‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 23 sur 278 · BEK · texte numérisé non relu

BEK

BÉ, n. m. — Baiser. « Allons, petiot, donne-moi un bé. » Il Bouche rafla toujours la pipe au bé. » Selon Suétone, ce mot est d'origine gauloise : « Cui Tolosœ nato cognomen in pueritia Becco fuerat, id valet, Gallinacei rostrum. » (Vitellius, 18.)

BÉGARD, n. m. — Chiquenaude sur le bec. Comp. avec le français nasarde, chiquenaude sur le nez.

BÉGOT, n. m. — Petit baiser ; les mères et les enfants l'emploient si souvent, que ce mot devrait être dans le Dict. de TAcadémie. Descbanel (Causeries de quinzaine) raconte qu'un pauvre petit diable dit à son maître d étude qui l'avait puni : « Allons, donne-moi un bécot, je ne le ferai plus. »

BÉCOTER, V. act. — Embrasser amoureusement : « Hs sont comme deux tourtereaux ; ils se bécotent toujours. »

BECQUER, V. act. — Becqueter ; d'où becquie, becquée.

Mais ennuit toute nuit, en dormant me sembloit C*un8 escoufflez moult grant dessur my avolloit, Et moult crueusement de son bec me béquoit.

HuQUES Capet, p. 205.

BÉDAHU, n. m.— Eglantier; mot que j'ai entendu rarement chez nous, mais qui est très-usité en Picardie.

BÉDOLE (Vieille), n. f.— Vieil imbécile. Ce mot est une altération de bedon ou bedaine. Les gens ventrus n'ont jamais passé pour bien intelligents, quoiqu'il y ait des exceptions. « Pinguis venter nongignit sensum tenuem, » dit Saint-Jérôme, d'après un proverbe grec.

B. de Verville a donné au mot bedier le sens que nos paysans donnent à bédole : « M. de Gésarée. . . interrogea un prêtre qu'il trouva ignorant. ! dit-il, gros bedier, àne que lu es, qui t'a fait prêtre ? C'est vous, Monsieur. » (Moy. de Parvenir, p. 276).

BÉGUER, V. n.— Bégayer : « C'est un passe-temps que de louir besguer, quand il est courroucé. » (Paisgrave).

BÉGUEUX, euse, adj. — Celui, celle qui bégaie.

BEKEMBOS, n. m. et f.— Homme ou femme, à l'air niais, stupide : « Quelle bekembos que cette servante t »

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