‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 16 sur 278 · AVA · texte numérisé non relu

AVA

— « Je ne répondis rien, ni ToiScier aussi. » (Bassy, mém. 1646.)

Si je n^approuve pas ces amis des galants, Je ne suis pas aussi pour les gens turbulents.

Molière.

Il Aussit devant une voyelle : « D a été mal reça, amsit il ne reviendra pas. »

AUTANT GOMME, loc.— Autant qae : Je vaux autant comme

toi. »

. « Ses bourdes sembloient autant véritables comme Euvangile. » (C. N. N., 33.) « Les robes autant précieuses comme les dames. » (Rabelais.) « Ces deux jeunes enfants recourent ceste charge aussi voluntiers et avec autant de plaisir comme si c'eust été quelque seigneurie.» (Amyot, Daph, et Chloé.)

Corneille, qui était Normand, usait presque toujours de cette tournure :

Ce beau feu vous aveugle autant comme il vous brûle.

{Rodoq., III, 4.)

AUTOUR DE (Être), loc. — S'occuper de : « Il faut toujours être autour de cet enfant. »

« U est impossible d'entrer en une escole de payons mieux ordonnée que celle de ces deux (Sénèque et Plutarque) pour apprendre comme il convient avoir honte des choses déshonnêtes, et s'exercer autour des honnêtes et vertueuses. » (Amyot, préface.)

AVA, n. m. — Aval : « Le vent est d'at?a. »

Il Ava, à bas : « Il est tombé ava d'un arbre.* »

AVALAGHE, n. f. — Avalasse.

AVALEUX, ense, adj. — Ivrogne, ivrognesse. — Très usité dans cette locution : « Avaleux, avaleuse'de pois gris. » Les Dictionnaires donnent à ce mot le sens de gourmand, de goinfre.

AVALON, n. m. — Gorgée : a Boire deux ou trois avalons, »

AVANT (Être de T), loc. — Être avancé dans un travail : « Vous avez fini de couper vos blés ; nous autres, nous ne sommes pas si de Yavant. »

AVANT, Avant», adj. ^ Profond : c Y'Ht un fossé inm avanê. » ^ « La riyière est awnte en cet endroit.»

Il Avant, adv., |H:t)fondément : « H faut labourer avant dans certaines terres.»

AVANTEÏÏR, n. f. — Profondeur : a Ils creusent un puits d'une rude avanteur.i>

AVEINE, n. f. — Avoine. Prononciation normande, conforme d'ailleurs au latin avena, et qui a prévalu dans beaucoup d'autres mots.

For dou fain, por de Vavainne

A mon roncin

Rut., Li Diz de l'Erberie,

Que la malheureuse avêne Ne foisonne sur la plaine.

Du Bellay, Jeux rustiques.

Pasteur qui conduiras en ce lieu ton troupeau, Flageollant une églogue en ton tuyau d^aveine.

Ronsard.

AVlilNERIE, n. f.— Champ où Ton a récolté de Yaveine, Du bas latin AveinarÙB, lieux ensemencés davoine : « Les chaumes millerines et aveneris ne sont aucunement de garde, sinon tant que le fruit est dedans lesdites terres.» (Cité par La Curne, p. 340.)

AVENTS (Les), n. m. plur. — Les quatre semaines qui précèdent la fête de Noël : <r Les Avents se disent de plusieurs Avents, comme les étés, les hivers. Les Avents pour l'Avent, c'est un provincialisme.» (Littré.)

AVERTIS, n. m. — Avertissement, par apocope : « D a reçu deux avêrtk pour payer ses contributions.»

ÂVEUC, conj. — Avec : « Ele senti que 11 vielle dormoit qui aveuc li estoit.» (Auc. etNicol., p. 258.)

En Picardie on dit aweo, forme la plus fréquente dans la langue d'oïl.

ATOIR, V. ald. — Se c<Wi]ugue ainsi : fut., j'érai, i'éras, il éra, etc. Condit., ]érai$, itérais, il érait, os'éraimes, os'éraites, îs'éraiênê.

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