CRA
ce qae l'on veat^ que l'on mène facilement, que l'on condait, pour ainsi dire, comme le cheval de cordeau dans un attelage.
GOnCHETTE, n. f. — Linge de propreté dont on enveloppe les enfants au berceau. Cette acception n'est pas notée dans les dictionnaires.
COnCOU, n. m. — Primevère. Les paysans ont dû ainsi nommer cette fleur parce qu'elle fleurit cachée sous la neige, par allusion au jeu de coucou.
GOniLLONNER, v. act. — Railler, se moquer. Mot grossier que les paysans emploient comme tant d'autres de cette espèce sans songer à mal.
Dériv. — Couillonnade, lâcheté, bêtise, niaiserie, c Dire des couil» lannades, des choses grivoises.
COULOMBE, n. f. — Solive, poutre ;.du latin columna, colonne. « Columpnes rundes ki furent as murs justées. » (Rais^ 247.)
(Do) vit à une coulombe.i. grant escu doré, A son col le pendi. . .
Doon, v. 3504.
Les colombes en sont ovrées à or bon.
Aye cTAvignon^ v. 2206.
GOURIETTE. — Ajoutez : « Deux petites verges et une coroyette, > dans La Curne. Comparez notre mot avec le messin coriat qui a le même sens.
COUVER, V. n. — Se mettre sous les pieds ou entre les jambes on pot de terre rempli de braise, ce qui entretient une douce chaleur. A la campagne toutes les femmes couvent. Voir couvet, dans Littré. Ouvre l'acception que Littré donne à ce mot couvet, il en a une autre asses bizarre : flatus ventris tenuior. « Auquel Jehan print taulent de laschier ung pou de ventosité^ lascha c'est assavoir ung couvet. » (Du Cange ; Lett, de Rém., i468.)
CRAPOn, Crapaud. — Ajoutez :
Et oient la vermine entour eus fremillier ; De crapous, de culeuvrez i ayoit.i. millier.
Qaufrey, ▼. 1640.
CUL m
CRAVSNTER (Se), y. réfl. — Se donner beaaooup de mal, tra- ▼ailler à se faire crever, comme disent les paysans : c N'êtes vous pas assez riche ? à quoi bon vous craventer de la sorte ? > Craventer, qtd est nn composé de crever, crepare^ bas-latin cnpentare, signifiait anciennement briser, renverser, abattre :
Si fiert celui ki le dragun teneit, Craventet ambur en place devant sel E le dragun et renseigne le rei.
Ch. de Roi, V. 3548.
SUert prise Orange et les murs craventez.
AUsaxns^ v. 1785.
Là Teissiez ces lances et ces escus croissir. Et de lor brans d*acier ses vers helmes tentir, Chevaliers craventer et verser et morir.
Aye d*Avignon, v. 9010.
CREDO^ n. m. — Lorsqu'on chat fait son ronron, on dit qu'il récite son credOy quelquefois son bréviaire.
GRESSBNTINE, n. f. — C'est le nom défiguré du chrysanthème.
CUL (Peur-en-), n. des deux genres. — Celui, celle qui a peur de tout : « Qui m'a donné un peur-^en^ml comme tai ? »
16 DÉL
DÉGAf LOTSR, y. act. — Oter Fécale : « Décafioter des noix. > Littré^ dans le supplément à son dictionnaire, explique ainsi le mot écaflote : peau de légumes qui reste dans la passoire, quand la purée est passée. — Dans Li Dis de la Nois, de Watriquet, je note les formes eschafiUon, escafiote = coquille de noix. Ces mots, ainsi que le nôtre^ ont pour origine scaffà, cosse, dans Du Gange.
DÉFOURNÉE^ n. f. — Accouchement. Avec enfourner et dé fourner, les paysans qui ont la parole libre font un jeu de mots facile à comprendre : « Il est pu aisé Hinfoumer que de défoumer. »
DÉFOURNIR, ▼. n. -r- Usité seulement au participe : « JVoudrais bien vous prêter de l'argent, mais j'en suis tout-à-fait défourni. »
DÉFOURRURES. — Ajoutez : On appelle encore défourrures des gerbes de blé battues et passées au peigne. Elles servcnl aux couvertures en pailles, et dans la plupart des baux les fermiers sont tenus de fournir un certain nombre de ces gerbes.
DÉHOnSER, V. act. — Déshabiller, dévêtir (V. Houser, dans le Glossaire.)
Et après quUl Teust deshousée :
Or ça, dist-il, tendre ronsée.
Vous ai-je faict du mal ainsi ?
Marot, Epig. XLI.
DÉHOnSSINER (Se), v. réfl. — Se remuer, se presser. De de préfixe, et housse.
DÉLIMOKIER, n. m. — Jeu d enfants qui a quelque rapport avec le jeu de barres : « Jouons à délimonier. >
DÈP 17
DÉLOGE (Faire Jaeqnes), loe. — Déménager la nuit sans tambour ni trompette^ mettre, comme on dit encore, la clef sous la porte : ^ cLe pendart f // fait Jacques Desloges, Il a raison, il yaut mieux estre plus poltron et vivre davantage.» (Corn, des Prov., p. 74.)
DÉLOQUETÉ. — Ajoutez :
Vous n^este pas trop desgouté, N^j elle trop desloquetée, J. Oodard; Les Besguisez. Ane. Théât*^ VII, p. 363.
DÉMUCHER. — Ajoutez :
Ne se vont démucher/k Roem ae cela.
Rou; V. 4760.
DENTIER, V. act. — Défier, provoquer ; montrer les dents à quelqu'un par menace : « Tu veui me dentier, mais tu t'en repentiras.»
DENTU, adj. —Qui aies dents longues et solides, du latin dentatus.
Sengliers grani et dentus. Mont grandement j a.
Doon, T. 1691 .
Je lis dans Michelet : « Limaces, limaçons, insectes de mille sortes, tous gens de terrible appétit, nés dentus, armés d'appareils formidables, d'ingénieuses machines à détruire. » {L'Oiseau, p. 75.)
Le môme auteur a essayé de ressusciter Tadjectif griffu : a Le vautour, l'aigle, tous les brigands ^ri;/u«, crochus, altérés de sang chaud.» {UOiseau, p. 143.)
Ces deux mots si énergiques et si français n'ont été admis dans aucun dictionnaire. Comp. avec dentu^ 9^^ff^j 'es vieux mots crenu, chevelu, de crine-, cretu, fier, orgueilleux, de crête; nervu, de nerf, et cœuru, qui a du cœur, usité en maint endroit dans la Normandie.
DÉFÉQUER (Se), v. réfl. — Se tirer difficflement d'un chemin boueux, d'un hallier épais, et^ par extension^ d'une mauvaise affaire. Son corrélatif empêquer n'est usité qu'au participe. (Y. le Glossaire.)
Etym. de particule privative, et pedica, lacet, piège; d'où le baslatin dispedicarey qui a formé directement depêquer.