‹ Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à lChapitre 7 sur 278 · AFF · texte numérisé non relu

AFF

Li emperere en tint Ban chef en brame.

Si duist sa barbe, afaitad son gemun

Cb. dx Rol.

On le trouye cependant avec la signification qu'il a dans notre patois.

TantoBt à mengier lor afete Tel Tiande oon ele pot.

Rbn., y. 24^4.

AFFILÉS, n. f. — File, rangée, longue suite : c Quelle affilée de voitures.»

Il D'affilée, de suite, sans interruption : c TraTailler six heures d'affilée. »

AFFLATTER, y. act. ~ Caresser ayec la main : c Afflfite le chien pour qu'il ne te morde pas. »

AFFLIGÉ, p. passé. — Malade, infirme : c Etre affligé d'un bras, d'une jambe. »

AFFOURÉI, n. f. — Portion de fourrage qu'on donne aux bestiaux à l'écurie ou à l'étable.

Il Aller à Vaffourée, aller dans les champs arracher ou couper de l'herbe pour les bestiaux.

AFFREUSETÉS, n. f. plur. — Méchancetés, calomnies : c Vous sayez toutes ces affreueetés qu'on ayait traînées sur la renommée de ce prêtre. » (B. d'Aurevilly, V Ensorcelée.)

AFFULER. y. act. — Coiffer : a Elle est bien longue Sisaffuler. »

Il prend son chapeau et VaffUle.

Tout en barbotant, ba, ba, ba.

CoQUiLULRT, Monol.

Selon Littré, ce mot qui est picard est le même que affubler et viendrait du bas latin affibulare. Ce passage de Froissart : « Phelippe à ces paroles se leva moult tost, et affula une gonne (robe de moine), » et beaucoup d'autres qu'il serait facile de citer, semblent donner raison à Littré. Ne pourrait-on cependant proposer cette étjmologie, tn/u/a, bandeau, diadème ?

AFFUTIER. n. m. — Braconnier qui va à l'affût. Il Un bel affutier, un propre à rien.

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AOAGHE, n. f. — • Agasse, nom yolgaire de la pie.

Et tout aussi comme Vagache Par son ciier et agachier Nul oisel ne laisse anichier Près deli...

Du Canob.

a Je vous assure... que, quant agaches ou piez gargonnent dans une maison, que c est signe de très mauvaises nouvelles. » (Ev. des Quenouilles,)

AOAGHER, y. act. — Agacer; d'où agaeherie, etc.

A6AGHETTE, n. f. — Jeu d'enfants qui ressemble assez au jeu de barres.

A6E9 s. f. — c Vingt ans, c'est la belle âge. » Dans la vieille langue, ce mot est toujours masculin ; il est plus souventJéminin aa au XVI™® siècle et même au commencement du XVII™«. Ex. :

Seize ans estoit la fleur de vostre âge nouvelle,

Ronsard, Poés, chois.

Je m^emerveilloys en pensant Gomme Vdge ainsi larronnesse Ravit la fuitive jeunesse.

Baïf, Poés, chois.

Henri, de qui les yeux et Fimage sacrée Font un visage d'or à cette âge ferrée,

Malherbe.

Il Age de discrétion. — Age de raison, a C'est un enfant qui n'a pas l'âge de discrétion. — Le plein âge de mâle et femelle solonque le comon parlance est dit l'âge de XXI ans ; et l'âge de discrétion est dit l'âge de XIV ans. » (La Cume, au mot âge.) — Etre en âge, être majeur. — Un homme d'âge, un homme mûr.

A6LASSÉ, part, passé. » Contrarié, irrité ; qui dessèche d'envie. Ce mot qui n'a pas de signification précise est le v. fr. aclasser, être aux abois, râler ; du prov. clos, clameur, ou de l'irlandais glas plainte. Burguy, qui propose cette étym., n'a, dit-il, rencontré ce mot qu'une seule fois, et il cite un passage donné par Du Méril (Gl. Normand), ce qui n'était pas di£Scile à rencontrer :

A6U il

Mais qui chaut, par tu les ensuit E les dechace et les consuit, Cum funt le chien le cerf alasse Qui del tut estanche e adosse.

Par extension, adosser signifiait se calmer, s'assoupir, s'éteindre ;

ex. :

Celle se coche qui fu lasse,

Après son duel un pot Brodasse

Athis, dans La Curne.

A prof icen que fut alez

Trestot li feus et oclossez (éteint.)

GuiLL. DB Saint- Pair, y. 2715.

A6RAPPIN, n. m. ~ Petit crochet en fer ou en laiton qui sert à agrafer les robes. De à et de grappin. On appelle encore Agrappins des crochets en fer qu'ajustent à leurs jambes ceux qui montent aux arbres "pour les ébrancher. — Rapprocher ce mot du v. fr. agrapei' :

Mors est le rois qui tout atrape.

Mors est le main qui tôt agrape.

St. sur la Mort, XXX.

Agrappeir, dans les sermons de Saint-Bernard. Comp. avec l'allemand krapf, krappen, crampon, crochet.

A6RIPPEUX, adj. — Celui qui ne cherche qu'à dérober ; un grippe-sous. Du verbe agripper, autre forme de agriffer.

AGONIR, Agoniser, v. act.— Accabler : a II m'a agoni de sottises.» Comp. avec le grec iYovlCeiv et le bas latin agonisare. Agonir se dit peut-être pour ahonir, déshonorer, faire honte.

Brunun Parcheveske se tint pour ahoni.

Rou., V. 4392.

A6n, adj. — Aigu; du lat. acutus.

Des portaus lancent pex aguz.

Ben., II, V. 4392.

AGUILLE, n. f. — Aiguille. Lat. acula, acicula.

Lors trais une aguille d^argent D^un aguiller mignot et gent.

La Rose, v. 92

Aguilhy forme aguillie, aiguillée.

iS AKI

A0UI8ER, Y. aot. — Aiguiser.

Et en mes poina an grand pel aguise,

AOniSOIBE, n. f. — Pierre à aiguiser : a En tracassant par les haies et buissons, il se fit cinq ou six brèches, et qui pis est, se frotta à une pierre aguisoire. » (Noël du Fail.)

AHOQUEB, y. act.— Suspendre, accrocher : « En passant dans le bois, je me suis akoqué à une branche. » De quelqu'un trop f^ile à amuser, on dit qu'il faut qu'il s'ahoqtM au ou avec le premier venu. Du Y. fir. hoc, croc, crochet ; bas latin hoccus,

c Ensi comme il le portoit vers son lit, ses espérons akoka a le sarge. . . » {Le Roi Flore et la belle Jehanne, XIII^ siècle.)

AHUTTEB (S*), y. réfl. — Se mettre à l'abri ; de hutte.

AIAUT, n. m. Pseudo-Narcisse, dit aussi porion ou porillon'.

AIGNIAU, n. m. — Agneau. On trouve dans l'ancienne langue les formes aignel, aignèz, aigniaw, aignÛLX.

AISES (faire ses), loc. — Une citation extraite du Dict. de La Gume donnera le sens de cette locution : « Truva^ i une cave grande ù il entrad pour sei aiser : ut purgaret ventrem. j> Faire ses aises est, comme le mot s*aiser, un euphémisme. Y. fr. aaisier, aesier, aisier, donner le nécessaire, mettre à l'aise, soulager^ donner du bon temps :

Des .II. ai dit qu^ele en fesoit, Gomment ele les aaisoit.

RuT./Xa Vie Sainte^ElgsabeL

a Quant iceulx gens d'armes arrivèrent à Calais, où ilz cuidèrent

bien entrer pour eux refaire et aisier » (Chron. de J. Le Fèvre,

AISIERS, n. masc. plur. — Chemins, sentiers, êtres : « Suis-moi, n'aie pas peur, je connais les aisiers.i^ Dérive probablement du v. fr. aisiey porte.

AJETEB, V. ac. — Jeter vers : a Ajette-moi ce bâton. De à et jeter,

AKIEVNIB (S'), V. réfl. — Ce mot signifie exactement rester

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