JE
JACQUES, n. propre. — Sobriquet injurieux : oUn biau Jacques,» un faiseur d'embarras, un imbécile, un p^pre à rien.
JALODSSTÉ, n. f. — Jalousie. On dit aussi, mais plus rarement, jalouserie,
JAPPARD, Jappenx, adj. — Bavard insupportable : a Mais pour
laisser telles disputes à ces criards et jappeurs aristotéliques »
(Tahureau, Dial. 68.)
JAPPE, n. m. — Caquet, bavardage : a Langlois ne manque pas de jappe, »
JAPPETTE, n. fém. — Commère, femme qui a la langue bien pendue.
JASPINER, V. n. — Jaser.
JE, pron. pers. ^ On prononce généralement ej, devant une con sonne : • Ej viendrai bientôt vous voir. » Ce pronom de la première personne remplace nous comme sujet devant le pluriel du verbq. On dit : a J ' avons, f irons, » Si le sujet est après le verbe, on dit correo tement : « A vons-nous, irons-nous . »
A la cour de François I«', on parlait comme nos paysans : « Ce sont les mieux parjants, disait H. Estienne, qui prononcent ainsi : J'allons, je venons, je soupons. »
a Que faites-vous pour avoir de si beaux enfants? demandait un jour Henri IV à un paysan matois. — Sire, je les faisons nousmêmes. » (Bull, du Bibliophile, juin, 1875.)
De même dans une chanson populaire contre les gens de la ville :
Si v^s avez une belle famille.
Ne faites pas tant les pédants :
Nous, je ne sommes pas de la ville, Mais, Je somm*s père de nos enfants.
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JEAN, n. propre. — Homme faible, sans énergie : «Qui m'adonne un Jean comme celui-là ? — C'est un vrai Jean, un imbécile, un cocu. »
« De là est venu qu'on appelle un homme cocu, un Jan, etc. » (G. Bouchet, 8« sérée.)
« Ce Jean futur respondit à ses parents, que si on ne se marioit, il n'y auroit point de Jans , et que le monde périrait. » (6. Bouchet, 8« sérée.)
Il Jean-bête, jean-fesse, jean-foutre, sont autant de sobriqoets méprisants.
Il Jean-qui-revietit, se dit de quelqu'un qui revient sur une décision : « Tiens, voilà Jean-qui-revient ! »
JEANNOT, n. m. * Un niais, un imbécile. Comp. 'avec Jenin qui anciennement désignait un sot, un homme simple et crédule, nn cocu. Dans Coquillart, Jenin Dada. (Voir le Monol. des Perruques.)
JEANQUIN, n. m. — Nous empruntons à l'abbé Decorde la définition et Thistoire de ce mot : « Vers 1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant par Bouttencoort, près de Blangy, entra au café du père Desmoulins, surnommé la Queue- Blanche ; il se fit servir pour un sou de café, un sou d'eau-de-vie, et un peu de sucre ; il mêla le tout ensemble, et, comme on loi demandait le nom de ce mélange, il répondit : « Appelez-le conune moi, Jean-^uin, » A partir de là, \e jeanquin ieyini en renom.
Les denrées ayant augmenté beaucoup depuis cette époque, le jean* quin est passé de mode, et puis on est beaucoup moins sobre que le bonhomme Jean-Quin, Il faut aujourd'hui la tasse de café bien {deine, avec le bain-de-pied, sans compter le carafon d*eau-de-vie,ce que l'on ne peut pas donner pour deux sous.
JEL. — Agrégation des moU je le, je la : € Je n'ai pas besoin de vous pour faire ce travail, jW ferai bien tout seul. — Je dirai tout à vol* femme, si jel vois.»
Gel Toi tat sens sans compaignie.
Marie, fab. 73.
Que menguent donc vostre moine !
Jel TOUS dirai sanz nule essoine.
Renart dans Bjlrtsch, Chrest.^ p. 227.