MAL SIS
MAINTIENT, n. m. — Hanche du ftayet. (V. ce mot.)
HAISONCELLE, n. m. — Nom de localité, hameau composé de trois ou quatre maisons. Du v. fr. maisoncêle, petite maison.
HAIRESSE, n. f. — La femme du maire ; se dit presque toujours par moquerie : « E ! gardez, Gautier, veez-vous la mairpsse aler e son gendre ? » (Théat. fr., au moyen-âge, dans Littré.)
Nos campagnards donnent le féminin à certains noms propres; ils disent : Beauvdesse, Brocarde, Poulette, Kakalesse, La Noblesse, Cossarde ou Cossardière, pour : la femme de Beau val, Brocard, Poulet, Kakal, Lenoble, Cossard, etc., mais toujours avec une acception de mépris.
HAIREKIE, n. f. — Mairie. On dit aussi maison-commeune (cornmuae), mot de la Révolution.
HAITE, n. m. — Maître. R dans les syllabes finales ne se prononce pas. (Voir fl.)
< Je luy fy paroistre comme il s'estoit trompé, prenant botte de foin pour filet, renard pour marte, et hape-Iourde pour rubis.» (Sat. Ménippée, p. 30i.)
MAITRESSE, n. f. — Ce mot s'applique sans inconvenance à une fille honnête qu'on recherche en mariage, et que l'on courtise pour le bon motif : « Ne cherche pas à courtiser Clémentine, c'est la maîtresse de Louis, » comme nous dirions sa fiancée.
MALADIE (Faire une), loc. — Avoir, éprouver une maladie. MALAINE, adj. f . — De malin.
MALAISE, adj. — Souffrant : « Je me sens tout malaise, — Elle est rentrée chez elle toute malaise. »
MALAISE (À), loc. — A plus forte raison : « Vous êtes fatigué davoir fait deux lieues, à malaise si vous en aviez fait six comme moi. »
MALANDhE, n. f. — On entend par ce mot toute espèce d'infirmité, de maladie.
MALAPATTE, adj.— Maladroit ; celui qui c est adroit de sesmains comme un cochon de s* queue, it
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HALDIRE, V. n. — Médire : « C'est une femme qui passe son temps à maldire sur toat le monde. »
D*où maldisant, jadis très usité : « Tu es ivrogne, tu os larron, et mal disant de tout le monde. » (Nicolas de Troyes.)
HAXENDURANT, ante, ad]. — Personne d'humeur difficile.
MALENTENTE, n. f. — Désunion, discorde, mauvaise intelligence : c II y a de la malentente dans cette famille. »
Damediex leur envoit tous trois si maie entente Que de lors faus marchiés viengent à droite vente !
Berte, y. 2055.
Il Etym. mal et entente,
MALGRÉ QUE, loc. conj. — Quoique : « if <%rf yoe vous ayez dit du mal de moi, je ne vous en veux pas.» On sait qu en français malgré que ne s'emploie qu'avec le verbe avoir, dans ces locations : Malgré que f en aie, malgré quil en ait,
MALIN, adj. — Difficile : « Ce n'est pas malin de faire l'aumône quand on est riche.
MALINSTRDIT, adj. — Malotru. V. fr. tnahstruit, malestrm, du lat. maie instructus.
MALPOLI, adj. — Grossier, mal élevé.
MAL-SAINT X. .. (Etre tenu du). — Maladie inconnue k la Faculté, mais non pas aux bonnes femmes, commères ou sorcières de nos villages. Quand un enfant ne guérit point du carreau ou de tcate autre maladie, et qu'il se devient mal^ c'est qu'assurément il est tmu à un saint : par conséquent, pour le guérir, il faut porter l'enfant en pèlerinage au saint qui le tient. Comme il y a beaucoup de saints d&ns le calendrier, il est important de savoir l'adresse de celui qu'il feut prier. A cet effet, il y a dans cha(}uc village une femme qui a le chn de découvrir le saint qui torture le malade. C'est ordinairement qudque vieille macette convertie qui fait ce métier.
Voici comme elle s'y prend : Elle commence une neuvaine, puis elle cueille trois feuilles de lierre qu'elle met dans un verre plein d'eau bénite; sur chaque feuille est le nom d'un saint. Celle qui jaunit ou se tache la première dénonce le saint auquel le malade est tenu« Ce n'est pas plus difficile que cela.
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Les saints auxquels on est le plus expos(^ d'être tenu sont : Saint Vincent, pour les fièvres intermittentes; saint Vimer, pour les coliques ; saint Martin, pour le carreau ; saint Hélier, pour les maladies de langueur.
On se tromperait si Ton croyait que de telles superstitions n'existent que dans nos villages : elles fleurissent même dans les grandes villes, et je sais qu'au Havre bon nombre de femmes font métier de toucher les enfants atteints du carreau.
MALTIDB, n. propre. — Malhilde.
MANCHERON, n. m. — Manche de charrue : « Dès l'âge de treize ans j'étais dans les mancherons, » c.-k-d. dès l'âge de treize ans, on m'apprenait à labourer.
Levés à deus mains toutes nues Les mancherons de vos charrues.
RosK, V. 19910.
MANGE-TOUT, n, masc. — Petites fèves qu'on mange avec les cosses.
MANIQUE, n . f. — Manière, moyen : <r Jo ne savais comment m'y prendre pour atteler un cheval, mais maintenant je connais la manique. » Du lat. manicula, pris au figuré.
MANJURE, n. f. — Démangeaison.
MANS, n. m. — Larve du hanneton.
MAQDE-À-PART, n. des deux genres. — Celui, celle qui prend un bon repas en cachette.
MAQUE-ÉPAIS, n. m. — Goinfre. On dit maqueflans avec le même sens.
MAQUER, V. act. — Manger comme un gourmand, comme un animal vorace. On prépare à maquer aux bestiaux, aux volailles.
MAQUERIE, n. f. — Ripaille, festin, en mauvaise part : « Je ne me soucie pas de faire la maquerie pour tous ces paresseux-là. »
MAQUEUX, adj. — Gourmand. On peut rattacher maqueux et les mots précédents à la racine mac, frapper, meurtrir, fort répandue dans les langues indo-germaniquos.
Comp. aussi avec le latin masticare, mâcher.