‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 57 sur 278 · CUL · texte numérisé non relu

CUL

t CuU^-plon^, > homme lent, t Cul-rouge, » rouge-queue, c Lèché-cul, 3 flatteur, t Cul-de^ule, i fruit de Téglantier.

c Hoche-cul^ » bergeronnette, ou hoche-queue. € Cul-serré, » Avare, homme qui ne veut rien perdre, comme Eaclion, dans XAulularia de Plante :

Etiam-ne obturât inferiorem gutturem^ Ne quid animaK forte amittat dormiens ?

« Faux-cul, » espèce de jupon rembourré dont se servent les dames pour arrondir et grossir leur personne par derrière. Nos riches fermières imitent les dames de la ville. Cette mode n'est pas nouvelle :

Soulz grands robes fourrez de martres, Nos borgoises tiennent ces termes, De façonner leurs euh de cartes, Afifin qu^ilz en semblent plus fermes.

COQUILLART, l*', Y. 154.

c La dame Du Fossé passera le guichet seule, car il seroit trop étroit pour elles deux, notamment en cette saison, où elles portent de gros culs hypocrites et rembourrés, contre les lois de leur fessine. > (Noël du Fail, Contes rustiques.)

c Pareillement fut aux femmes enjoinct de porter de gros culs. > (Hénippée^ 225.) Ce que nos paysans nomment faux-cul, Mme de Genlis l'appelait tout crûment un cul ; ex. : « Si l'on porte encore des culs, dans ce cas je vous prie de m'en envoyer deux. > (Cité par Littré.) Dans le Nivernais, on appelle cela un fessier.

Rapprochons de ces composés le vieux mot culvert, cuivert, cuvert (infâme, lâche), tant de fois employé par nos trouvères, terme injurieux que les preux chevaliers, en vrais héros d'Homère, jettent à la face de leurs ennemis :

De vos manaces, culvert, je n^ai essoign !

Roland, ch. II.

Culvert païen, vous en avez menti !

Roland, ch. II.

Après issi li cuivers Amauris, Aine n^enclina autel ne crocefis.

HuoN, y. 1568.

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