‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 12 sur 278 · APP · texte numérisé non relu

APP

< A donc forent ordonnées eschelles et mises et appoiéês contre le mor. \ (Froissart.)

APOSTEUHE, n. m.— Apostame. Pour le son de Yu devant un m, voyez cUleutnelle. En fr., le genre de apostume n'est pas déterminé ; l'Académie le fait masculin, Littré, féminin.

APPRINDRE, y. act. — Apprendft. Le nom de la personne est presque toujours complément direct :

a ïapprindrai mes enfants à travailler. »

Tournure fréquente autrefois, ex. :

 quelle fin est-tu de ces ailes pourveue ?

rapprends Vhomme à voiler au-dessus de la nue.

Vauqublin.

Tout mon art je recordois  cet enfant pour Vapprendre,

Ronsard.

Part. apprinSy de apprensus. Jusqu'aux temps de Marot^ de Montaigne, de Henri lY, on ne parlait pas autrement. « Si je voulois acquérir le tiltre d'orateur, j'aurois apprins quelque belle et bonne harangue, et vous la prononcerois avec assez de gravité. » {Henri IV aux Notables de Rouen.)

« ïapprins à Thaïes, le premier de vos sages, que le vivre et le mourir estoit inilifférent. » (Montaigne.)

Subj. que i'apprinche, que tu apprinches, qu'il apprinche. Les personnes du pluriel sont régulières, mais la lettre r est ordinairement transposée : que nous appemions, etc. On dit de môme, nous apoernons, Yous appernez,iappernoi$, etc. y comme ber bis pour brebis, berlan pour brelan :

Le monde est un berlan où tout est confondu.

Regnikr, sat. in.

La métathèse de l'r a surtout lieu quand cette lettre est suivie d'un et d'un e;ex,: porpos, fromillon^ berdouiller^ venderdi, berloque, bemeux, enterprendre, etc., etc.

Prindre, ainsi que ses composés, se conjuguent comme apprindre.

Il Malnipprins, n. m. — Homme grossier, mal élevé.

APPROFITER, V. act. — Mettre à profit. Mot excellent, très usité chez nous, comme jadis au XYI°*® siècle.

aO AfiE

Rien ne se voit plus profitable Qa^est la vertu, seule valable Pour toute chose aprofiter.

Baif.

c C'est Tentendement qui approfite toat, qui dispose tout, qui agit, qui domine, et qui règne. » (Montaigne.)

APPROUYANDER, v. act. — Donner la provende aux bestiaux.

APRÈS, prép. — A. o En tombant, il s'est rattrapé après une branque. »

Il Uaprès, selon : a D*après lui, on aurait dû s'y prendre autrement.»

Il Être après, surveiller, avoir le soin, s'occuper de : « Quel ouvrier! il faut toujours que je sois après lui, i^

« Ça, de par le deable, vous n'avez pas la paine de les (enfants) gouverner, ne il ne vous coûte guères; je suy jour et nuict après. » (Les XV Joies,)

Il Contre, a Après un tremble s'adossa. » (G. Gaymar.)

AQUEVALER, v. act. — Se mettre à cheval sur, franchir : « Aquevaler un mur, une haie. » Cheval se prononce l^val, d'où aquevoler.

No baron ont la corde et le baston trouvé; Olivier tout premier ont sus encevalé.

Fierabras, v. 2138.

ARA6ER, V. n. — Enrager. Loc. : « Arager dans s'piau, » éprouver un violent dépit.

Hu ! hu ! fait-ele vilenaille.

Chien aragé, pute servaille.

Trist. cité par Burguy.

ARBORISTE, n. m. — Ce mot, conformément à son étym arbor, signifie, chez nous, pépiniériste, et non pas herboriste, comme dans cet exemple de Lafontaine :

Tu veux faire ici Varboriste, Et ne fus jamais que boucher.

ARÊQDE, n. f. — Arôte.

Il Arêque du dos, épme dorsale.

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