‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 25 sur 278 · BER · texte numérisé non relu

BER

BERBIS, n. f. — Brebis; pour la transposition de la lettre r, ▼. le mot apprendre. On remarquera que 6^r6tj se rapproche tout-à-fait da latin vervex, et surtout de berbex, mot populaire qui se trouve dans Pétrone et Vopiscus.

« E returnad de Saul a maison en Bethléem pur les berbis guarder. » (Les Rois.)

La Bèrbix sans garde truva, Une en ocist, si remporta.

Marie, Fab. 45.

Au XYI® siècle, H. Estienne écrivait : « Dicitur brebis, sive berbis, sed brebis majis receptum est, n

BERCAIL, n. m. — Vermine ou pou de mouton.

BERDELET, n. m. — Bavardage. Mot formé du verbe berdeler qui appartient aux patois du Nord, et qui signiGe gronder entre ses dents, parler d*une manière confuse et monotone. Berdelet est donc synonyme de langage ennuyeux, fatigant : « Nous a-t-il assez assommés avec son berdelet ?» Je rattacherais volontiers ce mot à bredir, bresdir, V. fr. hennir.

BERDOniLLER, v. n.— Bredouiller; d'où berdouilleux, berdouillard^ berdouillement,

BERLAN, n. m. — Brelan : « Un berlenc apporte et trois dez. » (Fabl. de Barbazan, cité par Littré.)

On voit en paix garçons muser.

Etre oyscux en bourg et aux champs, Jouer aux dez et aux berlans,

Ane. Poés., t. VII, 239.

BERLAUDE, n. f. — Vieille brebis ; on ce sens ce mol tombe en désuétude.

Il Femme qui passe son temps à jaser; vieille commère. Dans le Poitou brelau désigne un bélier, et brelauder signifie passer son temps à dire des bagatelles. (L. Favre.)

BERLINDER, v. n. — Faire sonner à une cloche deux et trois coups au lieu d'un.

BERLINGUER, v. n. — Pencher, osciller, en parlant d'un chariot

BÊT U

mai chargé t Fant-il rattacher ce mot à berlingot, diminatif péjoratif de berline ?

BSRLOQUE, n. f. — Breloque : « Battre la berloque, » radoter. De cette locution usitée à peu près partout, Génin a donné une explication peu vraisemblable. (V. Recréât. Philologiques,)

BSBLOTE&, V. n. — Bavarder, dire de» riens. Dérivé : berlotier, ère.

BERLUOnS, n. f. — Un rien, un fétu, une misère, comme on dit familièrement : « Il a tout emporté, il n'a pas môme laissé une berlwjue, — J'ai avalé une berluque qui était dans mon verre. — Avoir une berluque dans l'œil. » Dans l'ancien fr. bellugue signifie étincelle, lueur ; d'où bélluette^ bluette, petite étincelle. Comme il n'y a aucun rapport de sens entre bellugue et notre mot berluque, il serait plus rationnel de tirer celui-ci de belluga, petit fruit sauvage, selon Du Gange.

BEBNÉE, n. f. — Excréments; d'où berneux, breneux.

BEBOUERIE. n. f. — Bergerie.

BERQUIER, n. m. — Berger, fl n'y a pas longtemps que les berquiers passaient pour sorciers, capables d'envoyer des maléfices. J'ai entendu dans mon enfance raconter mille légendes sur ce pouvoir occulte. En Basse-Normandie, en Bretagne, les mômes croyances ont aussi régné. (V. V Ensorcelée, par B. d'Aurevilly.)

Il Rose de berquier, rose sauvage.

BERSILLES, n. f. plur. — Branchettes, menus morceaux de bois;

d'où bersiller, casser en petits morceaux.

BESAGHE, n. f. — Besace; dér. besachie, ce que contient une besace : « Gorbeilles, corbeillones, sacs, pouches et bezachées de diables. » (Nouv. Fabrique.)

BÉTA, n. m. — Niais, stupide. Bon. des Périers a dit, en parlant des petits d'une pie : « Ils faisoient les bestats, et vouloient toujours retourner au nid, pensant que la mère les deut toujours nourrir à la beschée.»

BÊTE (Être tout), loc. — Etre malade, languissant. Gomp. avec le latin betissare qu'employait Auguste, selon Suétone,

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