‹ Gloires de Marie [microforme]Chapitre 43 sur 45 · EE · texte numérisé non relu

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au doute de la veuve, elle daigna apparaître une seconde fois à sa fille, et lui dit en termes formels : “Je veux être plaçée entre mon église bien-aimée de Sainte- Marie-Majeure et celle de mon cher fils Jean-de- Latran.”

C'est qu'il est des lieux prédestinés à la prière, comme il est des âmes prédestinées à la sainteté. Or, entre les deux églises mentionnées par la Mère de Dieu dans son apparition à l'enfant, se trouvait, sur le mont Hequilin, un de ces lieux bénis. C'était là que saint Clet, second successeur du Prince des apôtres, avait transformé sa maison paternelle en oratoire, avec le titre de saint Matthieu. Après avoir servi de lieu de réunion aux fidèles pendant les atroces persécutions de Néron et de Dioclétien, cet oratoire avait été remplacé, au IVe siècle, par une magnifique église, laquelle fut restaurée et solennellement consacrée en 1110 par Pascal II. Enfin, au XVe siècle, elle fut confiée aux Religieux Augustins. Ce fut au prieur de ces Religieux que la veuve convertie vint offrir le tableau de NoTRe-DAME DU PERPETUEL-SECOURS.

Voilà par quelles voies providentielles notre chère Madone arriva sur le théâtre de sa gloire et prit possession du domicile de ses bienfaits.

Le 27 mars 1499, la Basilique de Saint-Matthieu voyaient réunie dans son enceinte, une foule pieuse et recueillie. Bientôt on en vit sortir Notre-Dame du Perpétuel-Secours que l’on porta en triomphe à travers les rues de Rome, avant de la placer définitivement dans le sanctuaire qu’elle s’était choisi. Sur le parcours, un cri d’admiration éclata tout à coup dans la foule : une femme paralysée d’un bras venait d’être guérie par le seul attouchement de l’image bénie. Ainsi

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la Madone prenait-elle possession authentique de Confiance des Romains. Après la procession, elle fût solennellement installée sur le maître-autel de l’antique église ; et de là elle ne cessa, trois siècles durant,

e répandre ses faveurs sur ceux qui l’invoquaient,

La dite église devint Hientôt si célèbre, que Léon X crut devoir lui rendre ie titre cardinalice qu’elle avait

nénts qui en furent titulaires, on compte le célèbre Cardinal Nerli, grand dévôt de la sainte Madone. 1 se fit un devoir de transmettre aux générations futures le souvenir des bontés de sa Protectrice, et voulut que son tombeau prit une voix pour la louer.

Le titre si magnifique et si doux de N otre-Dame du Perpétuel-Secours que la très sainte Vierge s'était

grâces, est à bon droit considérée comme miraculeuse.” — En 1618, Lupardo parlait de la Madone en ces termes : “C’est une image de Marie que ses miracles

ont rendus célèbre.” — Totti, Martinelli et Piazza l’appellent la Madone très miraculeuse. Au XVIIe siècle, le P. Carocci, jésuite, engageait ses auditeurs, du haut de la chaire, à entendre la messe et à prier à l’autel de la sainte Image, afin de s’assurer Le perpétuel secours de Marie pendant la vie et à la mort.

Citons un fait qui prouve que l’œil de Marie était toujours ouvert sur le sanctuaire qu’elle s’était choisi. Le sacristain de Saint-Matthieu eut un jour la tentation de dépouiller la Madone des richesses offertes à son autel par les pèlerins. Se voyant seul, il accomplit son criminel dessein et s'enfuit au plus vite vers sa maison. Mais bientôt, au lieu d'y arriver, il se retrouva, sans savoir comment, vis-à-vis de Saint- Matthieu. Il s'engage dans une autre rue, il marche, et, à sa grande surprise, il aboutit une seconde fois à Saint-Matthieu. Une troisième fois, il tente de re-

agner sa demeure ; mais toujours une main invisible e ramène à l'Eglise témoin de son sacrilège larcin. Frappé alors de cette intervention divine et touché de repentir, il reporte à la Madone les joyaux qu’il lui avait enlevés, et court de lui-même raconter aux religieux gardiens de la sainte Image, et sa faute et sa conversion.

Nous avons vu, au commencement de ce récit, les efforts que Satan avait faits pour empêcher que l’Image de Notre-Dame du Perpétuel-Secours ne fut honorée d’un culte public. On peut juger de là avec quel dépit il en vit la gloire pendant trois siècles. Or, à la grande différence de l’homme, le démon ne se décourage jamais : ce qu'il n’a pu faire aujourd’hui, il espère le faire demain. L'occasion se présenta enfin à lui de faire tomber une dévotion qui, à tant de titres, lui était odieuse : il la saisit avidement.

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On était à la fin du XVIIIe siècle ; la révolutic française promenait au loin ses ravages, souffla partout l'esprit d’indifférence et d’impiété, et amor celait sous ses pas des ruines de toute sorte. Dé; même la pape Pie VI était mort en exil, et une armé ennemie occupait la capitale du monde catholique.

que des débris informes. Hélas ! le souvenir même L - nom de la douce Madone allait rentrer dans l’ou-

Chassés de leur pieux asile, les Pères Augustins, gardiens de notre chère Madone, furent transférés par Pie VII à Sainte-Marie in Posterula. Ils y emportèrent la miraculeuse Image, mais ne relevèrent

nant successivement les vieux moines qui avaient vu les beaux jours de Saint-Matthieu Cette raison est excellente au point de vue humain ; mais il doit en

être quelqu’une plus en harmonie avec l’histoire toute rovidentielle de Notre-Dame du Perpétuel-Secours.

Rappelons-nous que Marie, lors de son apparition à la petite fille, avait témoigné la volonté expresse que son Image fut placée sur l’Esquilin. C’est du haut de cette colline, qu’elle voulait abaisser ses regards secourables sur la ville et sur le monde : exilée de là par l’impiété, elle attendait, pour renouer la chaîne de ses bienfaits, que les pieux Romains l’eussent rendue à sa demeure choisie, prédestinée : jusque-là, elle voulait demeurer dans l’ombre.

Cette réparation a eu lieu en 1866. Mais, avant de la raconter, nous dirons d’abord par quelles voies la divine Providence l'avait préparée ; et le lecteur jugera si ce second triomphe de la Madone sur son ennemi, a été moins merveilleux que le premier.

Pour relever la gloire de Notre-Dame du Perpétuel- Secours et rendre à son culte tout sa sple 1deur d’autrefois, plusieurs conditions étaient nécessaires, dont la première était, si l’image existait encore, que son iden- pût être constatée au moins Par u'i témoin digne

e foi.

Vers l’an 1840, deux personnes priaient dans la chapelle intérieure du monastère des Augustins de Notre-Dame in Posterula. L'une était un vieillard âgée de plus de septante ans ; l’autre sortait à peine de l’enfance. Tout à coup, le vieillard indiquant à son Jeune compagnon un tableau de la sainte Vierge appendu au mur de la chapelle : Cette image, lui dit-il, a élé autrefois en grande vénération dans l’église de Saint- Matthieu ; et l’on célébrait chaque année une fête s0lennelle en son honneur.

Le vieillard qui venait de faire cette révéla: était un frère Augustin du nom d’Orsetti, et le der survivant de ceux qui avaient Saint-Matthieu. Le jeune ho chel Marchi. Ce dernier regarda l’image, mais : attacher grande importance aux paroles du vieux r

à ses fêtes du temps passé, Parfois il lui disait a insistance et une sorte de mystère : “Sache, Mic que la Madone si longtemps vénéré à Saint-Matth est celle qui se trouve à La chapelle. Surtout, ne lou pas ! ” Et il ajoutait : “Oui, Michel, cela est certa M'as-tu compris ? Oh! que de miracles opérés 2 celle sainte image! O1!

Le jeune Marchi écoutait, mais san ré pourquoi son vil ami insistait ta mandation de ne point oublier ce qu’il li disait to chant la Madone de la chapelle. Et, €. ffet, po quoi ne révélait-il pas aux Pères de ss.

quel trésor recélait leur oratoire? Le 1-:teur atten: répondra sans peïne à cette question : Notre-Dan du Perpétuel-Secours voulait retourner sur l’Esquilir ais à quoi pouvait aboutir la confidence faite à 1 simple séculier, à Michel Marchi ? c’est ce que |’, venir nous apprendra.

Frère Orsetti nr. ourut en 1852, sans avoir eu la coi solation de voir refleurir le culte de sa chère Madon mais co. ‘ent du moins de laisser après lui un témoi Pour couscater que le précieux tableau était bien cel que tant de miracles avaient rendu célèbre à Saint Matthieu. Il fallait maintenant élever un nouvea sanctuaire, et cela sur l’Esquilin : qui le fera, et quel en seront les heureux gardiens?

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révélation, ; le dernier nuvent de amait Mimais sans vieux moi- 1 presque le s’entrerevenait Tadone ét isait avec >, Michel, -Matthieu re l’oublie x certain.

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Peu après la mort d'Orsetti, le pape Pie IX ordonnait au Potier général de la Congrégation du Très Saint Rédempteur de transférer de À à Rome le siège central de son Ordre. On se mit donc en quête d’un emplacement, et vers le mois de juin 1854, ne trouvant pas autre chose, on acheta sur l’Esquilin la Villa Caserta, vieux palais dans le jardin duquel on voit encore les ruines de Saint-Matthieu. Le vieux palais fut transformé en couvent ; on bâtit auprès une église qui fut dédiée sous le nom de saint Alphonse, fondateur des Rédemptoristes, Le nouveau sanctuaire était donc prêt ; il s'élevait sur les ruines de l’ancien comme pour relier le passé à l'avenir ; il était desservi par les enfants d’un saint fameux entre tous par son amour pour la Reine du ciel, grand prédicateur de ses gloires et de ses miséricordes, plusieurs fois favorisé de ses apparitions, et qui a imposé à ses religieux le précepte forn:el de professer une dévotion singulière envers Marie. Ces religieux, déjà très répandus, étaient à même de faire .:aître en tous lieux la sainte

adone. Mais qui la leur fera d’abord connaître à eux-mêmes, et qui leur en confiera la garde ?

En fouillant les bibliothèques et les vieux manuscrite de l’Dsyullin, un Pere Kédemptoriste du nouveuu couvent trouva des documents très précieux sur l’église ruinée de Saint-Matthieu, et notamment sur une image de Marie, célèbre, disait-on, par ses miracles. Comme il Communiquait sa découverte à ges confrères, l’un d'eux frappé comme d’une lumière subite, s'écria : — Moi, je sais où est cette Vierge miraculeuse, L l’ai vue bien des fois dans la chapelle du cou-

e Sainte-Marie in Posterula.”’ — En effet, le ère qui parlait ainsi n’était autre que le confident de Frère Orsetti, c’était Michel Marchi, qui avait pris l’habit des enfants de saint Alphonse, peu après la fondation de la Villa-Caserta.

L'affaire, on le voit, était en bon chemin, mais bien loin encore de sa conclusion : à quel titre les Pères Rédemptoristes iraient-ils réclamer la sainte image ? Ils ignoraient encore absolument la volonté si formellement exprimée par la sainte Vierge qu’elle fût placée

une église située entre Sainte- arie-Majeure et Saint-Jean-de-Latran. La Providence trouvera bien moyen de les en instruire.

En 1863, au moi: «iv février, le R. P. Blosi, jésuite, prêchant un samedi sur les gloires de Marie, prit pour sujet de son allocution l’antique et miraculeuse image de Notre-Dame du Perpétuel-Secours. ‘‘Aujourd’hui, mes frères, dit-il, je vous parlerai d’une i de Marie autrefois fort célèbre parmi nous, mais retombée dans l'obscurité depuis soixante ans. Elle est sans doute ensevelie dans quelque oratoire où elle est privée de tout culte public et de ce concours admirable de peuple qui se pressait autour d’elle dans les siècles passés.” — Ici l’orateur raconta comment la sainte Vierge avait fait connaître sa volonté d’être honorée entre Saint-Jean-de-Latran et Sainte-Marie- Majeure. Puis il ajouta : ‘“‘Plaise au ciel que, parmi mes auditeurs, il s’en trouve un qui sache l'endroit où la suinte image est délaissée ! Qu'il iuforme aot1x qui la retiennent dans l’oubli, que Marie veut qu’elle soit exposée à la vénération des fidèles. J’ose croire qu'ils la replaceront dans une des églises situées entre l'Esquilin et le Cœlius. Qui sait les faveurs qu’attirera sur le monde le culte rendu à Marie sous le titre qu’elle a choisi, de Notre-Dame du Perpétuel-Secours ? Heureux ceux qui travailleront à cette sainte entreprise !”.

On peut se figurer à quel point le sermon du P. Blosi impressionna les Rédemptoristes, à qui il fut

rapporté. Toutes les circonstances si providentielles que nous avons esquissées, ne désignaient-elles pas leur église, comme la nouvelle demeure choisie par la Madone du Perpétuel-Secours? Toutefois leur Supérieur général crut devoir attendre un temps plus opportun ; pendant deux années encore, il fit prier

et des derniers faits relatés dans ce récit, il supplie Sa Sainteté d'accorder à la Congrégation du Très Saint Rédempteur la possession de la sainte re Et

mmaculée, si désireux

à l'Eglise universelle, souscrivit avec joie à une supplique si bien motivée. Et le 19 janvier 1866, après soixante années d’exil, Notre-Dame du Perpétuel-

Une éclatante réinstallation devait réparer le tro long oubli où elle était restée plongée. Le 17 Po 3 le cardinal Patrizzi, au nom de sa Sainteté, putliait par toute la ville un invito sagro, dans lequei il auouçait au peuple romain que la sainte image allait étr. rendue au culte public dans l’église de Saint-Alphonse: qu’en conséquence, pour remercier Marie d’avoir choisi leur église pour demeure, et eux-mêmes pour gardiens de son image et propagateurs de son culte, les Pères Rédemptoristes célébreraient du 27 au 29 de ce mois un triduo solennel, après que la Madone miraculeuse aurait été portée processionnellement dans les rues de Rome.

Le 26 avril, fête de saint Clet, premier fondateur de l'église de Saint-Matthieu, la sainte Madone sortit en grande pompe de l’église de Saint-Alphonse. La

rocession se fit avec un enthousiasme indescriptible ; es rues, jonchées de laurier et de myrte, étaient trop étroites pour la foule, et pourtant cette foule était profondément recueillie. Le triduum répondit à ce premier élan. “Il est impossible, dit le Journal de Rome, de se figurer combien grand fut le concours du uple à l’église de Saint-Alphonse pendant ces trois Jours : cardinaux, évêques, prélats de toute qualité, clergé séculier et régulier, venaient célébrer le saint sacrifice devant la sainte image. On montait à l’Esuilin de tous des points de la ville, même des quartiers les plus éloignés. Du matin au soir, l’église ne désemplit pas, les confessionnaux et la sainte Table étaient assiégés.”’ —“Il faudrait, dit un témoin oculaire, avoir vu ce pieux empressement pour s’en faire ane idée : c’est rester au-dessous du chiffre réel, de dire que plus de cinquante mille personnes sont venues pendant ces trois jours, honorer la sainte Image.’ “Les malades, les infirmes, les estropiés se font transporter à l’Eglise.

Le lecteur se souvient que, lors de la prise de possession de son premier sanctuaire, Notre-Dame. du Perpétuel-Secours avait voulu conquérir la confiance

es Romains par une guérison miraculeuse : pouvaitelle faire moins au jours de sa glorieuse réapparition ? Une petite fille de huit ans avait perdu, depuis quatre années déjà, r de ses jambes, et ne pouvait se mouvoir qu'avec d’extrêmes difficultés. Sa mère eut la pensée de la présenter à la Vierge miraculeuse, au moment où celle-ci passait en triomphe. Aussitôt l'enfant recouvra en partie la liberté de ses mouvements. a ce jours plus tard, la mère la porte dans l’église de Saint-Alphonse et la dépose devant

la sainte image. — Maintenant, dit-elle, achevez ce que vous avez commencé. — À peine a-t-elle prononcé ces paroles, que la petite fille se lève et se met à marcher sans difficulté, à la grande stupéfaction des assistants.

Le mois de mai qui suivait immédiatement le triduo, fut célébré avec une ferveur toujours croissante, et terminé, à la demande et aux frais des habitants du quartier, par un autre triduo aussi splendide que le premier. Pendant ce mois de Marie, Pie IX alla luimême rendre ses hommages à la Madone, dont il avait déjà accepté et placé dans sa chapelle une copie authentique. Enfin, le 23 juin 1867, la sainte image fut solennellement couronnée d’un diadème d’or par le Chapitre de la Basilique Vaticane.

“Depuis qu’elle eut été recouvrée par une spéciale providence de Dieu, la sainte Image signala sa réap- Parition par de si éclatants et si nombreux prodiges, que son culte s’est répandu en peu d'années dans tout l'univers chrétien. —A ces paroles, extraites de l’office de Notre-Dame du Perpétuel-Secours, et qui montrent à quel point elle mérite le nom de miraculeuse, nous ajouterons qu’entre les miraculeuses, cette Image est privilégiée. Expliquons-nous.

Les images miraculeuses ne font généralement sentir leur bienfaisante action que dans des limites restreintes ; et les copies qu’on en fait n’ont pas la même vertu que les originaux. Notre chère Madone échappe à cette règle : de l’église de Saint-Alphonse à Rome, elle fait rayonner sa douce et puissante influence dans tous les lieux où s’est établie la Congrégation à qui le Ciel a daigné la confier, et qui se fait un devoir et une gloire d’en propager le culte. En

1916, plus de 4000 copies authentiques étaient vénérées dans des églises publiques; et ces églises sont devenues comme autant de centres secondaires, d’où les grâces se répandent sur toute une contrée: aussi y voiton affluer les pèlerins et s’yaccumulerlesex-voto. Enfin les médailles, gravures, ministures représentant Notre-Dame du Perpétuel-Secours, servent chaque jour d'instruments aux guérisons, aux conversions, aux faveurs temporelles et spirituelles les plus précieuses, et souvent les plus merveilleuses, dans beaucoup de lieux de l’ancien et du nouveau monde.

Aussi le Saint-Siège n’a rien négligé pour favoriser la dévotion des fidèles envers la très sainte Vierge honorée sous ce titre, Pie IX a voulu que la Congrégation du Très Saint Rédempteur célèbre chaque année, au jour anniversaire du couronnement de la Madone, une fête solennelle sous le rite double de seconde classe avec office et messe propre. Une association ayant été érigée en 1871 sous l’invocation de Notre-Dame du Perpétuel-Secours et de saint Alphonse, le même pape, non content de faire inscrire son nom en tête de ceux des associés, l’éleva en 1876 au rang des archiconfréries, avec la faculté de s’affilierles autres associations du même nom, en quelque lieu qu’elles existent ; il en nomma Directeur à perpétuité le Supérieur général des Rédemptoristes, et l’enrichit de nombreuses indulgences.”’

En cette même année 1916 l’archiconfrérie de N. D. du Perpétuel-Secours et de S. Alphonse comptait déjà 1200 affiliations.

Nous voulons maintenant donner au lecteur un mot d’explication sur la chère Madone, dont nous avons à ce dessein, fait placer une copie en tâte Je

nous e Je

t dé- ;

ce livre …. Que signifient ces deux anges ? Pourquoi

cette attitude effrayée de l'Enfant divin? Pourquoi

ce regard mélancolique de sa Mère ? Quel rapport entre cette manière inaccoutumée de représenter la

Mère de Dieu et le titre de Perpétuel-Secours ? Voici

comment nous comprenons la scène que suppose cette

mystique peinture.

Jésus enfant dormait paisiblement entre les bras de Marie, Tout à coup l’ange Gabriel, le révélateur du mystère de la Rédembption, et l’archange Michel, le protecteur de l’Eglise, lui ont apparu et ont dévoilé à ses yeux des objets effrayants. Michel tenait entre ses mains un vase plein de fiel ; de ce vase s’élevaient une lance meurtrière et un long roseau surmonté d’une éponge dégouttante de vinaigre. Gabriel lui présentait un bois horrible avec trois longs clous : c'était le gibet des scélérats ; et au sommet de cet affreux instrument, le doux enfant a lu : Jesus De NAZARETH. Réveillé en sursaut par cette vision terrible, il relève vivement la tête, saisit de ses mains tremblantes la main de sa Mère, et porte autour de lui un regard ‘nquiet. Puis sans doute, il accepte les présents que son Père lui envoie par le moyen des anges et dit, comme il dira plus tard à Gethsémani : “Père, que votre volonté et non la mienne se fasse !” Le pieux artiste a donc voulu symboliser cette pensée, que dès son enfance, Jésus était continuellement occupé de 82. passion future. Quant à Marie, d'accord avec son Fils pour nous racheter, comme Eve avait été d’accord avec Adam pour nous trahir, Marie unit son sa-

crifice à celui de Jésus ; et au lieu de le regarder, elle nous regarde ; pourquoi ? pour nous dire :

Pauvres enfants d’Eve, voyez combien vous avez été chers au Père céleste, à Jésus, à sa Mère ! Aimez donc votre Dieu, aimez Jésus, aimez-moi et mettez en moi toute votre confiance. Pouvez-vous douter

Se 2— de ma puissance auprès du Seigneur? En consentant à la mort cruelle de mon Fils, j'ai acquis sur vous des droits sacrés, et vous me fûtes donnés en échange de mon Jésus que je perdais. Pouvez-vous douter de ma tendresse envers vous, après que, pour vous voir sauvés, j’ai donné un tel Fils? Ah ! vous m'avez coûté assez cher pour que je craigne de vous voir une ‘seconde fois et à jamais perdus !... Venez donc à moi : je tiens entre mes bras le prix de votre salut, le remède à tous vos maux quels qu’ils soient. Recourez donc à moi dans toutes vos peines, dans toutes vos faiblesses, dans tous vos doutes, après vos fautes : je vous consolerai, je vous fortifierai, je vous éclairerai, je yous relèverai, je vous secourrai perrep jusqu’à ce que je vous aie introduits au cie

Pratiques de Dévotion envers la Très Sainte Vierge

Nous en mentionnerons un certain nombre. Ce n’est pas à dire qu’il faille les embrasser toutes. Choisissez celles qui s’adaptert le mieux à votre condition de vie, c’est-à-dire à vos occupations ou vos loisirs. Après que vous aurez choisi celles qui vous vont le mieux, soyez-y fidèles, car c’est là l’essentiel, comme le disait saint Jean Berchmans.

lo Réciter soir et matin trois Ave Maria suivis

de l’invocation : O Marie, conçue sans péché, priez Pour nous qui avons recours à vous. Cette invocation, vous tâcherez de la répéter fréquemment pendant le jour.

20 Dire chaque jour son chapelet, sinon de suite, du moins par parties, comme certains hommes du monde très occupés, profitant à cet effet de leurs courses et de leurs moments perdus, et le disant au besoin sur leurs doigts.

80 Dire les litanies de la très sainte Vierge À la

prière du soir.

40 Dire l’Ave Maria avant et après les principales actions, et quand on entend sonner l’heure, comme faisait saint Alphonse de Liguori.

50 Garder la chrétienne habitude de dire l’Angélus au son de la cloche.

60 Communier autant que possible à toutes les principales fêtes de la sainte Vierge.

70 Pratiquer quelque acte de pénitence et de charité, et assister à la sainte messe tous les samedis.

80 Se faire inscrire dans les confréries du Saint- Rosaire, de Notre-dame du Perpétuel-Secours, porter régulièrement le scapulaire du Carmel, ou au moins la médaille bénite pour remplacer le scapulaire, Mieux encore porter les cinq scapulaires : Du Carmel, des Sept Douleurs, de l’Immaculée Conception, de la Très sainte Trinité, de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ.

Surtout se recommander à Marie dans toutes les peines et dans toutes les tentations, et lui en demander souvent la grâce.

Prière à Notre-Dame du Perpétuel-Secours

Marie qui, pour nous inspirer une

rnes, avez voulu prendre le nom si Perpétuel-Secours, je vous supplie

ut temps et en tout lieu : dans

mes tentations, après mes chutes, dans mes difficultés, dans toutes les misères de la vie et surtout au moment de ma mort. Donnez-moi, O charitable Mère, la pensée et l'habitude de recourir toujours à VOus ; car je suis sûr que, si je vous invoque fidèlement, vous serez fidèle à me secourir. Procurez-moi donc cette grâce des grâces, la grâce de vous prier Sans cesse et avec la confiance d’un enfant, afin que,

ee la vertu de cette prière fidèle, j’obtienne votre erpétuel-Secours et la persévérance finale. Bénissez-moi, Ô tendre et secourable Mère, et priez pour rh maintenant et à l'heure de ma mort. Ainsi soi

Invocations à Notre-Dame du Perpétuel-Secours

O Mère du Perpétuel-Secours, Ô vous dont le nom seul inspire la confiance, venez à mon secours, 6 charitable Mère.

Au moment périlleux de la tentation, pour que je résiste,

Si j'avais eu le malheur de pécher, pour que je me relève,

Si quelque lien funeste m’enchaîne au service du démon, pour que je le brise,

Contre les séductions du monde, les compagnies dangereuses et les livres pernisieux,

Si je vis dans la tiédeur, pour que bientôt je me ranime,

Dans la réception des sacrements et les devoirs de la piété chrétienne,

Dans toutes les épreuves et les peines de la vie,

"OL 2190111049 9 ‘SAN0928 UOW D Z9U9A

Contre ma propre inconstance et pour que je persévère jusqu’à la fin,

Pour que je vous aime, vous serve et vous invoque toujours,

"OL 7190111049 9 ‘SAN0928 UOW D Z9U2A

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