pour eux comme une tour de refuge ; c’est pourquoi le Seigneur m’a étahiir Médiatrice de peix entre lui et les pécheurs.- -Murie, dit !l: cardinal Hugues sur ce texte, Murie est la P icificatrice universelle : elle réconcilie Dieu avec ses eur :mis, elle procure le salut à ceux qui sont perdus, Je pardon aux pécheurs, la et aux désespérés. C’est nourquoi le divin Epoux la trouve belle comme le puville se de Salomon. Sous les pavillons ou les tentes 44 Daid, on ne traitait que de guerre ; mais sous ceux de Sa lomon, on traitait uniquement de choses racifiques, Par cette comparaison done, l’Esprit-Saint zuus dune ne à entendre que cette Mère de miséricorde ne traite jamais de guerre et de vengeance contre les pécheurs, mais seulement de paix et de pardon.

Une autre figure de Marie sous ce rapport, ce fut la colombe qui, sortie de l’arche de Noé, y revint avec un rameau d’olivier, emblême de la paix que Dieu accordait au genre humain. C’est l'interprétation de saint Bonaventure : “O Marie, dit-il, vous êtes la fidèle Colombe qui, par son entremise auprès de Dieu, a ménagé au monde, après sa ruine, la paix et le salut.” Céleste Colombe, elle apporta au monde submergé dans les eaux du péché, le rameau pacifique le gage du pardon, quand elle donna le jour à Jésus-

ist, source de toute miséricorde ; et c’est elle qui depuis lors, nous 2 obtenu en vertu des mérites du

Sauveur, toutes les grâces que Dieu nous a faites. Et de même que la paix du ciel a été donnée au monde ee Marie, comme le lui dit saint Epiphane, c’est par e moyen de Marie que, chaque jour encore, les pécheurs sont réconciliés avec Dieu. De là ces paroles que le bienheureux Albert-le-Grand lui met sur les lèvres : ‘“‘Je suis la Colombe de Noé ; c’est moi qui apporte à l’Eglise la paix universelle.”

Nous avons encore une figure expresse de Marie dans l’arc-en-ciel, dit le cardinal Vitale, c’est Marie, toujours présente au tribunal de Dieu pour adoucir les sentences et les châtiments suspendus sur la tête des pécheurs.”’ D’après saint Bernardin de Sienne, c'était de cet arc-en-ciel que parlait le Seigneur quand il disait à Noé : 'e placerai mon arc dans les nuages en signe de l'alliance entre moi et la terre... ; en le voyant je me souviendrai de la paix perpétuelle que je fais avec les hommes. La bienbeureuse Vierge est bien cet arc de paix éternelle, ::: le saint, car, de même qu’à la vue de l’arc-en-ciei Dieu se souvient de la paix promise à la terre, ainsi, à la prière de Marie, il remet aux pécheurs les offenses qu'ils lui ont faites, et conclut la paix avec eux.

En outre, toujours pour la même raison, Marie est comparée à la lune. Cet astre, remarque saint Bonaventure, est entre le ciel et la terre, et Marie s’interpose continuellement entre Dieu et les hommes, elle apaise le Seigneur irrité contre les coupables, et éclaire ceux-ci pour les ramener à lui.

Et tel fut le principal office dont Dieu chargea Marie quand il la donna à la terre, à savoir, de relever les âmes déchues de la grâce, et de les réconcilier avec lui.—Paissez vos chevreaux, lui dit le Seigneur en la créant. Les chevreaux, on le sait, représentent les pécheurs qui, dans la vallée du Jugement, devront rester à la gauche, tandis que les élus, figurés par les

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brebis, seront placés à la droite. Or, dit l’abbé Guillaume en s'adressant à Marie, ces chevreaux vous sont confés, Ô puissante Reine, afin que vous changiez en brebis, et que ceux qui, par leurs fautes, ont mérité d’être rejetés à la gauche, soient is à la droite par votre intercession. Ce commentaire -’accorde avec une révélation faite à sainte Catherine de Sienne. Le Seigneur lui déclara qu'il avait créé Marie, sa Fille bien-airaée, comme un doux appât pour prendre et attirer à lui les hommes, et particulièrement les pécheurs. Mais il faut noter ici la belle réflexion de Guillaume sur le texte sacré que nous venons de citer : “Dieu, dit-il, recommande à Marie les chevreaux qui sont à elle : Paissez vos Che. vreaux ; parce que la Vierge ne sauve pas tous les pécheurs, mais seulement ceux qui la servent et l’honorent, quelque souillés qu’ils soient d’ailleurs. Quant ceux qui vivent dans le péché, ajoute-t-il, sans honorer Marie par quelque hommage spécial, et sans se Moaaner à elle pour sortir de leur triste état, ils ne sont point ses chevreaux ; au jour du jugement, ils seront misérablement placés à la gauche pour être damnés.”

Un gentilhomme désespérait de son salui à cause de l’énormité de ses fautes ; un religieux lui conseilla de se rendre dans une certaine église où l’on vénérait une mage de Marie, et d’implorer le secours de cette bonne Mère. Ilse transporte à l’église et, à l'aspect de la pieuse image, il se sent comme invité par la Vierge à se jeter à ses pieds et à prendre confiance. Il approche, se prosterne, et se dispose à baiser les pieds de la statue ; mais elle s’anime à l'instant, et lui présente à baiser sa main bénie, sur laquelle il lit ces mots : Ego Eripiam te de affligentibus te ; c'est-àdire : “Mon fils, ne t’abandonne point au désespoir ; Je te délivrerai de tes péchés, et de toutes les craintes

qui t’affligent.’—On rapporte qu’en lisant ces douces es le pécheur conçut une si grande douleur de ses autes, et fut pénétré d’un si ardent amour envers Dieu et sa tendre Mère, qu’il mourut là même aux pieds de Marie.

Oh ! combien de pécheurs obstinés sont attirés tous les jours à Dieu par cet Aimant des cœurs ! C’est ainsi qu’elle s’est appelée elle-même, en disant à sainte Brigitte : “Comme l’aimant attire le fer, ainsi j’attire æ cœurs les plus endurcis pour les réconcilier avec Dieu.” Et ce prodige se renouvelle, non pas rarement, mais chaque jour. Je pourrais en citer, pour ma part, un grand nombre de cas arrivés dans nos seules missions : souvent des pécheurs restés plus insensibles que le fer à tous les autres sermons, sont touchés de repentir et reviennent à Dieu, dès

u’ils entendent prêcher la miséricorde de Marie.

aint Grégoire dit que la licorne est une bête si féroce qu'aucun chasseur ne peut réussir à la rendre, mais qu’à la voix d’une vierge elle devient docile, s’approche et se laisse lier par elle sans résistance. Oh ! combien de er re qui, plus intraitables que les bêtes féroces, fuyaient loin de Dieu, accourent auprès de la Reine des Vierges aussitôt qu’ils entendent sa voix, et se laissent doucement enchaîner par elle au joug du Seigneur !

D’après saint Jean Chrysostome, Marie 2 encore été élevée à la dignité de Mère de Dieu, afin que sa douce miséricorde et sa puissante intercession sauvent les misérables que leur mauvaise vie obligerait la justice divine à réprouver. “Il en est bien ainsi, assure saint Anselme, car c’est pour les pécheurs plus que pour les justes, qu’elle est devenue Mère de Dieu ; Jésus-Christ n’a-t-il pas déclaré qu'il était venu appeler, non les justes, mais les pécheurs ?” Aussi la sainte Eglise n’hésite pas à chanter :

Peccatores non exhorres, Sine quibus nunquam fores Tali digna Filio :

“Vous n’avez pas horreur des pécheurs, sans lesquels vous n’eussiez jamais été Mère d’un tel Fils.” — Et Guillaume de Paris va jusqu’à lui tenir ce langage encore plus pressant : O Marie, vous êtes obligée à

ut ce que vous avez reçu de dons, de grâces et de grandeurs, en un mot, tout ce que renferme votre sublime dignité de Mère de Dieu, vous en êtes, s’il est permis de le dire, redevable aux pécheurs ; car c’est à cause d’eux que vous avez été rendue digne d’avoir un Dieu pour Fils. S'il en est ainsi, conclut saint Anselme, comment puis-je désespérer d'obtenir le pardon de mes fautes, quelle qu’en soit l’énormité ?

Dans la messe de la vigile de l’Assomption, l'Eglise nous apprend que la Mère de Dieu a été transportée de la terre au ciel, afin d’intercéder pour nous auprès du Seigneur avec une entière assurance d’être exaucée. De son côté, saint Justin donne à i signifie l’arbitre d’un différend, la

arties en procès remettent tous leurs titres. Par là,

us, notre Juge, qui remet à son pacifique arbitrage tous ses griefs contre nous.

Pour saint André de Crète, Marie est “la caution, la garantie, ou le gage de notre réconciliation avec Dieu.” Et voici quelle est sa pensée : tout le désir

i er avec les pécheurs en leur

or, afin qu’ils ne doutent aucunement de sa disposition à leur pardonner, il leur en donne comme un gage dans la personne de

Marie. De là cette exclamation du même saint : “Je vous salue, Ô vous qui êtes 11 paix entre Dieu et les hommes !”’ Saint Bonaventure s'appuie sur cette pensée pour encourager le pécheur : “Tu crains peut-être, lui dit-il, que dans son courroux le Seigneur ne veuille tirer vengeance de tes fautes ; eh bien ! suis mon conseil, recours à l’Espérance des pécheurs, adresse-toi à Marie ; et si tu doutes aussi qu'elle consente à plaider ta cause, sache qu’elle ne peut s’y refuser : Dieu lui-même l’a chargée de secourir d'office les plus misérables.”

Mais quoi ! s’écrie l’abbé Adam, un pécheur doitil jamais craindre de périr, quand la Mère même de son Juge s'offre à lui servir de mère et d’avocate ? Et vous, à Marie, ajoute-t-il ; vous, la Mère de miséricorde, dédaignerez-vous de prier votre divin Fils, qui est notre Juge, pour un autre fils, qui est le pécheurs ? refuserez-vous d’intercéder en faveur d’une âme rachetée, auprès de son Rédempteur, qui est mort sur la croix pour sauver les pécheurs? Oh ! non, vous ne le refuserez point ; vous vous emploierez avec toute l’ardeur de votre zèle à prier pour tous ceux qui ont recours à vous ; car vous savez que le Seigneur, qui a établi votre Fils Médiateur de paix entre Dieu et l’homme, vous a établie en même temps Médiatrice entre le Juge et le coupable.

Concluons avec saint Bernard : Pécheur, quel que tu sois, fusses-tu tout couvert de la fange de tes fautes, eusses-tu vieilli dans l’iniquité, garde-toi de te livrer au désespoir. Rends grâces à ton Seigneur qui, dans son désir de te faire miséricorde, ne s’est pas contenté de te donner son Fils pour avocat, mais a voulu t’inspirer plus de courage encore et plus de confiance, en te remettant aux mains d’une Médiatrice qui obtient par ses prières tout ce qu'il lui plaît. Va donc, recours à Marie, et tu seras sauvé.

soient effacés de ce livre.” Marie entendit sa pus, lui apparut et lui dit que, pour obtenir ce qu’elle demandait, elle ne devait perdre jamais de vue le souvenir de ses péchés et de la miséricorde avec laquelle Dieu l’avait traitée ; elle devait penser sans cesse à la passion soufferte par Jésus pour l’amour d'elle, et considérer combien de malheureux étaient damnés pour des fautes moins nombreuses que les siennes ; elle lui révéla en même temps que, ce jour-là, un enfant de huit ans devait être précipité en enfer pour un seul péché.—Benoîte ayant obéi fidèlement à la très sainte Vierge, Notre-Seigneur daigna un jour lui apparaître lui-même ; et lui montrant le livre tant redouté, il lui dit : “Voici que tes péchés sont effacés, le livre est blanc ; écris-y maintenant des actes d’amour et de vertu.” C’est ce que fit Benoîte, et elle mena depuis une vie sainte, qui fut couronnée par une sainte mort,

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St doc, 6 ma très douce Souveraine, si votre office est, comme vous le dit Guillaume de Paris, de vous porter Médiatrice entre Dieu et les pécheurs, je vous adresserai la prière de saint Thomas de Villeneuve, et vous dirai : montrez que vous êles notre Avocate et, en ma faveur aussi, acquittez-vous de votre office. Ne me dites pas que ma cause est trop difficile à gagner ; car je le sais, et tout le me l’assure : jamais cause défendue par vous, si désespérée fût-elle, n’a été perdue ; et la mienne le serait? Non, je ne le crains pas.

A la vérité, si je ne voyais que mes innombrables péchés, j'aurais lieu de douter de votre disposition à me défendre, mais quand je pense à votre immense miséricorde, et à l'extrême désir qui anime votre bon cœur, de secourir les pécheurs les plus désespérés, je ne saurais

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non plus m'arrêter à cette crainte-là. Et qui jamais s’est perdu, après avoir eu recours à vous ? Jevous appelle

à mon secours, Ô Marie, ma puissante Avocate, mon refuge, mon espérance et ma Mère ; je remets entre vos mains la cause de mon salut éternel ; je vous confie mon âme : elle était perdue, mais c'est à vous de la sauver. Je rends de continuelles actions de grâces au Seigneur qui me donne une si grande confiance en vous ; car je le sens : nonobstant mon indignité, cette confiance m'assure de mon salut.

Une seule crainte me reste et m'aftige, Ô ma bienaimée Reine, c’est que je vienne à perdre un jour, par ma négligence, cette confiance en vous. Je vous en BUT; plie donc, 6 Marie, par tout l'amour que ous portez à votre Jésus, conservez et augmentez sans cesse en moi l'heureuse confiance en vos prières par lesquelles j'espère avec certitude récupérer l'amitié divine. Cette amitié, Je l'ai follement méprisée et perdue par le passé ; mais, une fo1s recouvrée, j'espère La conserver Par votre secours ; et ainsi, je l'espère encore, un Jour enfin j'irai en paradis vous remercier et chanter les miséricordes de Dieu et les vôtres pendant toute l'éternité. Amen. Tel est mon espoir puisse-t-il être rempli ! Il le sera.

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