‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 20 sur 278 · BAL · texte numérisé non relu

BAL

Ëole lâche les v«nts quand il faut kalier le mondes

SOiLRROm

D'une robe à longs plis halier le barreau.

Despréaux, sat. I. (Anno, 16(56.)

Ce n'est qu'en 1672 que Boileau remplace halier par balayer.

BALIETTE, n. f.— Petit balai.

BALIURES, n. f. plur. — Bala3rures : « Gens latinenx qui vont grattant dans les baliures et bourbiers du latin, pour en tirer quelque haillon. » (Béroalde de Verville.)

Apprends-nous sous quel oiel, sous quel angle du mondëi Le ciel nous a jetés ballieures des ondes.

{Les DéL de la poésie fr,^^, 143).

BALLONNER, v. n.— * Se dit d'un cheval qui n'a pas de reins, et qui marche en dandinant:

BALLONNEUX, Balonnier, adj.— Cheval qui ballonne*

BALLOQUER, v. n. — Être pendant, osciller ; prononciation picarde de balocher que Ton trouve dans les C. N. N. (82«) avec le sens d'aller sur la balançoire ou sur l'escarpolette : a Si se reprint Hacquin Si balocher, »

Balloquer est un fréquentatif du v. fr. baller, flotter, en parlant d'une étoffe^ d'un drapeau; ex. :

Tantes, baniôres contre vent balle.

Garin.

Dans le sens de être pendant, baller n'est usité en fr. qu'au pfurt. prés.:

Et que font là tes bras ballants à ton côté ?

Racine, les Plaideurs.

Dériv. balloquement, n. m. — Action de balloquer ; vieux mot qui signifie trafic, échange, dans ce passage de Eust. Deschamps :

Baloquement de marchandise Y sera fait, en mainte guise.

BALLOTTER, v. n. — Marchander longtemps ; ne pas offrir d'un objet le prix qu'il vaut.

BALLOTTBUI, adj. — Celui qui bcMotte,

BÂR 33

BANCAL, adj. — Ce mot a une signification beaucoup plus large qu'en français. Il s'applique aux individus qui ont n'importe quel défaut physique, aux boiteux, aux manchots, aux bossus. De quelqu'un qui marche ou se tient mal, on dit qu'il est tout tortu^ bancal.

BANNÉE, Bannelée, n. fr. — Ce que contient une banne.

BAQUET DE SCIENCE, n. m. — Baquet rempli d'eau noirâtre dans lequel les cordonniers font tremper les cuirs durcis pour les ramollir. On ne remplace pas souvent cette eau qui acquiert ainsi des qualités spéciales pour la trempe du cuir.

BARBOUILLER, v. act. et n — Indisposer, rendre malade: « D m'a fait boire je ne sais quoi qui m'a barbouillé le'cœur. d

Il Parler mal, avoir une prononciation ^embarrassée : Dériv. barbouillard.

BARDOU, n. m. — Sobriquet que l'on donne à un imbécile : € Bonjour Bardou.m C'est un mot antique : « Bonjour, Monsieur le badin. Monsieur le sot. » (Oudin, cité par L. de Lincy.) Du latin bardus , lourdaud, stupide. jBarrfott=iln^. (Yoiv Nouv. Fabrique.

« A laver la tète d'un bardou, on n'y perd que la lessive. » (Adage du XVIn»« siècle.)

BARONNERIE, n. f. — Baronnie. Il y a à Grandcourt une ferme de ce nom, qui appartient au comte de Bryas.

BARRABAS, n. prop. — Très usité dans cette locution proverbiale : « Connu comme Barrabas à la Passion, » c.-à-d. très-connu. Allusion au Barrabas qui figure dans la Passion.

BARRAGE, n. m. — Clôture faite avec des pieux et de longues pièces de bois transversales. Cela suffit pour arrêter le gros bétail^ mais non les poules et autres animaux. Au lieu de barrage on emploie souvent barrure qui est du féminin.

BARRE, n. f. — Barrière : « Fermer, ouvrir la barre. » Aufîg., ce mot se trouve dans Régnier, Malherbe, Corneille.

Le Bourguignon d'ailleurs sépare nos provinces, Et servirait pour nous de barre à ces deux princes.

Corneille, Attila.

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