‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 22 sur 278 · SCARRON · texte numérisé non relu

SCARRON

BAS-ENGULÉ, adj.— Homme de petite taille. Pour exprimer la même idée, le patois abonde en locutions salées, et qui sentent le gaulois d'une lieue ; ex. : Bas-du-culy cul-prés-de-terre, etc. De même Marot appelle cyniquement basenconnée une petite vieille. {Ep, du Coq à Vasne.)

BASSIËRE, n, f. — Cidre (|ui reste avec la lie au fond des futailles : a Ils beurent si net qu'il n'y demeura une seule goutte des

deux cens trente et sept poinsons, excepté quelques méchantes

baissières pour le vinaigre. » (Rabelais.)

On lit dans un sermon de Menot : « In morte bibent de vino irœ Dei de la baissière.n

BASSINER, V. act. — Fatiguer importuner : a Tu nous bassines

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avec tes contes. » D'où bassinoire, personne qui ennuie, qui fatigue.

BASSURE, n. f. — Enfoncement. Un village est en bassure quand il est situé au fond d'une vallée.

Il Bassures^ plur., lieux bas et marécageux : «Allons chasser au canard dans les bassures, »

BATERLOT, n. m. — Marteau de cloche. On dit aussi baterlet,

BATISSE, n. propre. — Baptiste. Dicton : a Tranquille comme Bâtisse, » peut-être comme Saint-Jean-Baptiste, car on dit : « Doux comme un petit Saint-Jean. »

BÂTONS, n. m. plur. — Petits jambages que s'exercent à tracer les enfants qui apprennent à écrire. En Poitou et en Saintonge, on dit faire des bûches avec le même sens.

BATTE, n. f. — Ce mot désigne spécialement la pièce de bois du fléau qui sert à battre le blé.

BATTEUX, n. m. — Celui qui fait son métier de battre le blé, l'avoine, etc. Comme ces gens-là ne manquent point d'appétit, on dit proverbialement : « Manger comme un batteux en grange. »

Ho ! batteux, battons la guerbe, Battons-la joyeusement.

Chr. Normande.

BATTRE, V. act. — S'emploie absolument, a Où bats-tu aujourd'hui ? — Je bats chez Chevalier. »

Il Battre des pieds, s'ennuyer, être impatient de partir.

BAUDE, n. f. — Prostituée; d'où baudou, boudou, lieu de prostitution, maihon de tolérance. En anglais bawd signifie entremetteuse; en allemand, bald, hardi, insolent.

Anciennement balz, baut^ bault avait le sens de fier, brave , joyeux :

Li empereres se fait e bah e liez.

Ch. de Rol., p. 10.

Et cil 8^en est tourné baut et joiant et liez.

Qui de Nanteuil, v. 1767.

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.... Poureté rhomme assault Et maine à perdicion ; De riche, joieux et bault^ Fait souvent poure rigault.

EusT. Desch. le Lai du Roi.

L'ancienne langue avait les dérivés : Baudir^ baudement, baudar,

balderie, etc.

Repairez sunt a joi è a baldur.

Ch. de Rol., p. 332.

Il cuide avoir Dieu batcdement.

Rut., II, p. 229.

Nous avons gardé ébaudir, sans lui conserver l'étendue de sa signification première ; ex. :

A icest mot ai s'esbaldissent Franc.

Ch. jdeRol., p. 138.

Li jors s^est ebaudiz, belle est la matinée.

Gui de Nanteuil, v. 1062.

La véissiez charpentiers esbaudir Portes coper, et ces fléax croissir.

Garin, V. 3066.

BAUDET, n. m. — Lit de sangle.

Il Espèce de fèves très-grosses.

BAUGE, n. m. — Lit : « Cette femrae est si paressease, qu'elle n'a pas le courage de faire sin bauge, » En Picardie, lit se dit baugière, sans doute du bas-latin bauginm^ qui signifie hutte, cabane. Un étymologiàte célèbre, qui n'était jamais à court, Ménage, donne de ce mot une plaisante dérivation * « Volutrica (lieu où le sanglier se vautre), de là voca, boea, bauca, bauge t »

BAVAGHE, n. f. — Bave. On dit à un enfant : a Essuie tes bavacbes. » D'où bavacher, baver fréquemment.

Au fig., bavacker signifie babiller, parler inconsidérément : « Il semble que la coustume concède à cet aage (la vieillesse) plus de liberté de bavasser, et d'indiscrétion à parler de soy.» (Montaigne, liv. III, ch. II.)

BAVER, V. n. — Bavarder : « Bavez, gallez, raillez, saliez. » (CoquiUart, Uonol.)

BAZ 37

Paix, par le dyable, vous bavez Et ne sçavez voua revenir A vostre propos, sans tenir La court, de telle baverie ?

Pathelin.

BAYERIE^ n. f. — Bave, action de baver fréquemment.

Au fig., bavardage médisant, calomnieux, ou simplement bavar^ deriêy comme dans ce passage d'Amyot : « Le premier et principal poinct de l'éloquence gist à ne parler d'aucune chose dont on n'ait bonne intelligence ; sans quoi, ce qu'on appellerait éloquence ne soroit à la vérité qu'une baverie indiscrète et ignorante. »

BAVEUX, adj. — Bavard.

Fille, n^ajoutez foi en songes Et sobre soyez de vin boire ; Les baveux ne veuillez point croire, Car en eux n^y a que mensonges.

Ane. Poés.^ II, p. 20.

BATOT, Bayotte, adj. — Veau bayot , vache bayotte; qui a la robe rouge et blanche. Diminutiî de Tadj. bai, du bas-latin baius. Nous avons encore baiUet, inusité aujourd'hui, et qui se disait d'un cheval à poil roux tirant sur le blanc. Baliolus dans Plante, badius dans Varron :

Equi colore dispares, item nati :

Hic badius^ istc gilvus, ille murinus.

N. Ma-rcellus, liv. II.

Bayard, coursier fameux dans les romans de chevalerie, signifie (Aeval bai.

BAZA, Bazot, n. f. ^ Sobriquet que l'on donne à une femme qui marche lourdement, sans grâce. Bazoter, en patois poitevin, a le sens de se dodiner^ chanceler.

BAZARDER, v. act. — Vendre un objet à vil prix. « Il a bazardé la montre que je lui ai donnée. »

Du persan bazar, mot devenu français, mais que les paysans emploient toujours en mauvaise part pour désigner un atelier, une boutique, une maison mal tenus.

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