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Voici ce que nous lisons dans la vie de la servante de Dieu, sœur Séraphine de Capri. Etant un jour en prière pendant la neuvaine de l’Assomption de la très sainte Vierge, elle lui demanda la conversion de mille pécheurs, et elle craignit ensuite d’avoir demandé trop ; mais la Mère du Sauveur lui apparut et la reprit de cette vaine appréhension, en lui disant “Pourquoi crains-tu ? ne suis-je pas assez puissante pour obtenir de mon Fils le salut de mille pécheurs ? Cela est déjà fait, les voilà.” Alors elle la conduisit en esprit dans le paradis, où elle lui montra des âmes sans nombre, qui avaient mérité l'enfer, et qui, sauvées par son intercession, jouissaient de la béatitude éternelle.
Il est vrai qu’en cette vie nul ne peut être assuré de son salut : Nul ne sai s’il est digne d'amour ou de haïne ; mais toutes choses demeurent incertaines jusqu’au siècle à venir. Toutefois, à la question du psalmiste : Seigneur, qui sera reçu dans votre tabernacle ? qui sera sauvé? Saint Bonaventure répond : “Nous tous pécheurs, baisons les traces des pieds de Marie, prosternons-nous à ses pieds sacrés, tenons-les embrassés, et ne la laissons point aller qu’elle ne nous ait Lénis ; car sa bénédiction sera pour nous un gage certain du bonheur céleste.”
O grande Reine, s’écrie saint Anselme, dites seulement que vous voulez notre salut, et nous ne pourrons manquer d’être sauvés. Saint Antonin ajoute que les âmes protégées par Marie se sauvent nécessairement.
Selon la remarque de saint Iidephonse, la sainte Vierge a eu raison de prédire que toutes les générations la proclameraient Bienheureuse : Beatam me dicent omnes generationes ; puisque c’est par elle que tous les élus parviennent à l’éternelle béatitude.
De là cette exclamation de saint Méthode : “Vous êtes, Ô Mère de Dieu, le commencement, le milieu et la fin de notre félicité.” — I] dit : Le commence: ment, parce que Marie nous obtient le pardon de nos péchés ; le milieu, parce qu’elle nous obtient la persévérance dans la grâce ; la fin, parce qu’à la mort elle nous obtient le paradis. — De là encore ces belles paroles de saint Bernard à Marie : “Par vous, le ciel a été rempli ; par vous, l’enfer a été dépeuplé ;(1) par vous, les ruines du paradis ont été relevées ; par Vous, en un mot, J: vie éternelle 2 été accordée à une multitude de maiheureux qui s’en étaient rendus
Mais ce qui doit surtout nous faire attendre avec une inébranlable confiance le bonheur céleste c’est
magnifique promesse faite par Marie elle-même à
. Ceux qui l’honorent, et spécialement à ceux qui, par
leurs discours et leurs exemples, s'efforcent de la faire connaître et honorer aussi des autres : Ceux qui travaillent pour moi, ne tomberont pas dans le péché; ceux qui me font connaître, auront la vie éternelle. Heureux donc, s’écrie saint Bonaventure, heureux ceux qui savent mériter les bonnes grâces de Marie ! Ils sont reconnus d’avance par les habitants de la céleste Jérusalem pour les Compagnons de leur gloire : et quiconque porte la marque de serviteur de Marie, a déjà son nom inscrit au livre de vie.
Que sert-il, après cela, de nous embarrasser de la question tant agitée dans l'école : si la prédestination à la gloire précède ou suit la prévision des mérites î et de nous demander avec inquiétude si nous sommes inscrits, oui ou non, au livre de vie? — Pourvu que ROUS soyons de vrais serviteurs de Marie, et que nous
(1) L'enfer a été dépeuplé, c’est-à-dire : l'enfer a perdu une multitude d’Ames qui, sans vous, y seraient tombées,
obtenions sa protection, nous serons certainement du nombre des élus ; Car saint Jean Damascène nous l’assure, Dieu n’accorde la dévotion envers sa sainte Mère qu’à ceux qu'il a résolu de sauver. Cela parait
par l'organe de saint Jean : Quiconque sera victorieux, J'écrirai sur lui le nom de mon Dieu et le nom de la cité de mon Dieu. Celui qui doit vaincre et se sauver, portera donc écrit sur son cœur le nom de Ia cité de
ieu ; et quelle est cette cité de Dieu, sinon Marie, comme l'explique saint Grégoire à propos de ce passage de David : On a dit de vous des choses glorieuses, Ô cité de Dieu !
On peut donc très bien dire, en empruntant les expressions de saint Paul : À ce signe le seigneur reconnaît ceux qui sont à lui. Ce signe est la dévotion à Marie ; Celui qui en est marqué, Dieu le reconnaît comme l’un des siens. Aussi Pelbert affirme que la dévotion à la Mère de Dieu est le signe le plus assuré qu’on fera son salut. Et Alain de la Roche dit que l'habitude d’honorer souvent ia sainte Vierge par la récitation de la salutation angélique, est une très grande marque de prédestination. I! :n dit autant
familiers de la Reine du Ciel et les gens de sa cour : Tous ceux de sa maison, dit le sage, sont munis d’un double vêtement.
Sainte Marie-Madeleine de Pazzi vit un jour sur mer une nacelle où s'étaient réfugiés tous les ser-
viteurs de Marie, qui faisait elle-même l'office de
pilote et les conduisait sûrement au port. Cett vision apprit à la sainte qu’au sein les périls de 1 vie présente, les protégés de Marie échappent au nau frage du péché et de la damnation, guidés qu’ils son par elle vers le port du paradis. Hâtons-nous don d'entrer dans cette heureuse nacelle, en méritant 1 protection de Marie, et là, tenons-nous assurés de par venir au royaume céleste, puisque l'Eglise chante Sainte Mère de Dieu, tous ceux qui participeron aux pa célestes, habitent en vous et vivent sous votr: tutelle,
EXEMPLE
Césaire raconte qu’un cistercien, grandement dé--» à Notre-Dame, désirait une visite de cette Rein bien-aimée, et lui en faisait continuellement la de mande, Etant sorti, une nuit, au jardin, comme i regardait le ciel, en adressant d’ardents soupirs À <elle qu’il brflait de voir, il en vit tout à coup des cendre une vierge éclatante de beauté et de lumière qui lui dit : “Thomas, voudrais-tu m’entendre chan ter ? — Certainement,” répondit-il. Aussitôt elle se mit à chanter, mais d’une voix si douce que le pieuz moine se croyait en paradis. Après cela elle disparut à ses yeux, non sans le laisser bien en peine de savoir qui elle était.
Mais voilà qu’il se trouve en présence d’une autre jeune vierge non moins belle, qui lui fit aussi entendre son chant. Il ne put s'empêcher de demander à celle-ci qui elle était. Elle répondit : “Celle que tu viens de voir, c’est Catherine ; moi, je suis Agnès. Nous sommes toutes les deux martyres de Jésus-Christ, et notre Reine nous a envoyées te consoler. Rends grâce à Marie, et prépare-toi À recevoir une plus grande faveur.” Cela dit, elle disparut comme la
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première ; mais le religieux conçut dès lors plus d’espérance de voir enfin ses vœux exaucés. Il ne fut pas trompé dans son attente ; Car, peu après, il apcrçut une grande lumière et sentit son cœur se remplir d’une joie toute nouvelle ; et voilà qu’au milieu de cette lumière lui apparait la Mère de Dieu environnée d’anges, et surpassant immensément en beauté les deux saintes martyres. Elle lui dit : “Mon cher serviteur et mon fils, j'ai agréé tes hommages et exaucé tes prières : tu as désiré me voir ; me voici, et de plus, je veux aussi te faire entendre mon chant.” Et la glorieuse Vierge chanta, et ravi hors de lui-même par la mélodie de ses accents, le dévot religieux tomba la face en terre.
Les Matines sonnèrent, et les moines se réunirent : ne voyant point le frère Thomas, ils le cherchèrent d’abord dans sx cellule, puis dans d’autres endroits ; finalement, étant allés voir au jardin, ils le trouvèrent
comme mort. Le supérieur lui ordonna de dire ce qui était arrivé ; alors, revenant à lui par la force
de la sainte obéissance, il raconta toutes les faveurs
qu’il avait reçues de la divine Mère.
PRIERE
O Reine du paradis, Mère du saint amour ! puisque vous êles entre toutes les créatures la plus aimable, la Plus aimée de Dieu, et sa vremière amante, ah ! daignez consentir à être aimée du pécheur le plus ingrat et le plus misérable qui soit sur lu terre, mai qu, se voyant délivré de l'enfer par votre inlercession et comblé de vos bienfaits sans aucun mérite de sa part, s’est épris d'amour pour vous. Je voudrais, s'il m'était possible, Jaire comprendre à tous les hommes qui ne vous connaissent pas, combien vous êtes digne d’être aimée, afin de les amener tous à vous aimer et à vous honorer. Je
res
Re 2
voudrais même mourir pour l'amour de vous, en défen dant votre virginité, votre dignité de M ère de Dieu votre immaculée conceplion, si, pour défendre ces glo rieuses prérogatives de votre Personne sacrée, il me fallai mourir.
O Mère chérie, agréez cette expression de mes senti ments, et ne permettez Pas qu’un de vos serviteurs qu vous aime, devienne Jamais l'ennemi de votre Dieu, qu vous aimez tant ! Ah ! malheureux, voilà ce que J'étais autrefois, quand j'offensais mon divin Maître. Mai:
Ciais guère d’être aimé de vous ; à celle heure, au con-
car, je le sais, 6 ma douce et gracieuse Souveraine, vous ne dédaignez pas d'aimer même les plus misérables Pécheurs dont vous vous voyez aimée ; au contraire, Jamais vous ne vous laissez vaincre en amour par personne. Ah! Reine tout aimable, je veux aller vous aimer cn paradis : là, prosterné à vos Pieds, je connaîtrai mieux combien vous êtes aimable, et combien vous avez contribué à mon salut : et ainsi, je vous aimerai d’un plus grand amour, el je vous aimerai éternellement, sans crainte de jamais cesser de vous aimer. O Marie, J'espère avec une entière confiance d’être sauvé par votre
O mon unique espoir, sainte Vierge Marie, vous de me conduire à l’éternelle vie.
RARE TE ue
CHAPIYRE ix.
O clemens, o pia !
O clémente, 6 bonne