‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 68 sur 278 · DIR · texte numérisé non relu

DIR

DI60NHER, V. act.— Blâmer^ reprendre sans cesse; trooYcr toa- JOQTS à redire : « Cette f 'mme ne fait qae toqs digonner.»

Dériv. digon, digonnier, ère, qui ne fait qae i/a^onii^.

Ce mot est on fréquentatif de .diguer : ex. : « Et n'eurent les monches de Bretaigne ni tahons, depois, moyen de la poindre ni digomner^ par qnoy , elle commença à repaistre mieux qa'aaparaTant.» {N. Fabrique,)

Bigonmtr est cité dans Cotgrave comme mot normand.

DI6USR, T. act. — Piquer avec an aîgaillon.

DI6DET, n. m. — Petit bâton pointa par an bout destiné à aigoillonner, à diguer les ânes.

DIHDALLBRIE, n. f. — Batteriede cuisine d'une ferme, qui suit est une exacte définition de ce mot : « De sorte que toales les chaudières, poelles, bassins, la vaisselle d*estain, pots à pisser, iit^ dammerie, et autres ustensiles de la maison, qui esioient sur les taUeltes, en tresbucherent par terre. • (N, Fabrique.)

DIN6UER, V. act. — N'est usité qu a l'infinitif, et dans cette locution : « Envoyer dinguer , b mal recevoir une personne, se débarrasser d'elle lestement.

DIHT, n. m. — Dent : « A ce propos se leva une vide qui n'àvoit mais que iM dent, b f£r. de$ Quen^millet.) Dans l'ancien français, dit Littré, dent était masculin comme en latin, et il cite piusieurs passages pris dans les écrivains du XH'**^ et X V«*^ siècle, passages <{iii contredisent cette assertion. Le mieux eût été de dire que le genre de œ mot, comme tant d'autres, n'a été fixé qu'au XYII**^ siècle.

DI&S, V. n. — Parler : c Quel bavard ! il dit toujours! »

Il Dire après quelqu'un, le disputer, lui faire des reproches.

/ me dit, dit-i, fli din, ré[vtitiou> fréquentes dans la eonviffsation.

Dis ! dis donc ! locution familière pour attirer l'attention de quelqu'un : c Les Espagnols avaient été frapi^s de cette façon de parler habituelle à nos troupes ; aussi avaient-il donné aux Français le sobriquet moqueur de Loi Didaues. lequel, un jour, n'embarrassera pas médiociement lesétymologistes.B v^jénin, R. P.)

DON iir

DI8G0MPTI, n. m. — Escompte ; de même diseompter.

DISIUX de riens, n. m. — Bavard, indiscret.

DISPUTER, V . act. — Gronder, quereller ; extension du français disputer.

Dériv. disputeux, euse,

Din, n. m. — Dieu : « Que le bon Diu vous bénisse I » On écrivait Diex, Dex, Dius, au cas sujet, et Deu, Diu, au cas régime. D sufiBra de citer cet exemple :

Il Boloient Diu quere, mais il sont restorné. Ne Ditis n^en trouve nul, car ils sont destorné.

Rut., de la Vie dou Monde.

DIZAINES, n. f . plur. — Contes ennuyeux, bavardage fatigant : < Avez- vous fini vos dizaines'i »

DIZIAU, Dizain, n. m. — Tas composé de dix gerbes : i Mettre du blé, de Favoine eiidiziaux.it

DOGUE, n. f. — Patieuce ; plante qui croit ordinairement dans les terres incultes, et dont les feuilles sont assez semblables à celles de l'oseille, ce qui fait qu'on l'appelle quelquefois oseille sauvage : « Bardane, docgues, roseaux et autres herbes qui croissent es prez. » {N. Fabrique.) En anglais, dock.

D06UIN, n. m. — Cochon court, trapu, à oreilles droites ; assez semblable au chien dont il tire son nom.

DOIR, V. act. — Devoir, dans le sens de avoir des dettes. Fut.^

deverai ; cond., deverais.

Vous vos deveriés pener

Chast. de Coucy, 7312

DOLETTES. Dolnres, n. f. plur. — Menus éclats de bois qu'on retranche on dolant. On allume le feu avec des dolettes. Du latin dûlare.

DOLIQUER, V. act. — Tailler de petits morceaux de bois avec un couteau ; faire des dolettes : « Cet enfant aime beaucoup mieux doliquer qu'aller à Técole. »

DONNEUX, adj. — Donneur : « N^ètre pas donneux, » être chiche,

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