‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 10 sur 278 · ANG · texte numérisé non relu

ANG

Il Un ancien^ an brave homme , un homme sur lequel on peut compter.

Il n'avoit encores que bon aage ; Il n'es toit point fort ancien.

Le Nouveau Pathelin,

ANDIER, n. m. — Grand chenet de coisine, da wtMon, Andi. Notre patois a conservé la forme pure de ce mot qne, par corraption. Ton a écrit landter avec l'agglutination» de l'article. C'est ainsi que l'orto^, Yendemain^ Yuvette, Yierre, sont devenus le loriot, le lendemain, la luette, le lierre. D*auréole on a même fait lauréole, comme on le voit dans ce passage du Mystère de la Passion de Valendennes :

Mais en sooffirant mériterez La lauréole du martire.

ANDOUILLE, n. m. — Homme lâche, irrésolu. H y a, dans Rabelais, un saint de ce nom. (Gargantua, liv. I, ch. 17.) Le satyrique Du Lorens s'est servi de l'adj. tsndouillique :

Vous les reconnaîtrez assez facilement (les Pédants) A rhumeur andpuillique^ au sot raisonnement, A leurs soucis touffus, à leur brutale verre, A leurs discours tissus en dépit de Minerve. ^

Diez tire ce mot du bas-latin inductilis ; je préfère anduiUa que l'on trouve dans un glossaire latin du douzième siècle.

ÂNI, n. m. — Lorsqu'un âne se roule sur le dos, on dit c qa'il gagne son avoine.»

Prov, — Faire l'âne pour avoir du son, faire le gracieux» le gentil pour obtenir de quelqu'un ce que l'on désire.

c On ne peut tirer de lui une parole non plus qu'un pet d'un âne mort. »

Ces proverbes, si souvent cités par nos paysans, se trouvent dans Rabelais et dans tous nos vieux conteurs.

ANGE, n. m. — On donne ce nom aux petits papillons qui viennent, le soir, se brûler à la chandelle.

Il Ecrire comme un ange, avoir une très belle écriture : c Ma fille écrit conmie un ange, » Voici, selon ChampoUion-Figeac, l'origine de cette locution : «Enfin Vergece vint (Ange Vergece, de Gorfou) qui, de 153S à 1576, laissa de nombreux monuments de l'admirable écii-

ÀOU rtr

mre èWsrive grec^pie, dbnt il régla la fomlfe et la prbpbrtibh de toàttffife à en faire an parfait modèle que nul n'a surpassé, et qui a itititië ttèù. au proverbe : Ecrire comme un ange.»

Ange Vergece, grQc à la gentille main.

Baïp.

ANGOLA, adj. — Angora, chat, lapin, chèvre angohi On ft>confondu Angola, ville d'Afrique, avec Angora, ville de l'Asie Mineure» d'où Ton a importé ces animaux remarquables par leur poil soyeuxi (V. littré.) '

ANNE, n. f. — Aune : a Du pied des vieilles aunes, tirera-t-on des rejetons enracinés. » (Olivier de Serres.)

Il Annières, Annettes : terrains plantés d'aunes.

Il Annoy, Aulnoy : village de quelques maisons, situé sur ITères, entre Fallencourt et Saint-Riquier. Les aunes y croissent abondamment.

ANUIT, Ennnit, adv. — Aujourd'hui, de à et nuit. Dans quelques provinces, ce mot signifie encore cette nuit^ comme dans l ancienne langue :

Ne le rendroîe à home qui soit vis, Ains le pendrai anuit o le matin.

OoiËR DE Daj^emarchb, Y. 2116.'

VoB mères en morront ennuit ou le mutin.

Aye d'Av., y. 2790.

Efiifuit Toldrài soiipper en ce maistre donjon. Eu si Tt>ti8 y donrai à soupper gras mouton.

Chron. de Duguesclin.

Cependant anuit eut de bonne heure le sens de aujourd^biiv :

Anuit en chère, demain en bière.*

Yieux proverbes.

En Y. fir. anquenuit était synonyme dé œnuii :

Quar enguenuit dedenz mon lit, Feroiz de moi vostre délit.

Fables et Contes^ I, p. 250.

AOÛTEUX, OAteU, n. m. — Ouvrier qu'on loue pour faire les

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