‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 135 sur 278 · LOU · texte numérisé non relu

LOU

LO&ER, Faire Loger, v. act. -^ Mettre, faire mettre quelqu'an en prison.

LOINTEUR, n. f. — Distance; mot formé de loin, comme avanteuVy de avant : « J'ai tiré ce lièvre à une rude lointeur. »

LOLO, n. m. — Lait; terme enfantin.

Il Veau : « Regardez ce petit lolo dans l'herbage. »

Il Grand lolo, grand garçon qui a des manières puériles.

LONGIS, n. m. — A le môme sens que le français lambin : « C'est un longis, un vrai longis.i» (Dict. de l'Académie, de 1696.)

LOQUET, n m. — Hoquet. On a dit d'abord Yhoquet, puis loquet, avec agglutination de l'article. (V. Audier, lapier,)

LOQUETIER, n. m. — Celui qui fait commerce de loq%ie9. Rabelaûs fait exercer au beau Paris, dans les enfers, le métier de loqueteux^ mot auquel la plupart des commentateurs donnent jnaladroitement le sens de déguenillé.

LORS DE, loc. prép. — Au moment de : « Lors de votre arrivée, je partais. » Liltrc approuve cette façon de parler et donne pour exemples : « Lors de yolre élection, lors rfe votre mariage. »

LOUCHER, V. act. et neut. — Bêcher la terre avec un louchet : a II faut que je louche ce petit coin avant de diner. »

« Un nommé Jean de Retz et la grosse Jenneton y fouillèrent, piochèrent, houôrent, gravonnèrent, louchèrent et forcèrent tant et tant, qu'enfin découvrirent les dignes et précieuses richesses d'icelay.a (N. Fabrique,)

LOUDIER, n. m. — Grosse couverture de laine piquée.

a Passant oultre je vis un averlant qui, saluant son alliée, l'appela mon matraz ; elle l'appelait mon loudier.m (Rabelais, Pantagruel, FV, page 9.)

« Est-il possible que ce gros lodier qui vous monte autour des reins ne vous fasse point sentir de gravelle ? » (D'Aub., Fœneste, p. 14.)

Etym. lat. lodix. Comp. avec l'arménien lôtig, manteau, et l'irlandais lothar, vêtement. (V. Pictet, Orig, Indo-Europ. , II, 298.)

LOUISE, Loulson, n. propre. ^ On applique souvent ce nom à

LUQ m

des femmes de mœurs légères : c C'est une grosse Louise qui entend le mot pour rire. »

LOÛTIER, n. m. — Louvetier.

LOUTRE, n. m. — a J'ai de bons loutres à peliçons. » (Dit du Mercier, V. 24.)

« Dedans lequel buisson fut trouvé un loutre, maistre loutre. » (N. Fabrique.)

Le loup mengue les brebis^

Le loutre poisson maigre ou gras.

Ane. Poés., t. VII, p. 242.

Léloutre, nom de famille.

LUIRE, V, act. — Lire : <s Cet enfant ne peut pas apprendre à luire. »

Dériv. luiseux^ lecteur : « Ne v'ià-ti pas un biau luiseux, on nel comprind mie. »

LUQUE, adj. — Louche, et non pas borgne, signification qu'on pourrait attribuer à luque, à cause du latin luscus. Qui ne se rappelle à ce sujet les beaux vers de Juvénal sur Annibal :

qualis faciès, et quali digna tabella, Cum Getula ducem portaret bellua luscum !

Sat. X.

LUQUER, v. n. — Loucher. Le composé reluquer^ ou plutôt erluquery signifie considérer, examiner avec curiosité. Comp. avec l'ang. to look.

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