‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 63 sur 278 · DEM · texte numérisé non relu

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Il Se déjouquer, se lever : « Quel paresseux t il ne peut pas se déjouquer. »

Anciennement, desjuc, moment où Ton se lève, le matin.

Chantons Noël tant au soir qu'au desjuc,

Majiot, Bail.

DEL, cas indirect de l'article. — S'emploie poar de la : a Je reviens del maison. — Il m'a donné del tarte. » Dans le v. fr., devant nn nom féminin an génitif, de /a demeurèrent séparés comme aajourd'hoi ; on ne mettait del que devant un nom masculin.

Tute Teschine 11 dcscTeret del dos.

Ch. de Roland.

Il descend jus efe/ palefroi.

Floirk et Blanc, p. 28.

Après s'assist 11 damoisel Desor la piere del tombel.

Floire et Blanc, p. 29.

t La joie del père et del fil fu mult grant. » (Villehardouin.) — Mettez les compléments de joie au féminin, vous aurez en patois : t La joie del mère eidel i\\le fu mult grant. » Dans le dial. picard, le cas indirect de l'article féminin était de le : a Au dehors de le porte de Honnecourt. » (Froissart, I•^ p. 167.) Il est évident que del est une contraction de cette forme picarde.

DÉLICOTER, V. act. — Défaire le licou. Au fig. : « La peur lui dèlicote les jambes, » le rend alerte.

t Etre comme un poulain délicoté, » se dit d'un enfant ou d'un jeune homme vif, déluré.

DÉLOQUETÉ, adj. — Usé, qui tombe en loques : a Avoir des habits déloquetés.r^

DEH, cas indirect du possessif mon, ma. — « Je sors tout à ^he^re dem maison. » C'est la contraction de de, et du poss mon, ma.

Demn\ devant une voyelle ou un h muet . « Il m'a parlé longtemps demn affaire. — Je ne veux pas qu'on se moque demn* homme. »

DÉMACHONNER, v. act. — Domaconner. (V. Mackon.)

DEMANDER après quelqni'un, loc. — Chercher quelqu'un pour le voir, lui parler : « Vous arrivez bien, je demandais après vou8.f>

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Il Demander excuse ou des excuses, pour faire excase oa des excuses.

DÉHAQUER, v. act. — Vomir ; d'où démaquis, démaquerie, mots grossiers qu'il n'est pas nécessaire d'expliquer. Etym. de^ préfixe, et mâquer (mâcher) ; latin, masticare.

DÉMARRER, v. act. et neutre. — - Terme de marine, comme amarrer, auquel on a donné une signification très étendue ; ex. : c Finirez-vous par démarrer, » c'est-à-dire par partir, par vous mettre en route.

Il Détacher, ôter la chaîne ou la longe qui retient un animal. Dans ce dernier sens^ on dit plus souvent désamarrer : « Ladite nef fut désamarrée. » (XIV«"»« siècle. Coutume locale d^Oléron, cité par Littré.)

DÉMENTER (Se), v. réfl. — Soccuper de : « Ne vous démentez pas de cela, vous n*y connaissez rien. » Etym. mens, pensée, intelligence.

Dans le v. fr., ce mot signifie tantôt se travailler V esprit, comme dans ce passage du Roman de la Rose :

Quant j^oî les oisiaux chanter.

Forment me pris à démenter

Par quel art ne par quel engin Je porroie entrer ou jardin.

Tantôt se lamenter :

Or est li amans en ses geus.

Or est détruis, or se démente^ Une hore plore, et autre chante.

Rose, t. 2199.

Enfin entrer en démence, comme le latin dementare, dans la fameuse maxime : a Quos cuit perdere Jupiter dementat prius.*

La bone medres^en prist à démenter (1) E son chier fil sovent a regreter.

La Vie Saint ^Alexis, st. 26, ▼. 4.

DEMIARD, n. m. ^ Le quart du litre.

(1) D«Tenir folle de donlear.

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